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L’autogestion, une solution pour remédier à la pénurie d’infirmières en Outaouais ?

Des infirmières marchent de dos dans le corridor d'un hôpital.

Cet été, à Baie-Saint-Paul, les infirmières sont arrivées avec leurs propres solutions.

Photo : Getty Images

Radio-Canada

Cinq mois après la première fermeture de l’urgence de l’Hôpital de Gatineau, le milieu de la santé de l’Outaouais cherche toujours des solutions pour mettre fin à cette situation qui perdure. Et si l’autogestion était une solution?

Cet été, à Baie-Saint-Paul, la fermeture de l’urgence a été évitée de justesse grâce au projet-pilote mené par une équipe du Living Lab Charlevoix. Les infirmières sont arrivées avec leurs propres solutions.

Elles ont choisi d’apporter des modifications à leur horaire, en travaillant 12 heures par jour, sept jours consécutifs, avant d’être en congé pour les sept jours qui suivent.

Le Dr Richard Fleet, titulaire de la chaire de recherche et d'innovation en médecine d'urgence à l'Université Laval, est celui qui a campé le rôle de superviseur du projet Living Lab Charlevoix.

Tout le monde a mis la main à la pâte. Ce sont des solutions temporaires, mais on poursuit avec elles pour trouver des solutions pour le recrutement et la rétention du personnel, a-t-il expliqué jeudi en entrevue à l’émission Les Matins d’ici.

Le Dr Fleet convient que cette méthode est « outside the box ». Pourrait-elle être implantée en Outaouais pour permettre à tous les citoyens de se présenter à l’urgence de Gatineau entre 18 h et 8 h.

Il est important d’aller voir les infirmières, de leur demander : pourquoi faites-vous ce travail? On a eu des réponses très émotives. Les gens disaient que c’était gratifiant, que ça les rendait heureux. C’est un travail qui contribue au bonheur des personnes, a constaté le Dr Richard Fleet.

Un édifice vu de l'extérieur sur lequel est écrit, Hôpital de Gatineau.

Le Dr Richard Fleet souligne qu'il faut aller voir les infirmières et poser des questions.

Photo : Radio-Canada / Eloic Hamel

En plus de consulter le personnel, le superviseur du projet aime beaucoup l’idée de l’impliquer dans le brassage d’idées. On a mis des spécialistes en design thinking avec eux. Vous voulez des robots? On amène des robots. Vous voulez des paramédics dans votre urgence? On va trouver des solutions. Vous voulez des étudiants du secondaire dans des programmes spéciaux? On va vous trouver quelque chose.

« On doit passer 90 % de notre temps à réfléchir au problème et 10 % à implanter la solution. Malheureusement, on fait trop souvent l’inverse. »

— Une citation de  Dr Richard Fleet, superviseur du projet Living Lab Charlevoix

Aller voir ce qui marche ailleurs

En Outaouais, le principal défi est le taux de rétention du personnel de la santé. Chaque année, depuis longtemps, des médecins et des infirmières quittent les hôpitaux gatinois pour aller travailler de l’autre côté de la rivière des Outaouais, là où les conditions de travail sont plus avantageuses.

À la recherche de solutions créatives, il y a une étape d’aller voir ce qui marche ailleurs, pourquoi les gens vont dans tel milieu. En Ontario, est-ce uniquement le salaire qui est avantageux? Sûrement pas. Il y a sûrement une culture ou un gestionnaire qui fait en sorte que ça fonctionne là-bas, avance le Dr Fleet.

Le Dr Fleet en entrevue à Radio-Canada.

Le Dr Richard Fleet aime l'idée d'observer ce qui a du succès ailleurs et ensuite de l'implanter localement (archives).

Photo : Radio-Canada / Valérie Marcoux

Sans savoir si cela peut se faire, convient-il, il propose même à des gestionnaires du Centre intégré de santé et des services sociaux (CISSS) de l’Outaouais de s’asseoir quelques jours à Ottawa pour constater, de leurs propres yeux, ce qui fonctionne là-bas et ensuite d’aller voir le ministère de la Santé avec quelques idées.

Pour avoir étudié plus de 300 urgences en milieu rural au Canada en 10 ans, je peux vous dire que chaque milieu est différent. Actuellement, on milite pour des solutions locales. Il faut essayer de nouvelles solutions, a conclu le Dr Richard Fleet qui est persuadé que la région de l’Outaouais possède toutes les qualités requises pour attirer son lot de travailleurs.

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