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La menace d’une grève illimitée dans les CPE inquiète des parents de l’Outaouais

Des personnes tiennent une banderole sur laquelle on peut lire Secteur CPE Outaouais.

Les employés des centres de la petite enfance s'étaient déjà dotés d’un mandat de grève au début de l’automne (archives).

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Radio-Canada

Alors que la menace d’une grève illimitée se précise dans les centres de la petite enfance (CPE), des parents appellent les parties à conclure un accord. Pour le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, la balle est dans le camp des syndicats.

Avec la COVID-19 et les jours de grève dans les CPE, le retour au travail de Jessica Marinier est loin d’être simple. Cette maman de deux garçons, dont un de 17 mois, estime que la situation actuelle est difficile.

J'ai recommencé à travailler en mai, donc ça m’affecte beaucoup. Je n’ai pas accumulé de congés, donc c’est toujours des jours [que je dois prendre] à mes frais. Puis, mon bébé, comme c’est un bébé COVID, il attrape tout. Je manque trois ou quatre jours par semaine, a-t-elle expliqué en entrevue à l’émission Sur le vif.

Compte tenu de la nature de son emploi, Philippe Kabore ne peut pas s’absenter du travail. La situation actuelle est donc très préoccupante, a-t-il fait valoir en entrevue.

C’est une gestion que je fais avec ma conjointe, mais ça nous a déstabilisés. Quand c’est un jour, c’est gérable, mais quand ça commence à devenir deux, trois, quatre jours, ça déstabilise notre organisation à la maison. Ça me déstabilise moi aussi, car je dois faire du rattrapage tard dans la soirée quand notre enfant est au lit, donc je ne dors pas bien.

Mercredi, la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) a obtenu un mandat de grève générale illimitée de la part de ses membres.

Jeudi, c’est au tour des 11 000 travailleuses de CPE affiliées à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) de se prononcer.

En cas de grève illimitée, M. Kabore imagine le pire.

Je suis rendu au point où je n’aurai pas le choix de prendre des journées sans paie [...] parce que c’est presque impossible de combiner une journée de travail avec mon enfant à la maison.

Pour autant, les deux parents appuient les revendications des travailleuses.

Je trouve qu’[elles] valent beaucoup [...], mais j’aimerais qu’ils trouvent un moyen que ça nous touche moins, nous les parents, parce que ça commence à être dur. [...] Avec la COVID, ça fait beaucoup, a dit Mme Marinier.

Lacombe défend l'offre du gouvernement

Le ministre de la Famille et responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, défend l’offre de son gouvernement visant à renouveler la convention collective.

Je pense que les offres qui sont sur la table sont suffisantes pour qu’on soit capables de s’entendre avec les syndicats. Ce sont des offres historiques, on est à plus de 20 % d’augmentation pour les éducatrices [...], on a aussi mis de l’eau dans notre vin sur la semaine de 40 heures. [...] C’est vraiment le temps de s’entendre, a-t-il indiqué en entrevue à ICI Ottawa-Gatineau.

« Les offres qui sont sur la table sont historiques. [...] Là, il faut être raisonnable, il faut aller de l’avant, il faut s’entendre, il faut signer la convention. »

— Une citation de  Mathieu Lacombe, ministre de la Famille et responsable de la région de l’Outaouais

Les discussions achoppent principalement sur la question des salaires. Québec propose des augmentations allant de 20 à 24 % pour les éducatrices mais des hausses maximales de 9,3 % pour le personnel de soutien responsable de l’administration, des cuisines et de l’entretien.

Ce n’était pas un engagement électoral, on s’était engagés pour les enseignants, pour les préposés aux bénéficiaires... Mais comme ministre de la Famille, comme jeune père, j’ai insisté lourdement pour qu’on répare les erreurs du passé et qu’on paie les éducatrices à leur juste valeur, parce que c’est vrai qu’elles ne gagnent pas assez, c’est vrai qu’elles avaient un salaire de misère, a-t-il dit.

Pas de loi spéciale pour le moment

M. Lacombe a assuré que le gouvernement ne veut pas avoir recours à une loi spéciale pour forcer le retour au travail.

Ça fait aussi partie du coffre à outils, a-t-il cependant affirmé tout en insistant sur le fait que ni lui ni la présidente du Conseil du Trésor ne souhaitent adopter une loi spéciale. J’ai envie qu’on règle cette convention-là dans l’honneur et l’enthousiasme, qu’on envoie un message positif aux éducatrices et aux futures éducatrices qu’on essaie de convaincre de venir nous aider à réparer le réseau. Si ça se termine avec une loi spéciale, on aura du mal à arriver à ça.

Mathieu Lacombe a répondu aux questions des journalistes en mêlée de presse le mercredi 8 septembre 2021.

Le ministre de la Famille et responsable de la région de l’Outaouais, Mathieu Lacombe (archives)

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le ministre souhaite parvenir à une entente dès que possible.

Quant à lui, M. Kabore invite toutes les parties à s’entendre.

Est-ce que le gouvernement doit passer une loi spéciale pour les forcer à retourner [au travail]? Pour moi, la réponse est non [...], mais en même temps, j’aimerais que les deux parties négocient de bonne foi pour trouver un accord le plus tôt possible.

Les résultats de la consultation auprès des travailleuses affiliées à la CSN seront annoncés vendredi.

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