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Catastrophes naturelles : il faut reconstruire en mieux, dit la Colombie-Britannique

Terrain inondé.

Plusieurs structures ont été endomagées par les récentes inondations en C-B.

Photo : Gracieuseté Sarah Barrington

L'augmentation de la fréquence et de l'intensité des événements météorologiques extrêmes amène une réflexion sur la question de l’aménagement du territoire. Le sujet est très présent dans les discours politiques alors que la Colombie-Britannique est passée de feux de forêt ravageurs à des inondations catastrophiques en l'espace de trois mois.

Avant d'être une prairie, Sumas était un lac. Il a été asséché il y a un siècle, grâce au canal Vedder et de la station de pompage de Barrowtown, qui ont détourné les eaux de la rivière Sumas.

En l'espace de quelques années, cette zone, située à 70 kilomètres à l'est de Vancouver, est devenue l'une des terres agricoles les plus productives du Canada.

Sans doute qu'à l'époque, les conséquences du changement climatique n'étaient pas une préoccupation aussi prépondérante qu'aujourd'hui.

C'est dans ce secteur qu'il y a 10 jours, la rupture d'une digue a contribué à des inondations désastreuses. Un scénario qui avait pourtant été prévu dans un examen de 2015 effectué pour le gouvernement provincial.

Selon un rapport rédigé par Northwest Hydraulic Consultants pour le ministère des Forêts, qui a examiné 74 digues dans le Grand Vancouver, la digue était trop basse, non conforme aux normes et avait besoin de mise à jour.

En outre, la moitié des 178 digues orphelines de la province, c'est à dire qui ne relèvent d'aucun gouvernement, étaient dans un état médiocre ou défaillant. Leur mise à niveau coûterait 865 millions de dollars, selon un rapport distinct présenté à la province en 2020.

Nous avons toujours su que le Fraser pouvait générer de grandes crues, mais nous devons aussi penser à l'avenir et ne pas accroître notre exposition et notre vulnérabilité au fil du temps, a déclaré Steve Litke, directeur principal du Fraser Basin Council, qui aide à sensibiliser les organisations et les gouvernements à la santé des bassins hydrographiques du sud-ouest de la Colombie-Britannique.

Avec les multiples rivières atmosphériques prévues pour le sud de la province, la stabilité de ces digues et leur mauvais état sont une nouvelle fois mis en lumière.

Selon M. Litke, ces mauvaises notes s'expliquent en partie par des décennies d'usure, mais aussi par des normes techniques et environnementales désormais plus élevées.

En réponse aux questions de CBC/Radio-Canada, le gouvernement provincial a déclaré qu'il avait dépensé près de 103 millions de dollars pour soutenir des projets d'amélioration des digues et d'évaluation des risques depuis son entrée en fonction.

Cependant, lors d'une récente conférence de presse, le ministre de la Sécurité publique, Mike Farnworth, a admis qu'il y a encore beaucoup à faire, promettant une nouvelle stratégie et une nouvelle législation sur les inondations en 2022.

Le dôme de chaleur, les feux de forêt et maintenant les inondations

La brèche dans la digue et la station de pompage insuffisante ne sont que deux exemples d’infrastructures qui ne semblent plus contenir les conséquences des événements climatiques de plus en plus fréquents et violents.

Cette crise appelle, selon le gouvernement, à revoir les normes et les matériaux pour la construction des infrastructures, des réseaux et des habitats pour mieux prendre en compte les risques et les conséquences du changement climatique.

C'était d'ailleurs déjà le cas après les incendies qui ont détruit le village de Lytton cet été, ou le premier ministre John Horgan avait promis de reconstruire différemment.

« C'est la voie de l'avenir. »

— Une citation de  Mike Farnworth, ministre de la Sécurité publique

Le changement climatique signifie que nous devrons continuer à adapter notre façon de planifier et de nous préparer aux catastrophes naturelles, en veillant à ce que les infrastructures communautaires soient construites pour résister aux événements futurs, non seulement les voies de transport, mais aussi les installations locales comme les usines de traitement de l'eau et des eaux usées. C'est ce que nous ferons, a déclaré jeudi Josie Osborne, ministre des Affaires municipales.

Mike Farnworth, ministre de la Sécurité publique, veut s'assurer que l'infrastructure est capable de faire face à des événements cycliques plus importants, et reconnaît que leur fréquence sera probablement plus élevée que par le passé.

« Ce sont des événements importants pris individuellement. Mais ensemble, ils ont eu des impacts catastrophiques sur les personnes et les communautés qui auraient été inimaginables il y a seulement 10 ans. »

— Une citation de  Josie Osborne, ministre des Affaires municipales

Cela signifie qu'il faut s'assurer que les ponts, les fossés de drainage sont capables de gérer des volumes d'eau plus importants. Il faut s'assurer que les digues sont construites selon des normes plus élevées, a-t -il commenté.

Le ministre évoque aussi une potentielle révision des plans d'urbanisme et d'occupation des sols dans les zones inondables en évoquant l'expérience de la ville de High River en Alberta, où une partie de la communauté a été déplacée après un événement météorologique catastrophique.

De même, lors de l'inondation de Grand Forks, il a été déterminé que cette zone inondée de faible altitude ne devrait plus être une zone résidentielle. Et donc ces résidences ont été déplacées vers un autre endroit, cite-t-il encore en exemple.

Aussi le parlement de la Colombie-Britannique se penche sur la révision de la loi sur les urgences (Emergency Program Act), qui selon Mike Farnworth reposera sur quatre piliers clés : la prévention, l'atténuation, l'intervention et le rétablissement.

Jonathan Wilkinson, ministre fédéral des Ressources naturelle et député de Vancouver Nord, a pour sa part « rappelé l'évidence, à savoir que nous traversons une crise climatique », et expliqué que l'atténuation du changement climatique et l'adaptation devront être au centre des décisions que prendront à l'avenir tous les niveaux de gouvernement.

Il souhaite aussi que le Canada réfléchisse sur comment reconstruire de manière plus intelligente et plus résiliente ses infrastructures, tout comme Mme Osborne, qui veut impliquer tous les niveaux de gouvernement […] afin de rendre les communautés plus résilientes aux changements climatiques et à ce genre de catastrophes à l'avenir.

Avec des informations de Justin McElroy

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