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Tarifs douaniers : des propriétaires de scieries pressent Ottawa d’agir

Des planches de bois.

Certaines entreprises font face à des tarifs douaniers approchant les 30 %.

Photo : Radio-Canada / Jimmy Chabot

Radio-Canada

Des entreprises forestières, dont White River Forest Products et Produits forestiers Résolu, demandent au gouvernement canadien de réagir rapidement à la hausse des tarifs douaniers sur le bois d'œuvre annoncée par le département du Commerce des États-Unis le 24 novembre.

Les États-Unis ont doublé les droits de douane moyens sur le bois d'œuvre, les faisant passer de 8,99 à 17,9 %.

Ils ne peuvent pas fixer les prix aux États-Unis, alors ils haussent les tarifs, déplore le PDG de White River Forest Products, Frank Dottori. Cela leur permet de gonfler les prix.

« Je suis toujours étonné que le gouvernement américain permette cela, car c’est une façon indirecte de fixer les prix. »

— Une citation de  Frank Dottori, PDG de White River Forest Products

Ça va nous nuire, c'est un problème pour nous pour investir, parce qu'on a besoin d'argent pour investir et créer des emplois chez nous, déplore M. Dottori.

Frank Dottori accorde une entrevue.

Frank Dottori s'inquiète pour l'industrie canadienne du bois d'oeuvre.

Photo : Radio-Canada / Francis Ferland

C’est déplaisant qu’il y ait toujours une taxe puis… ce n’est pas un vrai libre-échange, affirme pour sa part Roger Lecours, vice-président de Lecours Lumber, qui n’a pas voulu élaborer davantage.

Les tarifs varient d’une entreprise à l’autre. Par exemple, White River Forest Products se voit imposer des droits de 17,3 %, alors qu’ils sont de 29,66 % pour l’entreprise Produits forestiers Résolu.

Louis Bouchard, directeur principal des affaires publiques et relations gouvernementales de Produits forestiers Résolu, dit avoir été déçu de l’annonce de la hausse des tarifs, mais pas surpris.

On savait déjà depuis quelques mois que le département du Commerce entendait augmenter les droits compensatoires, note-t-il. On savait que ce serait autour des 30 % pour Résolu.

« Ce sont des liquidités qui continuent d’être immobilisées au département du Commerce, des liquidités importantes. On pense que d’ici la fin de 2021, ce seront environ 400 millions de dollars américains [..­.], qu’on ne pourra pas utiliser pour procéder à la transformation, à la modernisation de nos équipements. »

— Une citation de  Louis Bouchard, directeur principal des affaires publiques et relations gouvernementales de Produits forestiers Résolu

On espère toujours qu’il y a une solution négociée entre le Canada et les Américains, une solution durable à ce conflit, ajoute M. Bouchard.

La vice-première ministre Chrystia Freeland a évoqué jeudi de possibles représailles à l'augmentation des droits de douane, sans donner plus de détails.

Je vais laisser les autorités canadiennes et Mme Freeland prendre les décisions qui s’imposent, affirme le porte-parole de Résolu. Pour nous, ce qui est important, c’est qu’on ait un résultat.

Une hausse contre-productive pour tout le monde

Les tarifs sur le bois d'oeuvre canadien visent, en principe, à encourager l’achat de bois américain.

Les Américains affirment que les entreprises canadiennes peuvent vendre le bois moins cher, car ils sont subventionnés.

Dans une déclaration publiée mercredi, le PDG de l’Association de l’industrie forestière de l’Ontario (OFIA), Ian Dunn, affirme que l’Organisation mondiale du commerce a conclu que pratiquement tous les arguments avancés par les États-Unis pour imposer des droits compensatoires sont non fondés.

« L’industrie forestière ontarienne n’est pas subventionnée, et nous continuerons de défendre le secteur contre les actions commerciales injustes. »

— Une citation de  Ian Dunn, PDG de l’Association de l’industrie forestière de l’Ontario

C’est que se répète Louis Bouchard de Produits forestiers Résolu, qui ajoute que l’industrie n’est pas non plus subventionnée au Québec.

Louis Bouchard lors d'une entrevue fait à distance derrière son ordinateur.

Louis Bouchard, porte-parole de Produits forestiers Résolu

Photo : Radio-Canada

M. Dunn ajoute qu’il n’y a pas suffisamment de bois aux États-Unis pour répondre à la demande.

L’imposition de ces mesures punitives démontre que l’administration Biden n’a pas vraiment à cœur de régler la question du logement abordable ou de faire des échanges équitables avec son voisin et allié le plus important, ajoute-t-il.

« Ça fait augmenter le prix des habitations et ça ne sert personne. »

— Une citation de  Louis Bouchard, directeur principal des affaires publiques et relations gouvernementales de Produits forestiers Résolu

Le PDG de l’Association de l’industrie forestière de l’Ontario note que les tarifs sont ultimement payés par les consommateurs américains. Si le président Biden voulait sérieusement limiter l’inflation, il devrait réduire ou lever les droits de douane et non les augmenter.

Avec les informations de Bienvenu Senga, Philippe de Montigny et de Jeff Walters

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