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Québec se donne 15 ans pour combler l’écart de richesse avec l’Ontario

Eric Girard et François Legault posent une main sur un panneau de plexiglas, comme pour se donner une tape de félicitations.

Eric Girard jettera les bases d'incitatifs pour viser une croissance du PIB qui, espère-t-on, atteindra 2 % par année, pendant 15 ans.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

L'objectif du gouvernement Legault de combler l'écart de richesse avec l'Ontario se précise. Radio-Canada a appris que la mise à jour économique et budgétaire qui sera présentée jeudi détaillera la manière dont le gouvernement entend s'y prendre pour atteindre son objectif.

Le PIB réel par habitant au Québec accuse présentement un retard de 12,9 % sur l'Ontario; le gouvernement entend ramener cet écart à 10 % en 2026, et l'éliminer complètement d'ici 15 ans, en 2036.

Quinze ans, ça peut avoir l'air long, mais c'est très ambitieux. Depuis qu'on a des données, depuis les années 1920, le Québec a toujours été en retard face à l'Ontario, confie une source bien au fait du dossier.

Afin d'atteindre cet objectif, la croissance du PIB réel québécois devra être supérieure à celle de l'Ontario d'au moins 0,8 point de pourcentage en moyenne par année. En postulant que le PIB réel ontarien continuera d'augmenter à son rythme des 10 dernières années, l'économie québécoise devra donc croître d'au moins 2 % en moyenne annuellement, et ce, pour les 15 prochaines années.

Le gouvernement mise essentiellement sur la hausse de la productivité pour y parvenir. Selon les projections du ministère des Finances, la productivité renforcée comptera pour 80 % de l'effort; l'élargissement du bassin de population active et la hausse du taux d'emploi contribueront chacun pour 10 % du résultat.

Au cours des dernières années, l'écart de richesse entre le Québec et l'Ontario s'est resserré. Il est passé de 16,4 % en 2017 à 12,9 % cette année, soit une baisse de 3,5 points de pourcentage ou de 1500 $ par habitant. Une grande part de ce resserrement est attribuable à l'augmentation de la productivité québécoise.

Pour la rehausser encore davantage, le gouvernement compte sur les investissements privés, l'innovation des entreprises et un environnement d'affaires concurrentiel. On veut surtout encourager les grandes entreprises tournées vers l'exportation, que ce soit par l'entremise de la fiscalité, d'aides directes, ou encore d'aide-conseil dans la mise en place de nouveaux plans d'affaires.

Davantage de travailleurs instruits

Au chapitre de la main-d'oeuvre, on mise sur la persévérance scolaire pour augmenter les taux de diplomation. Le gouvernement souhaite ensuite inciter ses travailleurs plus instruits à rester en emploi plus longtemps. C'est plus facile pour un diplômé universitaire de continuer à travailler après 60 ans que pour quelqu'un qui a un travail physique dans une usine, explique-t-on en coulisses. On compte aussi sur la requalification de la main-d'oeuvre et sur une immigration ciblant davantage les étudiants universitaires.

À terme, l'alignement du PIB québécois avec le PIB ontarien devrait entraîner une hausse du salaire annuel moyen de 14 000 $ et des recettes fiscales additionnelles de près de 40 milliards de dollars par année.

Évoqué à de nombreuses reprises par le premier ministre Legault, le rattrapage espéré face à l'Ontario n'avait pas fait l'objet d'un échéancier aussi précis jusqu'à présent. Des précisions seront apportées par le ministre des Finances lors du dépôt de sa mise à jour économique et financière.

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