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Les mémoires d’un G.O. nommé JiCi Lauzon

JiCi Lauzon en entrevue dans les studios de Radio-Canada.

JiCi Lauzon a été au service du Club Med durant trois ans au début de sa vingtaine. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Sandra Lalancette

À voir l’enthousiasme et l’excitation qui animent JiCi Lauzon quand il revient sur ses années de gentil organisateur au service du Club Med, on comprend mieux pourquoi le géant français du tout inclus est parvenu sans trop de difficulté à pourvoir les 150 postes de gentils organisateurs à son village de Charlevoix, et ce, malgré la pénurie de main-d'œuvre.

C’est drôle comment ça intéresse les gens, alors que ç’a été une courte période de ma vie et que ça fait si longtemps, confie  l’acteur et humoriste en entrevue à Radio-Canada. Je suis passé de vendeur de thermostats à G.O. sur un coup de tête. J’ai fini ce parcours rassasié d’expériences. On m’a même déjà dit que je devrais écrire un livre : Les mémoires d’un G.O..

Bien qu’ayant suivi un cours pour devenir instructeur de voile, c’est d’abord avant tout grâce à ses talents de chansonnier qu’il a réussi à se faire engager.

Un complexe hôtelier au milieu des montagnes, en automne.

Si tous les postes de G.O. ont été pourvus au Club Med Québec Charlevoix, il en va autrement des positions de G.E. (gentils employés). À une semaine de l’ouverture, 41 de ces postes sont toujours vacants. (Archives)

Photo : Radio-Canada

J’ai passé une audition un après-midi. J’ai joué à la guitare une chanson de Gilles Vigneault, La danse à St-Dilon. Ensuite, tout a été tellement rapide. Le Club Med m'a envoyé un télégramme un mercredi me disant : "vous partez samedi prochain pour les Bahamas", raconte JiCi Lauzon, qui dit avoir connu les dernières années olé olé du monde des tout inclus.

« J'ai adoré ça. Ça m'a rassasié, comment dire, de tous les plaisirs de la vie. C’était la fin des années 70, j’avais 23, 24 ans. Je tombais en amour aux deux semaines. On n’était pas toujours à jeun... »

— Une citation de  JiCi Lauzon

Dans une bulle

L’ancien gentil organisateur explique qu’à l’instar de ses collègues, il vivait dans une bulle à l’intérieur de laquelle le soleil et la plage prenaient toute la place.

Lors du premier référendum, les Québécois sont arrivés au Club Med la mine basse et je ne savais même pas pourquoi. On était totalement déconnectés. Je ne savais pas qu’il y avait eu un référendum! confesse l’artiste.

Vue aérienne d'une plage des Bahamas.

C’est dans le décor enchanteur des Bahamas que JiCi Lauzon a fait ses premières armes en tant que gentil organisateur. (Archives)

Photo : Radio-Canada

Moniteur de voile, animateur de spectacles et de bingo, chansonnier, JiCi Lauzon ne chômait pas. Les journées étaient toujours l’fun, mais bien remplies, au point où lui et sa conjointe de l’époque, une gentil organisateur nommée Gina, ont décidé de se marier pour avoir droit à quelques jours de répit.

On avait beaucoup d'ouvrage et comme on s’aimait bien, Gina et moi, on s’est dit que si on se mariait, on aurait des congés. On a eu des congés et c’était inoubliable. Il y a eu 1200 personnes à notre mariage! se souvient-il.

Trois ans au soleil

JiCi Lauzon a exercé le métier de gentil organisateur durant trois ans, d’abord aux Bahamas puis en Guadeloupe et en Grèce. Que des destinations ensoleillées. Il n'a jamais travaillé dans un Club Med d’hiver, comme celui qui ouvrira bientôt ses portes dans Charlevoix.

« Au moment où j’ai quitté, le prochain club où je devais aller, c'était un club d’hiver, en Suisse. Parfois, je regrette. Les clubs d'hiver sont superbes. Club Med choisit toujours des lieux extraordinaires comme le Massif. »

— Une citation de  JiCi Lauzon

Même si les impacts environnementaux associés à la présence d’un Club Med préoccupent le sexagénaire devenu militant écologiste, il salue néanmoins l’arrivée de l'entreprise au Québec.

Des dizaines de troncs d’arbres coupés sont empilés à l’orée d’une forêt. On aperçoit des arbres dont les feuilles ont revêtu leur teinte automnale.

L'abattage d'arbres visant à faire place au complexe hôtelier du Club Med à Petite-Rivière-Saint-François a fait couler beaucoup d'encre ces dernières années. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Je crois que ça n'a pas été facile, l'acceptation de tout ce que ça bouscule parce que, environnementalement parlant, c'est vrai que ça prend de la place, mais au Massif, je sais que les gens qui vont aller là vont être ravis et enchantés, c'est sûr, prévoit JiCi Lauzon.

Une expérience à vivre

Mais pourquoi donc avoir quitté l’univers des Clubs Med, qu’il décrit lui-même comme un paradis? Je me suis dit que tant qu’à chanter au Club Med, j’allais chanter au Québec, mais quand je suis revenu à Montréal, je trouvais ça plate. Un mercredi soir, l’hiver, il n'y avait rien à faire, se rappelle-t-il.

JiCi Lauzon recommande à tous les jeunes de faire un trip de gentil organisateur au moins une fois dans leur vie, ne serait-ce que pour l'apprentissage qu'ils retireront de cette expérience.

À l'entendre raconter ses souvenirs le sourire plein la voix, on en vient presque à l'imaginer poser sa candidature pour un poste de gentil organisateur au Club Med charlevoisien. Penses-tu qu’ils cherchent un chansonnier au Massif? lance JiCi Lauzon à la blague


Les propos de JiCi Lauzon ont été recueillis lors d’une préentrevue téléphonique et durant un entretien avec l’animateur de l’émission « Première heure », Claude Bernatchez. Ils ont été édités pour des raisons de concision et de clarté.

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