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En attente d’une greffe, il réclame le consentement présumé au don d’organes

Vincent Roy dans son appartement. Il programme sa machine pour effectuer sa dialyse.

Vincent Roy doit faire une dialyse pendant plus de 9h chaque jour depuis.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

En attente d’un rein depuis trois ans, un Beauceron souhaite une révision législative du consentement au don d’organes. Celui-ci ne devrait plus être signifié par une signature sur sa carte d'assurance maladie, mais devrait être présumé d'office.

Vincent Roy ne peut plus s’éloigner de son appartement de Saint-Isidore depuis que ses reins ont cessé de fonctionner alors qu’il avait 29 ans.

Sa vie dépend de la dialyse qu'il effectue à l'aide d'une machine branchée à son abdomen chaque nuit pendant 9 heures et en milieu de journée pendant une autre trentaine de minutes.

Chez moi, c’est mon hôpital. Ça me maintient en vie. Je suis jeune. J’ai 32 ans, mais c’est comme si tout d’un coup j’ai 90 ans, déplore-t-il.

M. Roy croit que les délais vécus par les patients en attente d’une greffe seraient moins importants si Québec modifiait la législation entourant les dons d’organes.

Présentement, il y a des organes qui se retrouvent aux vidanges. Il faudrait qu’automatiquement, tu donnes tes organes quand tu décèdes. Si tu ne veux pas les donner, là tu peux signer ta carte, explique-t-il.

Vincent Roy est devant son ordinateur.

Vincent Roy a écrit à son député provincial pour demander un changement législatif du consentement au don d'organes.

Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Lavoie

Le consentement présumé a été adopté en Nouvelle-Écosse en 2019. Vincent Roy est d’avis que le personnel médical perd un temps précieux à valider le consentement des familles des proches décédés.

Quand tu décèdes, les médecins n'ont pas le temps. C'est rapide. Il faut que ça se fasse rapidement.

Pas une baguette magique

Transplant Québec n’est pas contre le consentement présumé, mais est d’avis que le problème est beaucoup plus complexe.

On ne veut surtout pas que ça soit la seule chose qui soit modifiée. On donnerait l'impression qu'on a réglé le problème, alors que ce n’est vraiment pas le cas , affirme le directeur général, Louis Beaulieu.

Transplant Québec souligne qu’en moyenne seulement 725 donneurs potentiels sont référés par les hôpitaux annuellement. En Ontario, c’est plus de 5000. En proportion, il faudrait que le Québec augmente ses références à 3000 environ pour rivaliser avec la province voisine.

Il faut former les professionnels à identifier les donneurs potentiels à l'hôpital pour qu'on puisse enclencher le processus de dons d'organes quand c'est possible. La loi actuellement n’est pas claire , critique M. Beaulieu.

Le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu

Le directeur général de Transplant Québec, Louis Beaulieu

Photo : Radio-Canada

Décision difficile

Les familles sont aussi souvent en état de choc quand vient le temps de discuter du don des organes de leur proche décédé subitement.

La directrice de l’unité de greffe rénale du CHU de Québec est d’avis que le travail du personnel hospitalier serait simplifié, s’il y avait moins de tabous entourant les greffes d’organes.

Il y a beaucoup de sensibilisation à faire. Si on discute d'un programme de donneurs présumés, on va forcément être obligé de parler de dons d'organes. Je pense que ça va aussi remplir un double objectif, note Dr Isabelle Houde.

Dr Houde croit aussi qu’il faut faire la promotion du don vivant. Il faudrait toujours privilégier un donneur vivant puisque l’organe à davantage de chances de perdurer dans le temps.

Vincent Roy a justement la chance d’avoir un donneur vivant. Son père a appris en avril qu’il pourra lui donner un de ses reins. Mais ça ne signifie pas la fin de son combat.

Après une vingtaine d'années, il y a des chances que ça m’en prenne un autre. Je suis en train d'investir pour mon futur. Quand ça va m’arriver à nouveau et pour tous les autres, c'est aussi bien d'être changé, cette loi , espère-t-il.

Québec s’engage

Le cabinet du ministre de la Santé, Christian Dubé, affirme être conscient qu’il doit simplifier l’expression du consentement au don d’organes.

Le gouvernement s’engage de façon constructive et non partisane pour réformer le fonctionnement du don d’organes.

Nous voulons que les volontaires puissent être regroupés dans un registre et ainsi donner de meilleurs outils à Transplant Québec pour qu’il puisse coordonner efficacement les dons d’organes. On le doit aux Québécois qui attendent une greffe , affirme la directrice des communications du cabinet du ministre, Marjaurie Côté-Boileau.

Aucun échéancier n’est toutefois avancé.

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