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Deux surdoses mortelles dans un parc de Toronto

Un campement de sans-abri au parc Bellevue Square

Deux hommes sont morts de ce qui semble être des surdoses de drogue dans ce parc du quartier Kensington Market.

Photo : CBC / Ryan Patrick Jones

Radio-Canada

Deux sans-abri ont été retrouvés morts de ce qui semble être des surdoses de drogue, à quelques semaines d'intervalle, dans un parc de Toronto où certains se sont installés. Ces deux morts poussent des résidents et des intervenants sociaux du quartier Kensington Market à réclamer plus d’aide pour ceux qui sont aux prises avec l’itinérance et la dépendance aux drogues.

Les deux hommes semblent être les plus récentes victimes de la crise des surdoses qui secoue Toronto. Les problèmes de la dépendance aux opioïdes et des sans-abri ont été aggravés, selon les intervenants, par la pandémie, la hausse des prix des loyers et des drogues de rue toxiques.

Le travailleur de rue Nathan Doucet connaissait les deux victimes. Il raconte que les deux hommes vivaient dans le parc ou à proximité au moment de leur mort.

L’un d’entre eux avait vécu récemment dans un des hôtels gérés par la Ville pour les sans-abri, mais en avait été expulsé après une dispute avec le personnel.

Je dirais que la vie dans la rue et le traumatisme qui peut s’en suivre ont mené ces gens aux surdoses qui les ont tués, a-t-il commenté.

Ils faisaient partie d’un groupe de sans-abri qui se sont dispersés à Toronto après le démantèlement cet été de camps plus importants dans les parcs Alexandra, Trinity-Bellwoods et Lamport Stadium.

Une crise du logement

Graham Hollings and Francisca Duran, deux voisins qui vivent face au parc Bellevue Square, pensent que les différents ordres de gouvernement n’en font pas assez pour lutter contre l’itinérance et les drogues impures qui se retrouvent sur le marché noir.

M. Hollings déplore le fait qu’on ne construise pas de logements abordables et qu’on n’ait pas de solutions à offrir adaptées aux sans-abri.

Mme Duran salue l’aide fournie par la Ville aux résidents des campements. Mais les problèmes sont si complexes que même un tel effort est insuffisant , constate-t-elle.

Selon une évaluation de la Ville de Toronto, en avril, 7347 personnes étaient sans-abri, dont 742 qui vivaient à l’extérieur. Depuis, 500 ont été dirigées vers des ressources d'hébergement.

Toujours selon la Ville, près de 2900 autres personnes qui vivaient dans des refuges ont eu accès à de l’hébergement permanent, dont 270 le mois dernier.

Des drogues frelatées

Des spécialistes de la santé affirment que l’augmentation récente des surdoses est en grande partie attribuable à ce qu’on retrouve dans les drogues de rue.

Des substances puissantes comme le carfentanil, l’isotonitazène, le métonitazène et l’étonitazène, quand elles sont mélangées aux opioïdes comme le fentanyl, peuvent accroître le risque de surdose.

Les deux morts survenues au parc Bellevue Square se sont produites à quelques pas du centre d’injection supervisée gérée par The Neighbourhood Group.

Le gouvernement Ford lui a retiré son financement en 2019. Il survit maintenant grâce aux dons de la communauté et des organisations de services sociaux.

Le centre est ouvert seulement de 8 h à 14 h, six jours par semaine. Nous aimerions être ouverts 24 heures par jour et je suis certaine que le centre serait utilisé 24 heures par jour, affirme la coordonnatrice Barb Panter.

The Neighbourhood Group a créé une équipe de six travailleurs de rue qui ont eux-mêmes vécu l’itinérance ou consommé des drogues. Ils développent des relations avec les résidents des campements et mettent en contact ceux qui le désirent avec les services de la Ville, les refuges ou les autres possibilités d’hébergement.

Barb Panter raconte que quelques-uns ne sont pas intéressés, mais que plusieurs ont trouvé un hébergement au cours des dernières semaines.

D'après les informations de Ryan Patrick Jones de CBC

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