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« C’est la pire année pour les mites en 40 ans », dit un apiculteur

Une abeille pollinise une fleur.

Chaque année, 300 000 reines sont importées au Canada, principalement depuis la Californie et Hawaii.

Photo : Getty Images / Justin Sullivan

Comment assurer la survie des abeilles? C'est l'épineuse question que se posent des experts réunis à Edmonton. L'industrie veut être plus indépendante et, surtout, mettre fin à son problème de mites tueuses d'abeilles.

Paul Benoit, apiculteur dans le nord de l'Alberta, reste optimiste, même si cette année a été une douche froide.

Cet automne, on n'a jamais vu autant de mites dans les ruches. C’est la pire année pour les mites en 40 ans, estime le francophone propriétaire de plus de 1200 ruches.

Son hypothèse : les fortes chaleurs de cet été ont asséché les champs, les abeilles ont eu moins de fleurs pour se nourrir, donc plus de temps pour se reproduire et plus il y a d'abeilles dans une ruche, plus les mites risquent de se multiplier.

Paul Benoit utilise des produits chimiques, les meilleurs pour la santé, mais les mites varroa résistent. On réduit le nombre de mites, mais on va jamais réussir à les détruire totalement, pense l’homme, originaire de Girouxville, près de Peace River.

La solution temporaire, qu'il utilise depuis les années 1990, repose sur la sélection des reines les plus résistantes. On prend les reines des ruches avec le moins de mites pour les reproduire et ça fonctionne.

L'apiculteur Paul Benoit présentant ses produits à base de miel.

Les colonies de Paul Benoit produisent 54 400 kg de miel par an.

Photo : Paul Benoit

L'importation d'abeilles remise en cause

Les membres de l'industrie se creusent la tête pour trouver un remède. Le nom de ce parasite était sur les lèvres de tous les conférenciers lors de l’assemblée annuelle de la Commission des apiculteurs de l'Alberta, qui se termine vendredi.

La Commission finance huit projets de recherche, dont un visant à contrôler le nombre de mites dans les ruches en modifiant l’alimentation et la génétique des abeilles.

D’autres discussions ont ciblé le manque d’autonomie des apiculteurs. Chaque année, 300 000 reines sont importées au Canada, selon Renata Broda, chercheuse et formatrice au sein de la Commission des apiculteurs de l’Alberta.

Les perturbations des transports liées à la COVID-19 ont empêché, pendant de longs mois, la venue d’insectes par avion. Ces nouvelles arrivées sont censées remplacer, au début du printemps, les pertes hivernales dans les ruches canadiennes.

Deux apicultrices déplacent les abeilles d'une ruche.

En 2019, l'Alberta était la province qui comptait le plus grand nombre de colonies (39 %) et qui produisait le plus de miel (11,3 millions de kilogrammes) au Canada.

Photo : Gabrielle Nadeau

Plus de normes de sécurité

La pandémie nous a montré qu'on dépendait trop de l'importation d’abeilles et de reines de l'étranger, principalement des États-Unis. Nous devons réussir à nous auto-suffire, analyse Connie Phillips, directrice générale.

Des discussions sont également en cours avec les autorités aéroportuaires afin d’établir plus de normes de sécurité lors du transport par avion d’abeilles et de reines. Les accidents lors des voyages sont trop élevés.

Des abeilles près d'une ruche.

La majorité des colonies d'abeilles se trouve dans les Prairies, où les longues journées d'été et l'éventail favorable de cultures fournissent les conditions idéales au butinage.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Les experts réfléchissent aussi à de nouvelles façons d'améliorer les conditions d'hivernage des colonies pour augmenter le cheptel albertain en les rendre plus résistant au grand froid.

Les coûts de production pour les apiculteurs seraient donc moins lourds. Une stratégie qui pourrait rendre plus accessible aux consommateurs l'achat de miel produit localement.

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