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Des organismes communautaires dénoncent le sous-financement en Outaouais

Un homme pose dehors, dans la rue.

Daniel Cayley-Daoust, directeur général de la Table régionale des organismes communautaires autonomes de l’Outaouais

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Radio-Canada

La coalition citoyenne Équité Outaouais dénonce le sous-financement « chronique » qui touche les organismes communautaires de la région.

Vendredi matin, plusieurs représentants d’organismes touchant aussi bien à l’éducation, à la culture, qu’à la santé ou au domaine social, ont partagé leur déception au lendemain de la présentation de la mise à jour économique du gouvernement de François Legault.

Pour nous, ils ont manqué le bateau lors du budget du mois de mars. Le communautaire a reçu des montants symboliques qui ne représentent pratiquement rien à l’échelle du Québec, a estimé Daniel Cayley-Daoust, directeur général à la Table régionale des organismes communautaires autonomes de l’Outaouais (TROCAO), le porte-parole des organismes communautaires. La mise à jour économique, c’était une chance. On a une bonne santé financière à l’échelle du Québec, ils ont reconnu le caractère particulier de l’Outaouais [...], mais il n’y avait pas de nouvelles annonces pour le communautaire et pour l’Outaouais.

Et c’est bien ce qui pose problème à Christian Bernier, président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de l'Outaouais et porte-parole en éducation pour Équité Outaouais.

Le statut particulier, c'est arrivé il y a deux ans. Ça a été adopté à l'unanimité à l'Assemblée nationale. On était très contents en Outaouais [...]. Mais on voulait que ça se traduise par des résultats concrets, de nouveaux investissements, peut-être des primes… Traduire ça en argent sonnant et trébuchant pour régler les problèmes spécifiques de l'Outaouais.

« [Le statut particulier], pour l'instant, il n'est à peu près que symbolique. »

— Une citation de  Christian Bernier, président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Cégep de l'Outaouais et porte-parole en éducation pour Équité Outaouais

Selon les calculs de M. Cayley-Daoust, il faudrait 460 millions de dollars de plus pour l’ensemble du milieu communautaire à l’échelle de la province. Un financement qui, de plus, devrait être récurrent.

En Outaouais, juste pour le secteur de la santé et des services sociaux, ça représente des besoins d’au moins 20 millions de dollars de plus pour répondre aux besoins que nous avons, précise-t-il.

Des problèmes dans tous les secteurs

La directrice exécutive du Gîte Ami, Lise Paradis tire la sonnette d’alarme.

Si on regarde au niveau des familles sans logement, entre 2017 et 2020, on constatait 65 % d’augmentation et 26 % pour les personnes seules. En 2021, ça a explosé, malgré toutes les ressources qu’on a mises sur pied au niveau du Gîte Ami. [...] Il manque de places. [...] Il va falloir qu’il y ait des solutions pérennes.

Et le problème est le même dans le domaine de l’éducation, soutient M. Bernier.

Autant au secondaire, surtout précisément [au niveau de la] formation professionnelle, qu'au collégial et à l'université, on a un grand problème commun : c'est celui du manque de programmes. [...] Et puis, à tous les niveaux d'enseignement aussi, on manque d'espace et de financement pour ouvrir ces nouveaux programmes, dit-il.

Une situation qui entraîne, explique-t-il, la fuite des étudiants à Ottawa ou dans d’autres régions.

Et de donner un exemple : au Cégep de l'Outaouais, dans les trois dernières années, on a eu deux nouveaux programmes. C'est une bonne nouvelle. Par contre, ce n'est pas venu avec des agrandissements d'infrastructures, ce qui fait que le nombre d'étudiants au Cégep de l'Outaouais n'a pas augmenté. Donc, on ne règle pas vraiment le problème de l'exode de cette façon.

Le directeur général à la Table régionale des organismes communautaires autonomes de l’Outaouais rappelle que la pénurie de main-d'œuvre touche aussi les organismes communautaires. Et lorsqu’elle se combine avec une augmentation des besoins et la situation géographique particulière de l’Outaouais, proche de l’Ontario et comptant de nombreux emplois dans la fonction publique fédérale, la situation devient intenable.

Ça marche pas en ce moment, on est au bout du rouleau. Le roulement de personnel, plein d’enjeux, il faut que le gouvernement réponde à l’appel, puis soit présent.

Une femme pose dehors, sous la pluie.

Lise Paradis, directrice exécutive du Gîte Ami

Photo : Radio-Canada / Frédéric Pepin

Mme Paradis déplore que l’Outaouais soit trop souvent oublié.

On est toujours le parent pauvre du Québec et il y a de grands besoins en Outaouais, lance-t-elle. Peut-être parce qu’on est près d’Ottawa? Qu’on fait partie de la capitale nationale? Peut-être parce qu’on est loin de Québec? Est-ce qu’on rapporte suffisamment les problématiques de l’Outaouais? On se fie à nos politiciens pour le faire.

La prise de parole d’Équité Outaouais, vendredi, n’est d’ailleurs pas anodine à cet égard, souligne M. Bernier.

On est à environ une année des prochaines élections provinciales. Alors, c'est un moment opportun pour faire le point sur l'Outaouais, puis voir un peu ce que la Coalition avenir Québec a à nous offrir. Ça va nous servir de tremplin aussi pour la prochaine campagne électorale.

Avec les informations de Frédéric Pepin

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