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Au Mexique, des producteurs d’avocats se défendent des cartels

Un homme lourdement armé.

Un membre de la milice Pueblos Unidos lors d'un rassemblement à Nuevo Urecho samedi.

Photo : AP / Armando Solis

La Presse canadienne

Les cas d'extorsion contre des producteurs d'avocats dans l'ouest du Mexique sont devenus si graves que 500 miliciens d'un groupe de défense autoproclamé connu sous le nom de Pueblos Unidos se sont réunis samedi et ont promis de se tenir prêts à venir en aide aux policiers.

Ces justiciers se sont rassemblés dans la ville de Nuevo Urecho, dans l'État du Michoacan, dans l'ouest du pays. Ils étaient lourdement armés de fusils d'assaut AR-15 et d'autres armes à feu.

Ils affirment que les cartels de narcotrafiquants comme les Viagras et le cartel de Jalisco ont commencé à imposer des taxes de guerre aux producteurs d'avocats qui peuvent s'élever jusqu'à 2500 dollars américains par hectare de terrain.

Las de ces manœuvres d'extorsion et des cas d'enlèvements, des producteurs d'avocats et autres agriculteurs ont créé cette milice en 2020 et ils allèguent avoir recruté près de 3000 membres.

Plusieurs d'entre nous ont été victimes de cette situation, d'enlèvements, d'extorsion, a confié l'un des leaders du groupe de justiciers qui a requis l'anonymat par peur de représailles de la part des bandes criminelles.

Pour le moment, les miliciens semblent enclins à collaborer avec le gouverneur Alfredo Ramirez Bedolla, qui cherche à désarmer les nombreux groupes d'autodéfense de l'État.

Nous avons convenu d'une entente avec le maire pour augmenter le nombre de policiers qui patrouillent dans la région, a fait savoir le leader de la milice. Pour l'instant, nous allons ranger nos armes, mais nous demeurons sur un pied d'alerte pour venir en aide aux policiers à tout moment, a-t-il ajouté.

Le groupe Pueblos Unidos a organisé plusieurs rassemblements armés dans diverses villes du Michoacan au cours de la dernière année, mais a toujours déclaré qu'ils préféreraient voir les forces de l'ordre faire le travail d'éradiquer les bandes criminelles.

Les lois mexicaines interdisent à la majorité des citoyens de posséder des armes à feu à l'exception d'armes de chasse de petit calibre.

Une file d'automobiles avec les mots «Pueblos Unidos» écrits sur chaque pare-brise.

Le groupe «Pueblos Unidos» a organisé plusieurs rassemblements armés dans diverses villes du Michoacan au cours de la dernière année.

Photo : AP / Armando Solis

Mais l'État du Michoacan a un historique de mouvements de milices citoyennes armées remontant notamment à 2013 et à 2014. À l'époque, des miliciens avaient réussi à chasser le cartel dominant de la région, les Knights Templar, mais les bandes rivales comme les Viagras et le cartel de Jalisco ont depuis pris leur place.

La multiplication des enlèvements, des meurtres et des fusillades a eu pour effet de faire fuir de très nombreux résidents.

L'armée mexicaine a déployé des troupes dans l'État, mais avec pour seul mandat de s'interposer entre les groupes rivaux pour les empêcher de se livrer une guerre sanglante. Les militaires veillent à ce qu'aucun cartel n'envahisse un territoire ennemi.

Mais les soldats ne font rien, ou bien peu, pour empêcher les narcotrafiquants de poser des gestes criminels à quelques centaines de mètres à peine de leurs postes de contrôle.

C'est ce qui a poussé les citoyens du Michoacan à prendre à nouveau les armes pour combattre le système d'extorsion imposé par les bandes criminelles.

Cette fois-ci, le mouvement se concentre dans la protection des cultivateurs d'avocats.

Alors que la culture de ce fruit est devenue de plus en plus lucrative, les groupes criminels y ont vu une occasion de faire payer ces entrepreneurs.

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