•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La Ville d’Ottawa veut s’attaquer au racisme systémique

L'extérieur de l'hôtel de ville d'Ottawa.

L'hôtel de ville d'Ottawa (archives).

Photo : Radio-Canada / David Richard

Radio-Canada

Voulant s’attaquer au racisme systémique, la Ville d’Ottawa compte élaborer sa première stratégie de lutte contre le racisme en 2022.

Cette stratégie sera notamment bâtie sur les conclusions d'un rapport publié plus tôt ce mois-ci.

Intitulé Rapport sur ce que nous avons entendu, le Secrétariat de la lutte contre le racisme de la Ville d'Ottawa y résume les recommandations et les commentaires reçus lors des séances sur la façon dont la Ville peut s’attaquer au racisme systémique.

Six domaines prioritaires ont été identifiés, notamment d'inclure davantage de minorités dans les structures de gouvernance.

Les activités en français

Le manque d’activités en français à Ottawa a notamment été mis en lumière dans le document.

Le directeur général de l'Alliance Française d'Ottawa, Samuel Coeytaux, n’est pas en désaccord, mais il apporte cependant un bémol.

Il y a une offre qui existe dans la région de la capitale nationale. Parfois, on manque d’informations sur cette offre, et il peut y avoir un déficit de qualité en comparaison aux activités en anglais. On a quand même une belle diversité de public à nos activités. On essaie d’ouvrir, au maximum, toute la francophonie. Ça fait partie de notre mandat, dit-il.

Six domaines prioritaires préalablement identifiés par la communauté :

  • Équité en matière d’emploi
  • Gouvernance
  • Logement
  • Développement de la jeunesse
  • Résultats en matière de santé
  • Développement économique


Source : Ville d’Ottawa

La future stratégie de lutte contre le racisme comprendra des mesures stratégiques, des indicateurs de rendement clés et des résultats attendus pour lutter contre le racisme systémique dans les systèmes et les structures de notre ville, explique-t-on dans un communiqué.

Pour le maire Jim Watson, il était impératif que la Ville se penche sur la question du racisme systémique. Il est fier des gestes concrets déjà faits pour y arriver.

« Pour les membres du conseil municipal, le pouvoir est entre les mains des citoyens qui votent. »

— Une citation de  Jim Watson, maire d’Ottawa

Pour la première fois, la directrice générale d’OC Transpo [Renée Amilcar] est une minorité visible, c’est la même chose avec notre chef de police [Peter Sloly]. [...] C’est important de continuer à améliorer la situation, insiste-t-il.

Voir du concret

Le Secrétariat de la lutte contre le racisme sonde les résidents, les groupes communautaires et autres intervenants du milieu pour l'aider à élaborer cette future stratégie. Des séances d’engagement auront également lieu les 15 et 20 janvier.

Le Secrétariat a aussi créé une table consultative sur le sujet qui se réunit tous les deux mois pour faire le point et pour échanger de nouvelles idées.

Un membre de cette table, Papa Ladjiké Diouf, a choisi d’y participer afin de faire partie de la solution. Moi, j’ai la chance d’être un leader dans mon domaine. J’ai du vécu comme immigrant, j’ai fait face à toutes les barrières systémiques. [...] Il faut travailler dans une dynamique inclusive.

Le racisme de tous les jours, c’est une chose, mais la chose à laquelle il faut le plus s’attaquer, c’est le racisme systémique, dit celui qui est aussi directeur des services cliniques au Centre d'appui et de prévention (Le CAP) et co-chef de la Coalition d’Ottawa pour la santé mentale des Noir.e.s.

César Ndéma-Moussa en vidéoconférence.

César Ndéma-Moussa, président de Racine et Culture Canada

Photo : Capture d'écran

Mais avant de trop se réjouir, César Ndéma-Moussa, président de Racine et Culture Canada et consultant en enjeux d’Équité, diversité et inclusivité, préfère rester prudent.

Je pense que c’est un peu hâtif de penser qu’un secrétariat véritablement en fonction cette année et produisant ce rapport puisse vraiment produire un effet dès l’année prochaine, alors que de tels rapports il y en a déjà eu avant, dit-il. Ce rapport, il faut être positif à son endroit, il faut y apporter du soutien, mais attention [...] il y en a déjà eu un en 2016 [...] qui adressait le racisme à Ottawa et on peut voir, cinq ans plus tard, que les choses n’ont pas vraiment changé.

« Je trouve ambitieux de penser qu’une politique vraiment concrète [contre le racisme systémique] peut être établie l’année prochaine. Elle peut l’être sur le papier, mais sur le terrain véritablement que va-t-il arriver? »

— Une citation de  César Ndéma-Moussa, président de Racine et Culture Canada

La décision d'augmenter le budget de la police d'Ottawa est vue par M. Ndéma-Moussa comme un pas dans la mauvaise direction qui ne l'incite pas à un très grand optimisme.

Des organisations, sur le terrain, représentant des communautés noires, mais aussi blanches, se sont fortement exprimées contre cette augmentation qui n’est pas justifiée au vu des crimes, mais également des besoins en assistance sociale et en ressources d’aide en santé mentale, estime-t-il.

Pour le président de Racine et Culture Canada, si on veut vraiment adresser la question du racisme dans la ville, c’est aussi une question d’adresser les moyens et les ressources pour les communautés qui en ont le plus besoin, et notamment dans le domaine de la santé mentale.

Avec les informations de Nafi Alibert

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !