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Afrodisiaque, une pièce sur l’obsession pour les cheveux des femmes noires

Portrait d'une femme qui fixe l'objectif de la caméra.

La comédienne et dramaturge Maryline Chery

Photo : Agence M

Radio-Canada

La comédienne et dramaturge Maryline Chery présente à compter de jeudi soir, à Montréal, une pièce de théâtre en solo sur la façon dont les cheveux des femmes noires, brunes ou métissées sont perçus dans la société. Avec humour, l’actrice livre un véritable manifeste pour le port des cheveux au naturel.

Avant la pandémie de COVID-19, Maryline Chery donnait régulièrement des ateliers de théâtre dans des écoles fréquentées par des élèves de milieux diversifiés, que ce soit à Notre-Dame-de-Grâce ou à Lachine. La comédienne d’origine haïtienne a été surprise par le nombre de jeunes filles qui semblaient fascinées par sa chevelure, qu’elle tente de porter le plus souvent au naturel.

Affiche montrant une femme avec les cheveux coiffés vers le haut tenant une boisson dans sa main droite. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'affiche de la pièce solo de Maryline Chery

Photo : Centre Segal des arts de la scène

Il y a des petites filles en première année ou à la maternelle qui étaient vraiment ébahies. Elles me disaient : "Madame, vous nous ressemblez!" affirme la comédienne, jointe par téléphone la veille de sa première montréalaise.

Pour Maryline, cela n’était qu’un énième exemple d’un phénomène avec lequel elle vit depuis l’enfance et qu’elle s’efforce de combattre en arborant elle-même ses cheveux naturels. Je ne porte jamais de perruque [...] J’ai des tantes dont je n’ai jamais vu les cheveux ni la tête [parce qu’elles portent toujours des perruques]. Les gens vont souvent dire que c’est plus facile, que c’est moins compliqué. Moi, je ne vois pas comment.

Un phénomène répandu

Avec sa pièce, Maryline Chery espère sensibiliser le public à cette obsession malsaine qui consiste à vouloir contrôler sa chevelure, une obsession qui vient autant des personnes blanches que des personnes racisées.

Ça vient des deux [côtés]; il y a beaucoup de déclencheurs. Ça peut être autant ta famille que tes amis, que la société, que des règlements, que n’importe quoi, explique-t-elle.

Elle donne notamment l’exemple de l’environnement de travail, où des collègues peuvent penser que les cheveux de personnes noires laissés au naturel ne sont pas compatibles avec une apparence professionnelle ou, encore pire, se permettent de les toucher sans demander l’autorisation de l’autre.

« Se faire toucher les cheveux sans permission, moi, ça m’arrive encore. Il y a d’ailleurs une très belle scène là-dessus dans la pièce, qui s’appelle "Afrodéfense 101". »

— Une citation de  Maryline Chery

Cette obsession n’est pas circonscrite à l’Amérique du Nord; c’est plutôt un phénomène mondial, selon Maryline Chery. C’est partout! En Afrique du Sud – c’est peut-être des répercussions de l’apartheid –, il y a beaucoup de petites filles qui se battent pour avoir leurs cheveux naturels. Il y a encore une espèce de "dictature du lissage".

Apprendre à aimer ses cheveux

Maryline Chery souligne les avancées des dernières années pour renverser la tendance, notamment l’émergence de salons de coiffure consacrés aux cheveux crépus ou frisés , comme celui de Nancy Falaise, à Montréal.

Il faut réapprendre à aimer, à manier ces cheveux, et à comprendre comment ils fonctionnent. On peut tous le réapprendre, mais on ne sait pas comment faire. On vit avec cette idée selon laquelle c’est difficile, ce n’est pas professionnel, etc. Mais quand tu apprends à les aimer, c’est tout à fait différent, explique Maryline Chery.

Dans Afrodisiaque, l’actrice aborde le sujet avec humour, sans donner de leçons : C’est beaucoup de storytelling, du conte, du théâtre physique et de la comédie. Il y a un peu de satire dans tout ça. Le gros défi, c’était de voir comment on peut parler d’un sujet difficile sans marteler les gens, en utilisant la comédie.

Afrodisiaque est présenté jeudi, samedi et dimanche au Centre Segal des arts de la scène. Les billets sont en vente sur le site du Centre (Nouvelle fenêtre).

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