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COVID-19 : renforcement des mesures en France, 100 000 morts en Allemagne

Un employé médical qui porte un masque rouge tient un écouvillon.

Un test de dépistage de la COVID-19 dans une pharmacie de Nice, en France

Photo : Reuters / ERIC GAILLARD

Agence France-Presse

Face à la flambée de la pandémie de COVID-19 en Europe, la France a annoncé jeudi un durcissement des contraintes, sans reconfinement ni couvre-feu, tandis que l'Allemagne, frappée par sa plus violente vague de contaminations, a franchi le seuil des 100 000 morts.

Des scientifiques sud-africains ont annoncé jeudi qu'un nouveau variant de la COVID-19 présentant un nombre extrêmement élevé de mutations et avec un potentiel de propagation très rapide, avait été détecté dans le pays.

L'Europe est redevenue cet automne l'épicentre mondial de la pandémie, alors que le variant Delta, très contagieux, a réduit à 40 % l'efficacité des vaccins contre la transmission de la maladie, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Chaque jour compte, a ainsi mis en garde la chancelière allemande Angela Merkel, qui souhaite un tour de vis supplémentaire dans son pays et l'a fait savoir à son successeur Olaf Scholz.

La COVID-19 a causé la mort de plus de 1,5 million de personnes sur le continent, selon un comptage de l'AFP réalisé à partir de bilans officiels. L'OMS a prévenu que la COVID pourrait y faire 700 000 morts supplémentaires d'ici au printemps.

Au total, le coronavirus a fait plus de 5,16 millions de morts dans le monde depuis fin 2019. L'OMS estime qu'en considérant la surmortalité directement et indirectement liée à la COVID-19, le bilan de la pandémie pourrait être deux à trois fois plus élevé.

Mais un rapport rendu public par l'organisation montre aussi que les vaccins ont sauvé au moins un demi-million de vies en Europe.

Dans certains pays, le nombre de décès aurait été le double de ce qu'il est aujourd'hui sans les vaccins, a affirmé à Copenhague le directeur régional de l'OMS pour l'Europe, Hans Kluge, pressant les pays à poursuivre leurs campagnes d'immunisation.

Notre dossier COVID-19 : ce qu'il faut savoir

Paris évite le reconfinement, mais réimpose le masque

En France, où la COVID a tué plus de 118 000 personnes, il n'est à ce stade envisagé ni confinement ni couvre-feu, a annoncé jeudi le ministre de la Santé Olivier Véran.

Nous pouvons passer cette vague sans recourir aux outils les plus contraignants, a estimé le ministre français, lui-même médecin.

Il a cependant annoncé le retour de l'obligation du port du masque partout en intérieur dans les lieux recevant du public, à compter de vendredi, y compris dans les lieux où le passeport sanitaire est réclamé (restaurants, centres commerciaux, lieux de spectacle, musées...).

Le premier ministre Jean Castex était lui-même absent du conseil des ministres mercredi, car testé positif à la COVID.

En Autriche, les autorités avaient pris il y a quelques jours la décision de confiner les non-vaccinés, une mesure d'une sévérité sans précédent en Europe depuis le début des campagnes de vaccination.

D'autres confinements, en réalité moins stricts, avaient déjà été décrétés dans d'autres pays comme la Lettonie et les Pays-Bas. Des restrictions supplémentaires ont été mises en place en Italie, en Slovaquie, où un confinement quasi total est entré en vigueur jeudi, en République tchèque où le gouvernement a décrété une période d'état d'urgence de 30 jours, avec fermeture notamment des marchés de Noël et des boîtes de nuit.

En France, le rappel vaccinal contre la COVID-19, le plus souvent sous forme d'une troisième dose, sera ouvert à tous les adultes dès 5 mois après leur dernière injection, à partir de ce samedi.

En Martinique et en Guadeloupe, dans les Antilles françaises, la contestation du vaccin anti-COVID, mêlée de revendications sociales liées au coût de la vie, a provoqué des violences allant jusqu'à des tirs d'arme à feu contre des pompiers et des policiers. Des barrages routiers entravent l'activité de ces deux îles.

Un renforcement des mesures est également à l'étude aux Pays-Bas, où les restrictions sanitaires ont déjà provoqué des nuits d'émeute.

Pour le premier ministre belge Alexander De Croo, qui va organiser en urgence vendredi une réunion pour décider de nouvelles mesures, l'augmentation des contaminations et hospitalisations liées à la COVID est supérieure aux courbes les plus pessimistes esquissées la semaine dernière par les experts scientifiques.

Le nouveau gouvernement allemand appelé à gérer un pic

Ancien élève modèle, l'Allemagne fait face à sa plus forte vague au moment où un nouveau gouvernement s'apprête à entrer en fonctions.

Plus de 100 000 personnes y sont mortes de la COVID-19 depuis le début de la pandémie. Quelque 75 961 nouvelles contaminations ont été dénombrées mercredi.

La nouvelle coalition mise sur la généralisation du passeport sanitaire dans les transports et de restrictions d'accès pour les non-vaccinés, par exemple pour des lieux culturels, et sur la vaccination.

Plus d'un milliard de dollars va par ailleurs être débloqué en faveur du personnel soignant et aide-soignant.

De son côté, la Commission européenne a recommandé jeudi l'administration d'une dose de rappel au plus tard neuf mois après la deuxième dose de vaccin pour renforcer le passeport sanitaire européen, dont la validité ne serait plus reconnue sans ce rappel.

Et le vaccin de Pfizer contre la COVID-19 a été approuvé pour les enfants de 5 à 11 ans par le régulateur européen du médicament, ouvrant la voie à une vaccination au sein de ce groupe d'âge dans l'UE.

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