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Les enseignants des cégeps inquiets pour la réussite des étudiants

Un homme est debout devant une classe.

Les enseignants des cégeps sont inquiets pour la réussite éducative de leurs étudiants vu leurs notes faibles aux évaluations et leur fort taux d'absentéisme.

Photo : Radio-Canada / Lynda Paradis

Radio-Canada

La réussite éducative des étudiants des cégeps n’est pas assurée malgré le retour en classe en présence. C’est le constat que font des enseignants du niveau collégial, qui s’inquiètent du manque de motivation, de l’absentéisme et des résultats décevants des premières évaluations du trimestre d’automne.

Sur le terrain, on constate une baisse de la motivation générale des étudiants, lance Valérie Bruneau, enseignante en économie au Cégep Édouard-Montpetit, en entrevue à RDI matin samedi.

Mme Bruneau note un taux d’absentéisme plus élevé que durant la période pré-COVID. Elle l’explique en partie par le fait que les cours en présence remplissent certes le besoin social [...], mais que les étudiants sont dépassés par la charge de travail, ne savent pas gérer leur temps, donc vont s’absenter des cours.

Et ils font face à des échecs potentiels, remarque le vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ) et responsable du regroupement cégep, Yves de Repentigny, en entrevue à RDI matin samedi. Les résultats des étudiants, selon certains enseignants, sont inquiétants.

L’absentéisme a des impacts importants, poursuit Mme Bruneau : Ça joue sur la réussite; les moyennes d’examens sont plus faibles dans [son] secteur.

Or, sur le plan scolaire, les élèves peuvent chercher de l’aide, des ressources. Mais s'ils sont absents, sans notes de cours, c’est difficile de réussir. Il faut que les étudiants viennent chercher de l’aide de leur enseignant disciplinaire et ils ne le font que peu, se désole Mme Bruneau.

Elle explique la piètre performance des étudiants par des lacunes sur le plan organisationnel et par l’enseignement bimodal. Oui, les étudiants ont moins bien fait dans les premières évaluations, mais la pandémie joue énormément, selon elle.

M. de Repentigny abonde dans le même sens. Il y a des carences à divers égards, comme des notions ou des concepts qui ne sont pas acquis, une mauvaise planification et une piètre organisation du travail et des études. Pour lui, la pandémie a eu, et a toujours, un effet catastrophique.

Le problème des horaires

Plus que l’enseignement en ligne, où il y a peut-être eu des lacunes, confie Mme Bruneau, les horaires flexibles que l’étudiant doit [lui-même] gérer, les périodes libres où il doit étudier par lui-même, la discipline que cela requiert sont à examiner pour expliquer les difficultés des étudiants du collégial. L’autonomie serait ainsi déficiente.

M. de Repentigny soulève aussi les troubles de santé mentale chez les étudiants – comme l’angoisse, l’anxiété, la nervosité et la dépression – pour expliquer le cheminement plus difficile de certains d'entre eux.

Pour lui, certains enseignants ont des lunettes roses, croient que la situation va se résorber, alors que d’autres ont des lunettes noires et pensent que la situation sera difficile pour l’année scolaire tout entière.

Une partie de la solution réside peut-être, selon M. de Repentigny, dans la diminution de la taille des groupes. Mme Bruneau croit aussi qu’il faut un meilleur encadrement pour les élèves.

Offrir des bourses comme le prévoit le gouvernement, oui, mais ça prend des investissements, soutient M. de Repentigny, qui espère qu’une partie des sommes annoncées par la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, servira à diminuer la taille des classes au niveau collégial.

Avec les informations d'Alexie André-Bélisle

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