•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le variant Omicron se répand, le monde isole l’Afrique australe

Ursula von der Leyen parle en conférence de presse.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen s'est adressée aux médias vendredi concernant le nouveau variant détecté en Afrique du Sud.

Photo : Reuters / Johanna Geron

Agence France-Presse

Le Brésil, à la suite de nombreux pays nord-américains, européens et arabes, est devenu le dernier État à fermer vendredi ses frontières à l'Afrique australe, où a été détecté un nouveau variant « préoccupant » de la COVID-19 baptisé Omicron.

La détection de ce nouveau variant de la COVID-19, potentiellement très contagieux et aux mutations multiples, a été annoncée jeudi en Afrique du Sud.

Pour ce qui est du cas belge, il s'agit de quelqu'un qui venait de l'étranger, testé positivement le 22 novembre, qui n'était pas vacciné, a annoncé en début d'après-midi le ministre belge de la Santé, Frank Vandenbroucke. Son cabinet a précisé que la personne infectée venait d'Égypte, avait transité par la Turquie et était arrivée sur le sol belge le 11 novembre.

C'est un variant suspect, on ne sait pas si c'est un variant très dangereux. Pas de panique, a cependant prévenu le ministre.

Tout de même, en début de soirée, l'Union européenne a recommandé de suspendre tous les voyages en provenance d'Afrique du Sud et de six autres pays d'Afrique australe.

Les pays de l'Union européenne doivent maintenant approuver ou non cette recommandation. Le Royaume-Uni ainsi que plusieurs autres pays, comme la France et les Pays-Bas, avaient déjà interdit les vols en provenance d'Afrique du Sud et des pays voisins à compter de vendredi midi. L'Italie, la Russie, la Suisse et Chypre ont fait de même.

En Allemagne, où la barre des 100 000 décès imputés à la COVID-19 a été franchie jeudi, seuls les citoyens allemands seront autorisés à rentrer d'Afrique du Sud à partir de vendredi soir, et à condition de respecter une quarantaine de 14 jours, même s'ils sont vaccinés.

Un pilote marche dans un couloir d'aéroport.

Prenant le pas sur l'Europe, le Royaume-Uni a quant à lui interdit les vols en provenance d'Afrique du Sud et de cinq pays voisins dès le 26 novembre 2021.

Photo : Getty Images / Leon Neal

Le Canada et les États-Unis ont suivi l'Europe, annonçant la fermeture des frontières – immédiatement pour le Canada, à partir de lundi pour les États-Unis – aux voyageurs en provenance d'Afrique du Sud, du Botswana, du Zimbabwe, de Namibie, du Lesotho, d'Eswatini, du Mozambique. Un pays de plus a été inscrit sur la liste américaine : le Malawi. Seuls les ressortissants de ces deux pays et leurs résidents permanents seront autorisés à y entrer.

En Asie, Singapour a annoncé une interdiction similaire à compter de dimanche, sauf pour ses ressortissants et résidents.

Le Japon a de son côté décidé de durcir ses restrictions d'entrée, avec notamment 10 jours d'isolement pour les personnes en provenance de cette zone.

Plusieurs États arabes, dont l'Arabie saoudite, ont également annoncé fermer leurs frontières aux voyageurs de la région.

Le Brésil leur a emboîté le pas en soirée.

L’Afrique du Sud proteste

L'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui a classé le variant Omicron comme préoccupant, avait pour sa part déclaré vendredi qu'elle déconseillait la mise en œuvre de mesures de restrictions aux voyages.

Les informations sur ce nouveau variant devraient rendre plus évident que jamais que cette pandémie ne prendra pas fin sans vaccination au niveau mondial. Les États-Unis ont déjà donné plus de vaccins à d'autres pays que tous les autres pays additionnés. Il est temps que d'autres pays fassent autant que l'Amérique, a réclamé le président américain, Joe Biden, dans un communiqué.

L’Afrique du Sud a réagi en dénonçant, par la voix de son ministre de la Santé, Joe Phaahla, la décision injustifiée de ces pays.

Ces interdictions de voyage sont une tragédie pour le gouvernement sud-africain, juste avant l'été austral, quand les parcs animaliers et les hôtels font normalement le plein de touristes. Le secteur touristique commençait à peine à espérer une saison normale.

Notre préoccupation immédiate est le préjudice que cette décision va causer aux industries du tourisme et aux entreprises, a expliqué la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Naledi Pandor, dans un communiqué.

Les craintes liées à ce nouveau variant, décelé à un moment où les restrictions sanitaires suscitent des tensions sociales et où la défiance envers la vaccination persiste, ont fait chuter les prix du pétrole et entraîné de fortes baisses des bourses mondiales.

Francfort a perdu 4,15 % à la clôture, Paris a enregistré sa pire séance depuis mars 2020 (-4,75 %) et Londres depuis juin 2020 (-3,64 %). Plus tôt, Tokyo avait fermé à -2,53 %.

Des cas au Moyen-Orient et en Asie

Il faudra plusieurs semaines pour comprendre le niveau de transmissibilité et de virulence du nouveau variant détecté en Afrique du Sud et nommé B.1.1.529, a indiqué un porte-parole de l'Organisation mondiale de la santé vendredi.

À ce jour, 22 cas ont été signalés, touchant principalement des jeunes, selon l'Institut national sud-africain des maladies transmissibles (NICD). Des cas ont également été signalés au Botswana voisin et à Hong Kong, sur une personne de retour d'un voyage en Afrique du Sud.

Israël a également annoncé un cas de ce nouveau variant : il s'agit d'une personne revenue du Malawi, a indiqué le ministère israélien de la Santé disant craindre deux cas supplémentaires de personnes revenues de l'étranger et placées en confinement.

Ces trois personnes étaient vaccinées contre la COVID-19, a indiqué dans son communiqué le ministère de la Santé, sans toutefois préciser le nombre de doses ou le type de vaccin.

L’Europe se ferme à l'Afrique du Sud en raison de la découverte d'un nouveau variant

L'efficacité des vaccins incertaine

À ce stade, les scientifiques sud-africains ne sont pas certains de l'efficacité des vaccins existants contre la nouvelle forme du virus.

Le nouveau variant, qui a d'abord été détecté en Afrique du Sud, présente un nombre extrêmement élevé de mutations et nous pouvons voir qu'il a un potentiel de propagation très rapide, a expliqué jeudi le virologue Tulio de Oliveira, lors d'un point presse du ministère sud-africain de la Santé.

« Ce qui nous préoccupe, c'est que ce variant pourrait non seulement avoir une capacité de transmission accrue, mais aussi être capable de contourner certaines parties de notre système immunitaire. »

— Une citation de  Richard Lessells, professeur et chercheur

Le laboratoire allemand BioNTech, allié à Pfizer, a expliqué attendre au plus tard dans deux semaines les premiers résultats d'études qui permettront de déterminer si le nouveau variant détecté en Afrique du Sud est capable d'échapper à la protection vaccinale.

Moderna a pour sa part annoncé son intention de rapidement développer un candidat vaccin spécifique à Omicron.

Mais selon l'Agence européenne des médicaments (EMA), il est prématuré de prévoir une adaptation des vaccins à ce variant.

Près de 54 % de la population mondiale a reçu au moins une dose de vaccin contre la COVID-19, mais seulement 5,6 % dans les pays à faible revenu, selon le site Our World in Data.

En Afrique du Sud, 23,8 % des personnes sont complètement vaccinées.

La pandémie du nouveau coronavirus a fait plus de 5,180 millions de morts dans le monde depuis la détection de la maladie en Chine fin décembre 2019, selon des chiffres officiels. L'Organisation mondiale de la santé estime, en prenant en compte la surmortalité directement et indirectement liée à la COVID-19, que le bilan pourrait être deux à trois fois plus élevé.

Découvrez-vous comment fonctionnent les vaccins contre le SRAS-CoV-2.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !