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CHSLD : le rapport de la protectrice du citoyen fait grand bruit à Shawinigan

Façade d'un CHSLD, en hiver.

Le CHSLD Laflèche de Shawinigan figure parmi les établissements québécois les plus touchés par la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le rapport dévastateur de la protectrice du citoyen sur la gestion de la pandémie de COVID-19 dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) au Québec fait réagir à Shawinigan.

Avec 44 décès et 107 résidents infectés sur 138, le CHSLD Laflèche a été l’un des plus touchés de la province lors de la première vague.

Tous ceux qui ont vécu la crise de près s’entendent pour dire que l’absence de directives a été fatale lorsque le virus a fait son entrée dans l’établissement en mars 2020. Il a fallu attendre jusqu’au 5 avril avant qu’une stratégie de dépistage systématique soit mise en place et que tout le personnel ait accès à des équipements de protection individuelle.

La zone chaude, où les résidents atteints de la COVID-19 étaient déplacés, a changé d’endroit à plusieurs reprises, du personnel revenait au travail après avoir été placé en isolement en raison d’un manque de personnel. Des situations qui ont été évoquées dans les différents rapports et enquêtes jusqu’ici.

Le père de Daniel Béliveau y est décédé le 22 avril 2020 à l’âge de 86 ans. S'il est reconnaissant envers le personnel qui a pris soin de son père jusqu’à la fin dans un contexte chaotique, il espère que les recommandations de la protectrice du citoyen, mais aussi celles à venir de la coroner Géhane Kamel, seront mises en application.

La volonté de changer les choses le rassure pour la suite, mais il espère ne pas être déçu.

Les personnes qui étaient là en ont vraiment pris soin, ils ont pris soin de l’humain. Ils étaient au bout de leur capacité, donc je ne peux pas leur reprocher. Le système était malade. […] C’est ce quoi on peut s’accrocher aujourd’hui, on n’a pas eu l’occasion de lui dire au revoir. Espérant que ça pourra au moins servir à ça et que ça ne se reproduise plus jamais, dit-il avec émotion.

Daniel Béliveau ajoute qu’il comprend la position défensive qu’a adoptée le gouvernement face aux attaques de l’opposition. Mais en même temps, ce que j’interprète de la part de M. Legault, c’est qu’il le dit que nos CHSLD étaient les parents pauvres du système de santé. On veut faire des maisons des aînés, on veut redonner de la dignité à nos aînés et j’espère qu’il va réaliser ce qu’il nous dit.

Selon lui, il n’est pas nécessaire de déclencher une enquête publique sur le drame des CHSLD. La situation, elle est connue, elle a été décriée. La protectrice du citoyen vient de publier un rapport qu’on qualifie d’accablant. Moi je pense qu’on a fait le tour de la situation, lance-t-il en entrevue à l’émission En direct.

« Passons à autre chose, trouvons des solutions. Ça donne quoi d’essayer de trouver… c’est fait, mon père est décédé. J’espère que ça va avoir servi à quelque chose. Oui, je suis serein, mais en même temps plein d’émotions, mais j’ai confiance. »

— Une citation de  Daniel Béliveau

Une douleur encore vive

Sur place, le personnel peine à se remettre des événements, même plus d’un an plus tard. Un total de 84 employés avaient été infectés, dont deux préposés qui avaient dû être hospitalisées.

Encore aujourd’hui, les problèmes de main-d’œuvre persistent.

Ça rebrasse toutes ces choses qui se sont passées à l’intérieur des murs du Centre Laflèche, mais d’autres CHSLD aussi dans la région, indique la présidente du Syndicat du personnel paratechnique, de services auxiliaires de métiers, Marie-Josée Hamelin. Il y a vraiment une pesanteur qui est encore à l’intérieur du centre Laflèche, de cette douleur que les gens ont eu de traverser cette pandémie et surtout cette catastrophe : une guerre avec des bâtons de Popsicle.

Pour Nathalie Perron, du syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec, des leçons doivent être tirées de ce qui s’est passé.

Des événements comme ça il va y en ravoir, on dit que c’est cyclique, mais la prévention des infections, […] ça c’est clair que c’était la base de tout et jamais les gens n’auraient dû ne pas avoir de masque, ne pas avoir de protection supplémentaire. C’est complètement inadmissible ce qui s’est passé à l’époque.

La dame dans son bureau.

La présidente du syndicat des professionnels en soins de la Mauricie et du Centre-du-Québec (FIQ), Nathalie Perron

Photo : Radio-Canada

Tous s’entendent pour dire que la solution serait de retourner à un mode de gestion à échelle humaine, soit la décentralisation du réseau. Le président-directeur général du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, Carol Filion, témoignera la semaine prochaine devant la coroner Géhane Kamel.

Les audiences publiques seront de retour au palais de justice de Shawinigan, les 29 et 30 novembre, ainsi que le 1er décembre.

Avec les informations d'Amélie Desmarais

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