•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Des groupes environnementalistes menacent de poursuivre Jason Kenney en diffamation

Plan rapproché de Jason Kenney en conférence de presse. Il porte un masque.

Ces groupes estiment que Jason Kenney détourne les conclusions d'une enquête publique qu'il a lui-même commandée.

Photo : La Presse canadienne / Jeff McIntosh

Radio-Canada

Huit groupes environnementalistes menacent le premier ministre de l'Alberta, Jason Kenney, de le poursuivre en diffamation s’il ne retire pas ses propos selon lesquels ils ont répandu de fausses informations à propos de l’industrie énergétique albertaine, ce qui est contraire aux conclusions de l’enquête publique du commissaire Steve Allan.

Selon une lettre obtenue par La Presse canadienne, ces groupes ont donné une semaine au premier ministre pour retirer ses commentaires.

Si le premier ministre Kenney ne suit pas les bons conseils de ses avocats, il recevra une poursuite d’ici la fin de la semaine prochaine, affirme Paul Champ, l’avocat des environnementalistes.

La lettre, livrée au bureau du premier ministre lundi, est signée par l’Initiative Dogwood, Environmental Defence Canada, Greenpeace Canada, la Fondation Raincoast Conservation, la Fondation du club Sierra Canada, la Fondation du Club Sierra de la Colombie-Britannique, la Fondation pour le droit et la recherche environnementale de la côte ouest et le Comité de la nature sauvage de l’Ouest canadien.

Des conclusions détournées

Aucun individu ni aucune organisation n’a fait quoi que ce soit d’illégal. En effet, ils ont exercé leur droit de liberté d’expression , affirme le rapport du commissaire Steve Allan, dévoilé en octobre.

Les groupes accusent Jason Kenney d’avoir détourné les conclusions de Steve Allan dans des déclarations publiques, les publications sur les réseaux sociaux et sur les sites gouvernementaux. La lettre fait référence à plusieurs documents spécifiques.

« Vos déclarations étaient conçues pour miner la réputation et la crédibilité de ces groupes en affirmant faussement que l’enquête a conclu qu’ils répandaient de fausses informations. »

— Une citation de  Extrait de la lettre des huit groupes environnementalistes au premier ministre Jason Kenney

Nous ne sommes pas surpris qu’une organisation qui fait du militantisme politique régulièrement à travers le système judiciaire menace encore une fois de nous poursuivre. Nous allons évidemment répondre vigoureusement, si nécessaire, répond par courriel Harrison Fleming, un porte-parole du premier ministre Jason Kenney.

Les preuves à démontrer

Une poursuite en diffamation doit prouver trois éléments, selon Fred Kozak, avocat en droit des médias et spécialisé en diffamation.

Elle doit prouver que les commentaires offensants identifiaient les plaignants, que les déclarations ont été publiées et qu’elles portent atteinte à la réputation des plaignants.

Ces éléments devraient être assez simples à démontrer, croit M. Kozak. Les commentaires doivent être basés sur la vérité. Souvent, les gens se disputent sur ce qui est un commentaire et ce qui est un fait.

Les groupes environnementalistes affirment qu’ils s’appuient sur leur réputation pour effectuer leur travail. Qu’un leader politique expérimenté dénature délibérément notre travail et fasse des accusations sans fondement est manifestement une manière de miner notre efficacité, dit Tim Gray, d’Environnemental Defence Canada.

Certains groupes ont souffert davantage que d’autres, souligne Keith Stewart, de Greenpeace Canada.

Certains de nos militants ont dû demander de l’aide pour dénoncer, bloquer et supprimer les commentaires haineux de leurs réseaux sociaux. Certains militants plus en vue reçoivent même des menaces de mort régulièrement, déplore-t-il.

Tim Gray affirme que la poursuite a pour but d’empêcher des leaders politiques d’utiliser leur pouvoir pour les intimider.

« Je crois que c’est très dangereux que des leaders politiques occupant des postes importants fassent ce genre de choses à la société civile. Nous voulons simplement que cela s'arrête. »

— Une citation de  Tim Gray, porte-parole d'Environmental Defence Canada

Si ces groupes environnementalistes ancent bel et bien une poursuite, celle-ci pourrait prendre des années à régler en cour, selon l’avocat Fred Kozak.

Avec les informations de La Presse canadienne

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !