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Uranium : Cameco réclame le renouvellement du permis de sa raffinerie de Blind River

Un bâtiment blanc

La raffinerie d'uranium de Blind River existe depuis 1983.

Photo : Cameco

Sophie Houle-Drapeau

L’entreprise Cameco demande le renouvellement du permis d’exploitation de sa raffinerie d’uranium de Blind River, qui arrive bientôt à échéance. Dans des audiences publiques auprès de la Commission canadienne de sûreté nucléaire (CCSN) mercredi, l’entreprise a fait valoir ses grandes réalisations et l’importance de ses infrastructures dans le secteur industriel.

La raffinerie de Blind River a commencé ses activités en 1983 et traite actuellement 18 mille tonnes de minerai chaque année. 

Le permis d’exploitation de Cameco, renouvelable tous les 10 ans, arrive à échéance en février 2022, et l’entreprise doit donc passer des audiences auprès de la CCSN afin d’obtenir l’autorisation de maintenir ses opérations à Blind River après cette date. 

Notre demande de renouvellement [du permis] pour une période de 10 ans nous donne, ainsi qu’à nos clients et aux gens qui dépendent de l’énergie nucléaire propre, la certitude dont nous avons besoin pour poursuivre les activités de notre usine, pendant la prochaine décennie, a indiqué le vice-président de Cameco, Liam Mooney, dans sa présentation. 

Il a ajouté que Cameco avait mis en place des mesures rigoureuses pour assurer la santé et la sécurité des travailleurs de la raffinerie de Blind River au cours des dernières années, et que l’usine a célébré, en juin dernier, ses 15 années sans temps perdu, donc sans interruption majeure de la production. 

Ses collègues ont également vanté les retombées économiques de l’usine dans la communauté de Blind River, ainsi que les progrès accomplis par l’entreprise en matière d’inclusion et de la diversité au sein du personnel. 

Plusieurs dizaines d’intervenants — des employés à la retraite, des sous-traitants, des élus, des responsables d’écoles et d’entreprises de la région notamment — ont aussi envoyé des lettres de soutien au renouvellement du permis. Ils soulignent entre autres le grand soutien financier de Cameco et de ses employés de Blind River à des initiatives communautaires de la région. 

Une femme qui sourit

Sally Hagman est la mairesse de Blind River.

Photo : Municipalité de Blind River

À l’audience virtuelle, la mairesse de Blind River, Sally Hagman, a abondé dans le même sens.

« Cameco est un employeur de choix. [...] Nous sommes chanceux de l’avoir dans notre communauté.  »

— Une citation de  Sally Hagman, mairesse de Blind River

La raffinerie compte 143 employés.

Des membres du personnel de la CCSN ont aussi indiqué qu’ils recommandaient le renouvellement du permis jusqu’au 28 février 2032, après avoir fait une évaluation technique de la demande de l’entreprise. 

Ils indiquent dans leur rapport que la raffinerie de Cameco est une usine expérimentée qui a des programmes bien établis et un système de gestion qui se concentre sur l’amélioration continue et que l’entreprise a un bon bilan pour ce qui est du suivi des règlements.  

Des groupes autochtones opposés au renouvellement

Certains groupes sont toutefois opposés au renouvellement du permis de Cameco. 

La Première Nation de Mississauga, près de Blind River, demande à la CCSN de refuser la demande de l’entreprise. La communauté autochtone déplore notamment le manque de consultations significatives de Cameco avec ses membres et estime qu’il y a des lacunes dans le suivi des données environnementales liées à la santé et au bien-être

La Première Nation demande qu’une étude sur la santé de la communauté soit effectuée avant que la CCSN ne prenne sa décision sur le renouvellement du permis. Elle espère aussi un processus de consultation approfondi.

« On l’impression de dire des choses, mais qu’elles ne sont pas prises en compte [par Cameco]. Je crois donc qu’un tel processus et un engagement de la CCSN nous aidera à avoir un meilleur dialogue.  »

— Une citation de  Laura Mayer, représentante de la Première Nation de Mississauga lors de l'audience publique
Croquis de la raffinerie d'uranium de Blind River

La raffinerie d'uranium de Blind River, gérée par l'entreprise Cameco, compte 143 employés.

Photo : Commission canadienne de sécurité nucléaire

La compagnie réplique qu’elle n’a pas l’obligation de s’engager dans un tel processus puisqu’il n’y pas de nouvel impact négatif avec cette demande de renouvellement du permis. 

Le vice-président de la compagnie, Liam Mooney, s’est dit surpris de la présentation de la Première Nation de Mississauga en ajoutant que des rencontres ont eu lieu et pas seulement pour le renouvellement du permis. Il mentionne des rencontres formelles et informelles, ce que confirment les représentants de la Première Nation à l’audience publique.

La Première Nation exige également qu’un nouveau poste d’agent de liaison avec les communautés autochtones soit créé à la raffinerie. 

Le groupe environnementaliste Northwatch demande, pour sa part, que le renouvellement du permis d’exploitation de la raffinerie soit accompagné de l’exigence pour Cameco d’un rapport à mi-terme indiquant le bilan de la raffinerie pour ce qui est de la protection de l’environnement et de la santé humaine, ainsi qu’une évaluation des risques environnementaux de l’usine à la fois par Cameco et la CCSN.

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