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Une légère diminution des enfants en situation de pauvreté dans les Maritimes

Un nombre élevé d'enfants vivent dans la pauvreté.

Le nombre d’enfants en situation de pauvreté a diminué de 0,1 à 1 % dans les Maritimes, en 2019.

Photo : iStock

Le nouveau rapport de la coalition de lutte contre la pauvreté Campagne 2000 montre que le nombre d’enfants en situation de pauvreté a diminué de 0,1 à 1 % dans les Maritimes, en 2019. Néanmoins, des organismes affirment que cette légère baisse ne représente pas une amélioration dans l’élimination de la pauvreté.

L’étude compare les données entre 2018 et 2019.

L’Île-du-Prince-Édouard est la province des Maritimes où le taux de pauvreté chez les enfants est le plus bas, en 2019. Selon l’étude, 18,4 % des enfants prince-édouardiens vivent dans cette situation.

Toutefois, ce chiffre est supérieur à la moyenne nationale qui est de 17,6 %.

La province insulaire comptabilise plus de 5 300 enfants et adolescents âgés de 0 à 17 ans dans cette situation.

La Nouvelle-Écosse obtient le pire résultat, où près d’un enfant sur quatre vit dans la pauvreté.

Le taux de pauvreté chez les enfants en 2019

  • Île-du-Prince-Édouard : 18,4 % (-1 %)
  • Nouveau-Brunswick : 21,7 % (- 0,1 %)
  • Nouvelle-Écosse : 24,3 % (- 0,3 %)

Pour Gabrielle Ross-Marquette, co-présidente du Front commun pour la justice sociale au Nouveau-Brunswick, la légère diminution de la pauvreté chez les enfants des Maritimes met en évidence un manque d’intérêt des gouvernements envers une résolution de ce problème.

« J’ai plutôt l’impression que c’est une situation de statu quo. S’il avait eu de vraies démarches pour vouloir adresser la pauvreté, je pense que les résultats seraient mieux.  »

— Une citation de  Gabrielle Ross-Marquette, co-présidente du Front commun pour la justice sociale au Nouveau-Brunswick
La coprésidente du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, Gabrielle Ross-Marquette, lors d'une entrevue au Téléjournal Acadie.

La coprésidente du Front commun pour la justice sociale du Nouveau-Brunswick, Gabrielle Ross-Marquette, lors d'une entrevue au Téléjournal Acadie.

Photo : Radio-Canada

Dans l’étude, une famille est considérée comme un groupe pauvre lorsqu’elle a des revenus inférieurs au revenu médian d’une famille canadienne, après impôts.

Le calcul prend ainsi en considération la taille de la famille et les besoins de chaque ménage. Les données proviennent de Statistique Canada et de Revenu Canada.

À l’Île-du-Prince-Édouard, une famille monoparentale avec un enfant est considérée comme étant une famille pauvre, selon le rapport, lorsque les revenus du ménage sont inférieurs à 39 002 $ dollars par année.

Selon les auteurs de l’étude, ce montant serait en mesure de répondre minimalement aux besoins de cette famille.

L'économiste politique et chercheur principal au Centre canadien de politiques alternatives, Ricardo Tranjan.

Ricardo Tranjan, économiste politique et chercheur principal au Centre canadien de politiques alternatives.

Photo : Radio-Canada / Reno Patry

Ricardo Tranjan, chercheur au Centre canadien des politiques alternatives, explique que la pauvreté peut toucher tout type de famille.

Certains groupes de la population ont néanmoins plus de difficultés à joindre les deux bouts que d’autres.

« Ce sont des membres de familles qui sont Autochtones, racisés, quelqu’un avec un type de handicap ou une famille monoparentale. Ces personnes vont être surreprésentées chez le groupe d’enfants en situation de pauvreté.  »

— Une citation de  Ricardo Tranjan, chercheur au Centre canadien des politiques alternatives

Parmi les trois comtés de l’île, le comté de Kings a le plus important taux de pauvreté chez les enfants dans la province.

Selon l’étude, 20,9 % des enfants de cette région vivent dans des ménages où les revenus sont au-dessous du seuil de la pauvreté.

À l’Île-du-Prince-Édouard, les familles monoparentales représentaient 42 % des familles en situation de pauvreté en 2019.

Gabrielle Ross-Marquette, du Front commun pour la justice sociale au Nouveau-Brunswick, rappelle que les données datent d’avant la pandémie et que si une étude est réalisée en 2021, les résultats pourraient être pires.

Elle explique qu’en 2020, les gouvernements fédéral et provincial ont offert de l’aide avec les prestations d’urgence.

Néanmoins, la plupart des programmes ont été suspendus ou du moins réduits en 2021.

La crise sanitaire continue, mais il y a beaucoup moins de soutien financier pour les citoyens, mais ça reste à voir, ajoute-t-elle.

Selon les auteurs de l’étude, pour éradiquer la pauvreté, les gouvernements devront investir notamment dans les services publics, comme les services de garde à bas prix ou gratuits.

Plus de journées de congé de maladie payées, de l’accès à des médicaments gratuits, une stratégie pour offrir des logements abordables et l’augmentation du salaire minimum représentent aussi des actions qui pourraient aider à régler le problème, indique le rapport.

Selon l’étude, le salaire idéal pour un couple avec deux enfants vivant à l’île serait de 19,30 $ l'heure. Les deux parents devraient travailler à temps plein, soit de 35 heures par semaine.

Le salaire minimum à l’île est de 13 $ l’heure et passera à 13,70 $ le 1er avril 2022. 

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