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Les feux de forêt extrêmes atteignent un niveau record et sont à la hausse

De la fumée s'échappe d'une forêt de l'autre côté d'une route de terre.

Un incendie en Colombie-Britannique à l'été 2021.

Photo : BC Wildfire

Sophie Houle-Drapeau

Une récente étude de Ressources naturelles Canada établit un lien entre les changements climatiques et les feux de forêt extrêmes d'origine naturelle dans plusieurs régions du globe. Le réchauffement climatique amène des saisons de feux de plus en plus sévères.

L’article, publié dans la revue scientifique Nature Climate Change, démontre que les huit années les plus actives jamais enregistrées au niveau mondial en matière d'incendies se sont produites au cours de la dernière décennie.

L’étude, qui s’échelonne sur plus de 4 décennies, relève que depuis la fin des années 1970 l’augmentation des températures et la diminution de l’humidité relative dans l’atmosphère créent une situation propice à l’augmentation des feux de forêt.

Les chercheurs se sont servis de l'indice forêt météo (IFM) qui évalue la teneur en eau des combustibles et des conditions météorologiques sur le comportement du feu.

Le calcul de cet indice repose notamment sur la température, l’humidité, les vents et les précipitations.

Les auteurs ont déterminé que c’est surtout l’augmentation des températures et la diminution de l’humidité relative qui ont un impact sur l’IFM.

Dans trois quarts des cas où on observe une augmentation de l’IFM, l’humidité relative est un facteur alors que l’augmentation de la température joue un rôle dans et dans 40 % des cas.

Au Canada, c’est dans l’ouest du pays où l’on remarque la plus forte incidence sur les feux de forêt.

En Colombie-Britannique, les trois années où il y a eu la plus grande superficie annuelle brûlée sont 2017, 2018 et 2021, indique le chercheur scientifique en écologie forestière à Ressources naturelles Canada, Yan Boulanger.

Yan Boulanger pose dans un champ.

Le chercheur en écologie forestière de Ressources naturelles Canada, Yan Boulanger.

Photo : Fournie par Jean-Sébastien Roy

Il cite aussi en exemple le Yukon où on observe des augmentations de température de l’ordre de 3 degrés depuis 1948.

Depuis les années 1970, il y a environ 300 000 hectares de plus qui brûlent par décennie au Canada. La saison des feux de forêt a été dévastatrice cette année.

Une superficie de 3 007 000 hectares a été touchée par les feux de forêt, alors qu’en règle générale, la superficie annuelle tourne autour de 2 millions d'hectares, souligne Yan Boulanger.

En Ontario, la saison des feux de forêt a été une des plus actives des 10 dernières années.

Une saison qui se démarque en ce qui a trait à la superficie de forêt touchée par les incendies alors que près de 800 000 hectares de forêt ont brûlé totalement ou partiellement cette année.

On note aussi une augmentation des aires annuelles brûlées dans l’est du pays, mais elle est loin d’être aussi prononcée que dans l’ouest du pays, souligne Yan Boulanger.

Un hélicoptère survole une forêt remplie de fumée.

Un feu de forêt dans le Nord de l'Ontario à l'été 2021.

Photo : @ONfeudeforet

Dans le nord de la province, on devrait tout de même s’attendre à une augmentation des aires brûlées dans les prochaines décennies, de 2 à 4 fois la superficie actuelle, selon les différents scénarios du réchauffement climatique, estime le scientifique.

Il ajoute aussi qu’on remarque aussi une augmentation des jours où le risque d’incendie est élevé dans l’est du pays.

Yan Boulanger estime que ces tendances pourraient se généraliser à l’ensemble du Canada et qu’il faudra apprendre à vivre avec la hausse des feux de forêt.

Il faudra selon lui adapter nos infrastructures, car l’augmentation des feux de forêt va se poursuivre même si on réduit considérablement nos émissions de gaz à effet de serre.

Le scientifique ajoute que les forêts, qui sont naturellement des puits de carbone, deviennent des sources d’émission lors des perturbations naturelles extrêmes comme les feux de forêt.

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