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Analyse

Le logement, une priorité électorale pour Doug Ford?

Avec la flambée immobilière qui ne s'essouffle pas, le logement abordable commence à s'imposer comme un thème électoral incontournable en Ontario.

Une maison de trois étages avec une pancarte de vente.

La réduction des taux d'intérêt en réaction à la crise de la COVID-19 stimulerait la demande dans certains marchés immobiliers, tels que celui de Toronto.

Photo : Radio-Canada / Philippe de Montigny

À six mois des prochaines élections, les partis politiques envoient le signal qu'ils partagent les préoccupations des premiers acheteurs et des locataires désemparés devant des prix prohibitifs. Le gouvernement Ford a d'ailleurs annoncé cette semaine la tenue d'un sommet sur le logement avec l'objectif de trouver un remède à la crise.

Surenchère, accessibilité, spéculation. Il y a fort à parier que le lexique immobilier deviendra coutume dans la bouche des chefs de partis ontariens d'ici le scrutin de juin 2022. Déjà, ces dernières semaines, le gouvernement Ford a fait preuve d'un intérêt renouvelé pour la situation immobilière difficile dans plusieurs régions de la province.

Dans le Grand Toronto par exemple, le prix de vente moyen des propriétés a grimpé de 30 % au cours de la dernière année, selon les analyses de l'Association canadienne de l'immeuble.

Une affiche disant « vendue au-dessus du prix demandé » devant une maison à Toronto.

Cette petite maison jumelée dans l'est de Toronto s'est vendue plus de 1,4 million de dollars en mars dernier.

Photo : Radio-Canada / Michel Bolduc

Jeudi, lors d'une allocution devant l'Empire Club of Canada, le ministre des Affaires municipales et du Logement admettait que les prix de l'immobilier sont hors de portée de trop d'Ontariens. Steve Clark annonçait du même souffle la tenue d'un sommet provincial-municipal sur le logement, le 16 décembre, avec autour de la table les maires des grandes villes de la province.

Le gouvernement a aussi précisé que l'accélération des mises en chantier serait le principal point à l'ordre du jour de cette rencontre spéciale.

Deux hommes sont photographiés derrière un lutrin sur lequel on peut lire « For the People » (Pour la population). Derrière eux se trouvent des drapeaux.

Le premier ministre ontarien Doug Ford et le ministre des Affaires municipales Steve Clark lors d'un point de presse à Toronto, le 10 septembre 2018.

Photo : La Presse canadienne / Christopher Katsarov

La construction de maisons prend trop de temps, a indiqué le ministre Clark. Le gouvernement Ford estime que c'est le nombre insuffisant de logements qui exerce une pression à la hausse sur les prix. Pour remédier au problème, Doug Ford veut notamment accélérer l'octroi de permis de construction et réduire les délais avant de commencer à construire. Des délais qui sont actuellement déraisonnables, selon le premier ministre ontarien.

« Nous allons demander aux municipalités ce que la province peut faire pour accélérer l'octroi de permis [de construction]. »

— Une citation de  Doug Ford, en conférence de presse le 22 novembre

Le mois dernier, Radio-Canada révélait que les progressistes-conservateurs de Doug Ford sondaient déjà les Ontariens en prévision des élections de 2022. Les questions de l'accessibilité à la propriété et du logement abordable étaient au cœur d'un récent sondage dont les résultats devaient aider le gouvernement Ford à se positionner sur différents sujets.

Vision des choses différente pour l'opposition

L'opposition officielle à Queen's Park juge que la stratégie du gouvernement n'est pas la bonne et prévient qu'elle ne servira qu'à avantager les amis promoteurs du premier ministre.

La cheffe néo-démocrate Andrea Horwath propose d'imposer des taxes spéciales afin de freiner la spéculation immobilière dans l'ensemble de la province. Le Nouveau Parti démocratique parle entre autres de taxer les logements vides.

Des ouvriers sur un bâtiment en construction, avec une grue en arrière-plan.

En novembre 2019, la Ville de Toronto recensait plus de 200 gratte-ciels et tours d'habitation en construction.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Olivier Bernatchez

Ce genre de politiques a pour objectif d'inciter les propriétaires de maisons et de condominiums à les louer plutôt que de les laisser vides en attendant que les prix de l'immobilier montent.

« Ces taxes pourraient dissuader les investisseurs et, espérons-le, donner un peu de répit aux familles ontariennes qui cherchent à devenir propriétaires. »

— Une citation de  Andrea Horwath, cheffe de l'opposition officielle

D'autant plus que dans la grande région de Toronto, 25 % des transactions immobilières sont effectuées par des personnes qui possèdent déjà une ou plusieurs propriétés.

Nous savons que 25 % des maisons sont achetées par de riches investisseurs ou des sociétés. Ce n'est pas acceptable, parce que cela exclut d'autres personnes du marché, souligne Andrea Horwath.

La plateforme électorale du Nouveau Parti démocratique ontarien prévoit aussi des modifications législatives pour permettre aux propriétaires de convertir plus facilement un garage ou un sous-sol en logement abordable.

La Ville de Toronto a elle aussi annoncé son intention d'imposer une taxe de 1% sur les propriétés laissées vacantes, à compter de janvier 2022.

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