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Chronique

Pas facile, le contrôle avant l’embarquement pour les personnes à mobilité réduite

Une douanière fouille la valise d'un voyageur.

L'expérience des contrôles de sécurité aéroportuaire, vécue aux côtés de mon beau-père en fauteuil roulant, a été une source d'angoisse lors de mon dernier voyage.

Photo : Radio-Canada / archives

Au début de novembre, j’ai renoué avec les avions dans la joie, après plus de deux ans, en raison de la pandémie. Mais l’angoisse aux points de contrôle des aéroports s’est fortement invitée dans cette expérience.

Je ne sortais pas du pays. Je voulais seulement revoir certaines des villes de l’est du Canada que j’avais l’habitude de visiter par le passé.

Je n’étais pas seul, mais en compagnie de mon beau-père, forcé de s’encombrer d’une marchette, d’une canne et d’un fauteuil roulant pour des raisons médicales.

À Edmonton, Toronto, Montréal ou Calgary, les services d’assistance du transporteur m’ont aidé à pousser le fauteuil roulant jusqu’aux portes des avions. Ça, je l’ai beaucoup apprécié.

Mais dans chaque aéroport, au départ, j’ai vu et vécu avec angoisse les fouilles manuelles que mon beau-père a subies.

Ayant du mal à se tenir debout seul pour franchir le portique de détection, il devait rester dans son fauteuil roulant pour se prêter au détecteur de métal portatif.

Puisque le fauteuil contient du métal, le détecteur déclenchait inévitablement un signal, ce qui entraîne une fouille manuelle.

Je comprends l’enjeu sécuritaire de ces exigences de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien.

Mais, à cause de ma culture africaine, qui suppose une certaine distance avec mon beau-père, j'étais très gêné de le voir se faire tâter des parties du corps pendant de longues minutes.

Il avait besoin que je ne sois pas trop loin, ne fût-ce que pour jouer à l’interprète, car il ne pouvait se faire comprendre qu’en français et donnait parfois l’impression d’être terrorisé.

Je l’entendais bien maugréer qu'il n'était pas normal qu’on inflige ça à un aîné aussi âgé et aussi handicapé que lui.

Peiné de regarder un tel spectacle, je n'ai pas pu me retenir à quelques reprises de demander aux agents de se faire moins intrusifs.

Comment voulez-vous que je sois à l’aise pour voyager dans mon état? m’a plus tard demandé mon beau-père.

La question me semble légitime face à ce que j’ai vu aux aéroports d’Edmonton, de Toronto, de Montréal et de Calgary.

Je sais que des plaintes de passagers ont incité les autorités fédérales à ajuster les outils et les techniques de fouilles, notamment pour les personnes transgenres, et à offrir l’option de plus d’intimité dans des salles de fouilles.

J'ai moi-même décidé de ne pas porter plainte, mais je souhaiterais aussi que les personnes à mobilité réduite bénéficient d’un contrôle qui ne leur demande pas plus d’efforts ni plus de temps que les autres passagers.

Pourquoi, par exemple, ne pas spécifier une solution de rechange à un équipement médical susceptible de déclencher le détecteur de métal?

On pourrait aussi préciser davantage, au moment des réservations, les informations à donner pour accélérer le passage aux postes de contrôle.

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