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Jonathan : la figure du goéland ou jouer au théâtre avec un handicap physique

Montage de deux visages d'homme sur fond vert et jaune.

L'affiche de la pièce « Jonathan : figure du goéland », présentée au Théâtre Denise-Pelletier

Photo : Théâtre Denise-Pelletier

Radio-Canada

La salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier, à Montréal, présente jusqu’au 11 décembre la pièce Jonathan : la figure du goéland, librement inspirée du roman Jonathan Livingston le goéland, de Richard Bach. Fait assez rare au théâtre, la pièce réunit sur scène des interprètes vivant en situation de handicap et des personnes sans handicap physique.

Le dramaturge canadien Jon Lachlan Stewart, qui a écrit la pièce et en assure la mise en scène, a été marqué par l'œuvre de Richard Bach dans sa jeunesse. Le livre sorti en 1970 raconte l’histoire de Jonathan, un goéland qui pratique une technique de vol autre que celle de son clan, dont il finit par se faire exclure en raison de sa différence.

L’allégorie de Richard Bach a poussé le metteur en scène à se questionner sur les limites imposées (ou non) par notre corporalité et notre sens de la communauté.

Dans l'œuvre originale, le personnage est frustré par ses propres limitations physiques, qui sont une métaphore de ses limitations sociales, a-t-il expliqué à Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à Tout un matin.

Portrait d'un homme esquissant un petit sourire.

Jon Lachlan Stewart, auteur de « Jonathan : figure du goéland »

Photo : Théâtre Denise-Pelletier

Une chorégraphie de Luca Lazylegz Patuelli

L’idée de travailler avec des interprètes vivant avec un handicap physique lui est venue plus tard, alors qu’il discutait avec l’acteur Yousef Kadoura, un diplômé de l'École nationale de théâtre du Canada qui vit avec un handicap.

Il m’a beaucoup parlé de comment il vivait avec son handicap physique et comment ça changeait la perception des gens avec qui il travaille, a-t-il expliqué à Eugénie Lépine-Blondeau.

Ça m’a fait voir instantanément que de mettre ces corps sur scène, c’était la meilleure façon de raconter l’histoire [de Jonathan le goéland].

Sur scène, Yousef Kadoura donne la réplique à Prince Amponsah, Marilyn Perreault, Julie Tamiko Manning, Lesly Velázquez et Luca Lazylegz Patuelli, qui signe également la chorégraphie de la pièce. M. Patuelli est un chorégraphe canadien de renommée mondiale qui est né avec l’arthrogrypose, un trouble musculaire qui affecte ses jambes.

Un homme sourit largement sur une route à l'extérieur.

Luca « Lazylegz » Patuelli joue dans la pièce en plus d'en signer la chorégraphie.

Photo : Théâtre Denise-Pelletier / Jerick Colantes

L’importance de s’adapter

Jon Lachlan Stewart avoue qu’il a dû s’adapter pour intégrer les interprètes vivant en situation de handicap dans son processus créatif. Au-delà des obstacles physiques, le metteur en scène a dû dépasser un obstacle mental, sur sa façon de travailler.

Dans le milieu [du théâtre] anglophone, on est vraiment hardcore, on fait 8 heures par jour, 6 jours par semaine. [...] Ce processus n’est pas construit pour les personnes vivant en situation de handicap physique. Donc il a fallu beaucoup de conversations, beaucoup de communication avec mes collègues pour voir quels étaient leurs besoins.

La pièce Jonathan : la figure du goéland, produite par Surreal SoReal Theatre en collaboration avec Geordie Theatre, est présentée en version bilingue français-anglais, avec un surtitrage intégré artistiquement.

Avec les informations d'Eugénie Lépine-Blondeau, chroniqueuse culturelle à l'émission Tout un matin.

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