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La série Get Back, de Peter Jackson, réfute certains mythes sur les Beatles

Les quatre Beatles jouent devant un fond multicolore.

La série documentaire de Peter Jackson est diffusée sur la plateforme Disney+.

Photo : Disney+

Radio-Canada

La première partie de la série documentaire The Beatles: Get Back, de Peter Jackson, est offerte à partir de jeudi sur Disney+. Le réalisateur de la saga Le Seigneur des anneaux y apporte un nouvel éclairage sur l’enregistrement de Let It Be, le dernier album des Beatles.

Depuis 50 ans, l’histoire généralement admise raconte que les séances d’enregistrement de Let it Be, dernier album studio des Beatles, avaient été difficiles, les membres du groupe étant blasés de leur travail et dégoûtés les uns des autres.

La série de Peter Jackson, tirée d’une cinquantaine d’heures d’enregistrements vidéo inédits, montre plutôt un groupe avec une rare chimie et une solide éthique de travail, qui était encore capable de s’amuser, tout en étant effectivement en processus de rupture.

Produite par un fanatique des Beatles pour des fanatiques des Beatles, la série peut s’avérer épuisante pour ceux et celles qui ne font pas partie du club, mais elle offre une incursion privilégiée dans le processus créatif du groupe.

Les Beatles présentent le spectacle devant quelques personnes de leur entourage et des médias seulement.

Les Beatles donnent leur dernier spectacle sur le toit des bureaux d'Apple Studios, le 30 janvier 1969.

Photo : Getty Images

Près de 60 heures d’enregistrements vidéo

Peter Jackson discutait d'un autre projet avec les Beatles lorsqu’il leur a demandé ce qu’il était advenu des images non utilisées qui avaient été filmées pour le film Let It Be, de Michael Lindsay-Hogg, sorti en 1970.

Près de 60 heures de vidéo avaient été tournées sur une période de 3 semaines, et les membres du groupe se demandaient quoi en faire. Jackson a pris ce matériel, en plus de 150 heures d’enregistrements audio, et il a passé 4 ans à bâtir une histoire.

Lancé peu après l’annonce du démantèlement du groupe, le film de Lindsay-Hogg avait toujours été perçu comme la chronique d’une mort annoncée. Les membres du groupe avaient renforcé cette impression par leurs commentaires négatifs.

Le réalisateur sourit aux photographes sur le tapis rouge avec une image du film <i>The Hobbit: The Battle of the Five Armies</i>, en arrière-plan.

Le réalisateur Peter Jackson

Photo : Getty Images / Archives/Kevin Winter

Une chimie incroyable, malgré les rumeurs

Peter Jackson s’attendait donc à un travail plutôt déprimant lorsqu’il a commencé à fouiller dans les archives. J’attendais que ça tourne mal, a-t-il affirmé. J’attendais que les disputes commencent, que le conflit commence. Je m’attendais à ressentir leur haine mutuelle. J’attendais toutes les choses que j’ai lues dans des livres, mais elles ne sont jamais arrivées.

Bien sûr, il y a du conflit, mais la série révèle aussi des moments de joie, comme lorsque John Lennon chante Two of Us en imitant Bob Dylan. Peter Jackson rétablit l’équilibre.

La chimie était incroyable, s’est rappelé le batteur Ringo Starr dans une récente entrevue sur Zoom. Je suis fils unique, mais là, j’avais trois frères. Nous prenions soin les uns des autres. Nous avons eu quelques disputes, mais musicalement, chaque fois que nous comptions "un, deux, trois, quatre", nous voulions donner le meilleur de nous-mêmes.

Une incursion quotidienne dans la vie de studio

Peter Jackson raconte les séances d’enregistrement, chacune des journées, du tout début sur un plateau de tournage – finalement abandonné pour un studio d’enregistrement londonien – à leur concert iconique sur le toit d’un édifice, qui a été la dernière prestation publique du groupe.

Les Beatles offrent un spectacle sur le toit d'un immeuble à Londres.

Le mythique concert impromptu de 42 minutes du 30 janvier 1969 sur le toit du 3, Savile Row, à Londres.

Photo : Getty Images / Evening Standard

The Beatles: Get Back montre également le moment où George Harrison a annoncé qu’il quittait le groupe, un beau jour après le dîner, un segment que Lindsay-Hogg n’avait pas pu utiliser en 1970. Après quelques jours, les membres des Beatles avaient finalement convaincu le guitariste de revenir.

Quatre mythes déboulonnés... ou confirmés

Au cours de la série, Peter Jackson confirme ou infirme certains mythes persistants entourant le groupe qui se sont solidifiés au fil des ans.

Mythe no 1 : Paul McCartney voulait tout contrôler

Verdict : C’est partiellement vrai. Dans la série, on voit un George Harrison visiblement irrité devant Paul McCartney qui donne des conseils à ses collègues sur leur manière de jouer. Depuis la mort de leur gérant, Brian Epstein, en 1967, les Beatles étaient un peu perdus. McCartney avait pris le rôle du père, sans être tout à fait à l’aise. J’ai peur d’être le patron, et je le suis depuis quelques années, dit-il dans un segment. Je n’ai aucun appui.

Mythe no 2 : Les Beatles se sont séparés à cause de Yoko Ono

Verdict : C’est faux. Elle est effectivement présente à presque toutes les séances d’enregistrement, mais principalement à titre de force tranquille, assise près de Lennon. Les femmes de tous les membres du groupe viennent d’ailleurs en studio, bien que moins souvent.

Paul McCartney fait même une blague prémonitoire à l’endroit de la femme de Lennon. Dans 50 ans – ce sera une chose incroyablement comique – les gens diront : "Ils se sont séparés parce que Yoko s’est assise sur un amplificateur."

John Lennon et Yoko Ono

John Lennon et Yoko Ono

Mythe no 3 : Les membres des Beatles étaient devenus des artistes solos, chacun utilisant les autres comme simples musiciens sur ses propres chansons

Verdict : C’est faux. Dans la série, on les voit collaborer constamment, cherchant l’approbation des autres et demandant des conseils, comme George Harrison qui demande l’aide de John Lennon pour achever les paroles de Something.

Mythe no 4 : Les enregistrements vidéo montrent la rupture des Beatles

Verdict : C’est essentiellement vrai. Au fil de la série, il devient clair que l'enthousiasme de Lennon et de Harrison pour les Beatles est de moins en moins grand. Lennon est manifestement amoureux de Yoko Ono, et McCartney affirme à Harrison et à Starr que si Lennon devait choisir entre sa femme et les Beatles, il choisirait Yoko Ono.

On peut aussi voir Harrison devenir de moins en moins à l’aise dans son rôle secondaire. Il parle à Lennon d’enregistrer un album solo parce qu’il a écrit assez de chansons pour remplir son quota sur les albums des Beatles pour une autre décennie. Le groupe répétera d’ailleurs sa chanson All Things Must Pass, mais refusera de l'enregistrer.

Peter Jackson avoue qu’il était très nerveux lorsqu’il a présenté son documentaire à McCartney, à Starr et aux familles de Lennon et de Harrison. Mais ils sont revenus en me disant : "C’est parfait, ne change rien."

Les deux autres parties de The Beatles: Get Back seront mises en ligne d’ici samedi sur Disney+.

Avec les informations de Associated Press

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