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David Suzuki s’excuse pour ses commentaires concernant la destruction de pipelines

David Suzuki pose avec des lunettes de vue.

David Suzuki est l’animateur de la série de documentaires scientifiques The Nature of Things, mais il est surtout l’un des militants écologistes les plus connus et des plus engagés au Canada.

Photo : Jennifer Roesler

Le célèbre environnementaliste David Suzuki s’excuse d’avoir dit que des gens feraient exploser des pipelines si les gouvernements n'agissaient pas pour freiner les changements climatiques.

L’écologiste a fait ces commentaires samedi lors d’une entrevue à la radio CHEK News, en Colombie-Britannique, dans la foulée d’une manifestation à Victoria organisée par le mouvement écologiste Extinction Rebellion.

Nous sommes dans le pétrin, avait-il déclaré.

Les experts nous le disent depuis plus de 40 ans. C’est là que nous en sommes. Pour la prochaine étape, ce sont des pipelines qu'on fera exploser si les dirigeants ne portent pas d'attention à ce qui se passe.

David Suzuki s’est excusé pour ces propos à travers sa fondation, jeudi, en expliquant que ses paroles découlaient de sa frustration.

J’ai mal choisi mes mots et je n’aurais pas dû les dire, a-t-il déclaré.

Toute insinuation au fait que la violence est inévitable est mauvaise et ne nous mènera pas vers la solution à la crise climatique dont nous avons désespérément besoin. J’ai dit ces paroles parce que j’étais frustré et je m’en excuse.

Des paroles condamnées en Alberta

Les commentaires de David Suzuki ont provoqué de vives réactions en Alberta, notamment de la part du premier ministre Jason Kenney, de la ministre de l’Énergie, Sonya Savage, et du leader parlementaire du gouvernement, Jason Nixon.

Lundi, Jason Kenney a d’abord accusé l’écologiste, sur Twitter, d’inciter à la violence. Il a réitéré son point de vue mardi, en conférence de presse, en affirmant que David Suzuki incitait implicitement les gens à commettre des actes d’écoterrorisme.

C’est comme quand, dans les films de bandits, on dit : "Vous savez, c’est un beau petit pipeline que vous avez ici. Ce serait terrible si quelque chose lui arrivait." C’est complètement inacceptable, a-t-il déclaré.

Il a ajouté que David Suzuki a l’habitude de faire des commentaires scandaleux, ce qui devrait lui valoir d’être banni.

Il a cité une déclaration que l’écologiste a faite en 2016 au sujet de l’ancien premier ministre canadien Stephen Harper.

À l’époque, le National Post avait rapporté que David Suzuki avait dit que Stephen Harper devrait être mis en prison pour avoir sciemment fermé les yeux sur les changements climatiques.

Nous résolvons les différences de manière pacifique et démocratique, et non en menaçant de mettre nos opposants en prison, a dit Jason Kenney.

Le premier ministre albertain a également critiqué le fait que CBC/Radio-Canada et d’autres organisations donnent la parole à l’écologiste.

Mardi, l’Assemblée législative de l’Alberta a introduit une motion pour condamner formellement les commentaires de David Suzuki.

Les membres de l’opposition officielle ont eux aussi dénoncé ses paroles.

La députée néo-démocrate Kathleen Ganley a affirmé que les deux côtés de la Chambre s’entendent pour dire que la violence ou l’incitation à la violence pour faire entendre son point de vue devrait être condamnée.

Une cible de choix pour les conservateurs

En entrevue à l’émission de radio de CBC Calgary Eyeopener, l'analyste politique Paul McLoughlin a expliqué que David Suzuki est une cible de choix pour les conservateurs albertains et Jason Kenney.

Selon lui, son combat contre les changements climatiques représente une menace existentielle pour l’industrie pétrolière albertaine.

L’objectif de Jason Kenney est de défendre l’industrie pétrolière et gazière autant qu’il le peut et le plus férocement possible, et c’est ce qu’il a fait avec enthousiasme, dit-il.

Réponse de Suzuki

Avant de s’excuser, David Suzuki a déclaré à CBC/Radio-Canada qu’il ne cautionne pas le fait de faire exploser des oléoducs, mais qu’il craint que cela ne se produise si des militants perdent patience face à l’inaction des dirigeants.

Il a ajouté qu'il y a eu beaucoup de manifestations pacifiques en lien avec le climat.

Prenez l’exemple des gens de Fairy Creek. Que font-ils? Ils se battent pour protéger la Terre et sont victimes de violence de la part des forces de police qui veulent maintenir le statu quo, a-t-il déclaré en faisant référence aux manifestations contre les coupes forestières sur l'île de Vancouver, qui durent depuis plus d’un an.

Avec les informations de Natalie Valleau et Colleen Underwood

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