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COVID-19 : le Nord-Est de l’Ontario et ses voisins québécois s’enlisent

En réponse à la hausse rapide du nombre de cas de COVID-19 dans le district de Timiskaming, les Services de santé prennent d’autres mesures pour contenir la propagation du virus.

Une femme portant un masque s'adresse à la caméra dans le stationnement d'une épicerie.

Brenda Tepiscon, une résidente Notre-Dame-du-Nord s'inquiète de la recrudescence des cas des deux côtés de la frontière.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Ezra Belotte-Cousineau

Quelque peu épargné durant les derniers mois, voilà que le Nord-Est de l’Ontario se retrouve au sommet de la contamination dans la province.

À une des épiceries de New Liskeard dans le Témiscamingue ontarien, les passants sont bien conscients de la recrudescence des contaminations dans leur secteur.

« Là, j’ai peur de retourner en confinement de la façon dont les choses se déroulent. Et le problème, ce sont toutes ces personnes qui ne sont pas vaccinées. »

— Une citation de  M. Robert, résident de New Liskeard

New Liskeard, un secteur de la municipalité de Temiskaming Shores, se trouve à quelques minutes de voitures de la frontière québécoise. La ville ontarienne et Notre-Dame-du Nord partagent d’ailleurs leur économie.

Mardi, une résidente du Québec, Brenda Tepiscon, faisait justement ses emplettes sur la rive ontarienne.

Selon elle, si les chiffres continuent d’augmenter ainsi, elle croit que la région devrait retourner en confinement.

« Parfois, les gens ne respectent pas les règlements sanitaires, et ça permet à la pandémie de progresser. »

— Une citation de  Brenda Tepiscon, résidente de Notre-Dame du Nord

Le Dr Glenn Corneil, médecin hygiéniste par intérim pour les Services de Santé du Timiskaming (SST) confirme qu’avec un ratio de plus de 170 cas par 100 000 habitants dans la dernière semaine, le district nordique est le secteur le plus touché actuellement dans la province.

« Nous avons besoin de reculer un peu et retrouver les mesures que nous avions au mois de septembre. »

— Une citation de  Dr Glenn Corneil, médecin hygiéniste par intérim pour les Services de Santé du Timiskaming

Jusqu’à 5000 dollars d’amende

À l’instar des bureaux Santé publique Algoma et Santé publique Sudbury et districts, les SST ont annoncé mardi la mise en place de restrictions pour freiner la soudaine hausse de cas de COVID-19 sur son territoire.

Notamment, cette mise à jour exige légalement que toute personne contaminée par le coronavirus ou ayant des symptômes respecte les exigences d’isolement.

Les contrevenants s’exposent à des amendes allant de 800 $ à 5000 $ pour chaque journée ou partie de journée où l’infraction se poursuit.

Fermer la frontière de nouveau ?

De chaque côté, l’idée de refermer la frontière n’est pas appréciée comme en témoigne Édith Coderre, une résidente de New Liskeard.

« Quand tu fermes la frontière, ça affecte beaucoup de personnes. Plusieurs ont de la famille de l’autre côté, donc tu ne peux plus aller les visiter. »

— Une citation de  Édith Coderre, résidente de New Liskeard
Un véhicule de police sur une route barrée

La frontière entre le Québec et l’Ontario avait été fermée en avril dernier. (archives)

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Cette perspective ne réjouit pas davantage Céline Trudel, qui habite Nédélec, une municipalité voisine de Notre-Dame-du-Nord.

Elle affirme déjà se sentir en confinement. On n’a plus d’activité, plus rien ! lance-t-elle.

Mais pour sa part, limiter les déplacements vers l’Ontario est à nouveau bien nécessaire.

« (Fermer les frontières), oui ce serait une bonne chose. On a pas besoin d’aller magasiner en Ontario, on a tout ce qu’il faut chez nous. »

— Une citation de  Céline Trudel, résidente de Nédélec

Au restaurant Rendez-vous des quinze à Notre-Dame-du-Nord, Réjeanne Manseau, la propriétaire se dit découragée par la situation actuelle de sa région.

La pancarte du restaurant le Rendez-vous des quinze à Notre-Dame-du-Nord alors qu'on peut aussi voir des décorations de Noël sur le devant du restaurant

Réjeanne Manseau, la propriétaire du restaurant Rendez-vous des quinze préfèrerait que la frontière reste ouverte autant que possible.

Photo : Radio-Canada / Ezra Belotte-Cousineau

Mais elle demeure hésitante face à une fermeture frontalière.

« Peut-être pas jusque là. On fait tout pour faire attention : la vaccination, le passeport, j’aimerais ça que ça reste ouvert. »

— Une citation de  Réjeanne Manseau, propriétaire du restaurant Rendez-vous des quinze

Ultimement, c’est une prérogative du gouvernement provincial que de fermer ses frontières avec les provinces voisines, explique le Dr. Corneil des SST.

Ni lui, ni son homologue de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue au Québec, la Dre Omobola Sobanjo, n’ont le pouvoir de fermer ne serait-ce que leur segment de la frontière provinciale.

D’ailleurs, selon la Dre Sobanjo, une telle mesure n’est efficace que si la frontière est complètement étanche, ce qui est complexe, considérant les nombreux liens économiques, d’emplois et familiaux unissant les deux communautés.

Deux femmes devant les caméras pour une conférence de presse

Dre Omobola Sobanjo est médecin-conseil à la direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Millette, Lise

« Fermer la frontière, c’est toujours une mesure de dernier recours. On ne se rend là que s'il n’y a aucun autre moyen. »

— Une citation de  Dre Omobola Sobanjo, médecin-conseil à la direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue

Or, durant l’expérience précédente de fermeture frontalière au mois d’avril 2021, elle confirme avoir reçu plusieurs rapports et témoignages indiquant que des citoyens des deux côtés passaient outre les mesures et circulaient librement en passant par des routes secondaires moins surveillées.

Collaboration entre voisins

Cependant, la médecin conseil de l’Abitibi-Témiscamingue note que sa région doit prendre en considération les décisions et mesures qui se prennent de l’autre côté de la frontière, sans toutefois pouvoir participer au processus décisionnel.

Mais rassurante, elle confirme que la collaboration et l’échange d’informations sont efficaces entre son équipe et celle des SST. Le Dr. Corneil abonde dans le même sens.

« Oui c'est un facteur de risque pour Notre-Dame[-du-Nord] ce qui se passe ici, puis l'inverse aussi. Il y a tellement d'associations entre nos communautés que c'est comme une section de notre district. »

— Une citation de  Dr Glenn Corneil, médecin hygiéniste par intérim pour les Services de Santé du Timiskaming

Toutefois, la Dre Sobanjo rappelle que les différentes mesures pour faire face à la pandémie ne sont pas les même d’une province à l’autre, ce qui peut entraîner des problèmes.

Elle souligne qu’à l'heure actuelle, les mesures sont plus permissives en Ontario.

« Une personne voyant qu’il n’y a aucune activité intéressante à faire en Abitibi-Témiscamingue pourrait décider d’aller en Ontario où c'est plus permissif. On doit vivre avec ces enjeux. »

— Une citation de  Dre Omobola Sobanjo, médecin-conseil à la direction de la santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue

Cependant, la Dre Sobanjo affirme que la majorité de ses concitoyens respectent les règles et elle souligne d’ailleurs se fier à leur bonne volonté pour endiguer cette recrudescence de contamination des deux côtés du lac Témiscamingue.

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