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Vaccination des enfants : des informations jugées fausses circulent en Matanie

Un enfant se fait vacciner contre la COVID-19 par une infirmière en uniforme bleu.

Un feuillet avec des informations jugées fausses par la communauté scientifique a été distribué à Matane (archives).

Photo : Radio-Canada

Un feuillet contenant des informations sur la vaccination des enfants, jugées fausses par la communauté scientifique, circule dans La Matanie.

Il est l'initiative d'un comité de parents s'opposant aux mesures sanitaires et à la vaccination, qui affirme l'avoir distribué à l'ensemble de la Municipalité régionale de comté.

Le président de ce comité, Yanick Ouellet, est le propriétaire du Casse-Croûte Le crève faim de Matane. Celui-ci avait clamé haut et fort, en août dernier, qu'il n'exigerait pas le passeport vaccinal à ses clients.

M. Ouellet a refusé nos demandes d'entrevue, de même que le vice-président du comité et ancien préfet de la Municipalité régionale de comté de La Matanie, Yvan Imbeault.

Un vaccin pour les enfants sécuritaire et efficace

Le vaccin Pfizer qui est administré aux enfants est sécuritaire et efficace, martèle Nimâ Machouf, épidémiologiste et chargée de cours en santé publique à l’Université de Montréal (UdM).

Elle assure qu’il n’y a pas d’inquiétude à avoir quant aux effets secondaires.

« Ce sont des effets secondaires qui sont temporaires et très facilement pris en charge, même chez les enfants. Il n’y a rien à craindre à ce niveau-là. »

— Une citation de  Nimâ Machouf, épidémiologiste et chargée de cours en santé publique à l’Université de Montréal

Selon elle, le risque pour les enfants de conserver des séquelles de la COVID-19, appelé aussi COVID longue, dépasse largement les risques associés aux vaccins.

Ils peuvent garder des séquelles à long terme, explique-t-elle.

Nimâ Machouf parle pendant qu'Amir Khadir, à l'arrière-plan, l'écoute en portant un couvre-visage.

Nimâ Machouf, candidate du NPD dans Laurier-Sainte-Marie et, en arrière-plan, Amir Khadir, lors de la conférence de presse de Johanne Durocher, qui veut rapatrier sa fille qu'elle dit prisonnière en Arabie saoudite.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

D’ailleurs, de nombreux impondérables inconnus demeurent sur ces séquelles.

On ne sait pas combien de temps ça va rester. Ou même, jusqu’où les systèmes, qu’ils soient immunitaires, musculaires, ou même nerveux sont affectés.

Elle note qu’environ 10 % des adultes sont concernés par le syndrome de COVID longue et qu’entre 5 à 10 % des enfants le seraient aussi, selon les premières études menées auprès des enfants.

« Chose certaine : on ne veut surtout pas que ce soit nos enfants qui gardent des séquelles de la COVID. »

— Une citation de  Nimâ Machouf, épidémiologiste et chargée de cours en santé publique à l’Université de Montréal

L'épidémiologiste ajoute que le virus a évolué depuis le début de la pandémie.

Au début, c’est comme si le virus n’arrivait pas à rentrer dans l’organisme des enfants. Par la suite, le virus a changé et depuis, il est devenu habile pour infecter les enfants.

Un des principaux risques liés à l’inoculation de vaccins à ARN messager, la technologie utilisée dans les vaccins Pfizer et Moderna, concerne le développement d'une inflammation du muscle cardiaque, aussi appelée myocardite.

Selon Dre Machouf, une telle complication a été un élément d’inquiétude à un moment donné, mais est peu fréquente et ne remet pas en cause le bénéfice de la vaccination, selon une vaste étude française.

Elle explique qu’il faut faire attention aux symptômes de cette complication, mais c’est quelque chose qui se guérit très facilement et très rapidement, assure-t-elle.

Appel à la prudence

La députée d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia, Kristina Michaud, regrette qu'une telle publication vienne rendre encore plus confus les parents qui ont des questions concernant la vaccination de leurs enfants.

J'invite les gens à être prudents dans ce qu’ils consultent et à vérifier les sources des informations qu’ils consultent, lance-t-elle.

Elle appelle la population à s’informer à partir de sources fiables, notamment sur le site internet du Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent.

Je peux comprendre que lorsqu'on parle de vaccination pour les enfants, on veut s’assurer que ce soit sécuritaire.

« On peut faire confiance à la santé publique. En tout cas, moi, je fais confiance à la santé publique. »

— Une citation de  Kristina Michaud, député d'Avignon—La Mitis—Matane—Matapédia

L’exemple de la Matapédia

Le feuillet en question a aussi été distribué auprès du Centre de services scolaires (CSS) des Monts-et-Marées.

Le directeur général du centre de services scolaire, Alexandre Marion, déplore aussi qu’un tel document vienne complexifier tous les efforts que la population est en train de faire pour enrayer la pandémie.

Dans une situation aussi complexe que [celle que] l’on vit, on cherche à contribuer à communiquer une information qui est validée, sans jugement sur les personnes qui ont une opinion différente, explique-t-il.

L’épisode de forte propagation de la COVID-19 dans la région et d'éclosions dans les écoles de la Matapédia des dernières semaines est d’ailleurs encore tout frais dans l’esprit d’Alexandre Marion.

Alexandre Marion en entrevue.

Le directeur du Centre de services scolaires des Monts-et-Marées, Alexandre Marion.

Photo : Radio-Canada

Cet épisode illustre bien l’impact du vaccin, selon lui.

Le virus s’est propagé à une vitesse grand V au primaire, chez une tranche de la population qui n’est pas protégée, alors qu’au secondaire, [ça s'est] presque stoppé immédiatement. Il y a eu des cas, mais c’était très épisodique : il n’y a pas eu de contamination scolaire, raconte-t-il.

La vaccination, ça fonctionne, résume-t-il.

De son côté, le Centre intégré de santé et de services sociaux du Bas-Saint-Laurent a refusé de commenter.

Préférant un communiqué, l'organisation rappelle que le vaccin inoculé aux enfants a été homologué par Santé Canada à la suite d'analyses rigoureuses et qu'il est sécuritaire.

Le député de Matane-Matapédia à l'Assemblée nationale, le péquiste Pascal Bérubé, a lui aussi refusé de commenter.

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