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3e lien « carboneutre » : farfelu selon les oppositions, Bonnardel persiste

Québec veut compenser les GES générés durant la phase de construction par la plantation d'arbres et l'achat de crédits carbone.

François Bonnardel lève les yeux.

Le troisième lien sera un projet carboneutre, promet le ministre François Bonnardel. (Archives)

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Les partis d'opposition qualifient de « farfelue » et de « sottise de niveau olympique » l'affirmation selon laquelle la construction du tunnel Québec-Lévis serait « carboneutre », comme le prétend le ministre des Transports, François Bonnardel.

Les adversaires politiques de la Coalition avenir Québec ne se sont pas fait prier mercredi pour réagir à la lettre ouverte diffusée la veille par le ministre Bonnardel.

Dans son texte prenant la défense du Réseau express de la Capitale (REC), incluant le tramway de Québec et le troisième lien, il a déclaré que la construction du tunnel de 8,3 kilomètres sous le fleuve serait elle-même carboneutre. Les faits sont les faits, a-t-il insisté.

Quand j'ai entendu ça, j'ai pensé que c'était une blague, a réagi la cheffe libérale Dominique Anglade, mercredi matin. C'est absurde de penser que la construction du tunnel peut être carboneutre, a-t-elle ajouté, accusant le gouvernement de pelleter des nuages dans le dossier du troisième lien.

Le tunnel sera aménagé sur deux étages avec un total de six voies de circulation, dont deux réservées au transport en commun.

Les partis d'opposition ont tourné en ridicule la prétention du gouvernement voulant que la construction du troisième lien serait carboneutre. (Archives)

Photo : Gouvernement du Québec

Les chiffres, demande Québec solidaire

Ça m'apparaît absolument farfelu, a pour sa part réagi Sol Zanetti, député de Québec solidaire. Le représentant de Jean-Lesage a rappelé les grands principes de la carboneutralité, lesquels consistent à d'abord réduire au maximum les émissions de gaz à effet de serre (GES) et, en dernier recours, à les compenser.

Si on veut réduire les GES, il faut juste mettre une croix sur le projet, a-t-il asséné. Il a également demandé à voir les estimations de production de GES que pourrait générer la construction du tunnel sous-fluvial. Ces calculs doivent selon lui être estimés par des sources indépendantes.

Il aimerait par la suite avoir en main le plan de compensation du gouvernement. J'aimerais avoir la quantité de GES estimée, et de voir la quantité d'arbres qu'il faudrait pour compenser et sur quelle superficie.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon à sa conférence de presse à l'Assemblée nationale.

Le chef péquiste Paul St-Pierre Plamondon.

Photo : Geneviève Tardif

Au Parti québécois, le chef Paul St-Pierre Plamondon taxe le gouvernement Legault d'avoir un déficit de crédibilité. Selon lui, la déclaration du ministre Bonnardel se range parmi les sottises de niveau olympique.

Le ministre des Transports prend selon lui la population pour des valises en affirmant que le projet de tunnel est bon pour l'environnement.

« Le troisième lien est indéfendable sur le plan environnemental, il est indéfendable sur le plan financier. »

— Une citation de  Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

Il estime que le gouvernement est présentement poussé dans ses derniers retranchements dans le dossier du troisième lien, assimilant la récente sortie du ministre à une stratégie de communication marketing.

Le cabinet surpris

Devant l'avalanche de réactions mercredi matin, François Bonnardel a gardé le cap et s'est montré plutôt surpris par les moqueries des partis d'opposition. Son cabinet a notamment rappelé que la carboneutralité est visée pour tous les projets de plus de 100 millions de dollars au ministère des Transports du Québec (MTQ).

En entrevue à Radio-Canada, il a cité l'exemple de l'échangeur Turcot, dont le projet de requalification, au coût de 4 milliards de dollars, s'est avéré carboneutre. On a dû planter 9000 arbres pour compenser les GES créés, a-t-il souligné.

Alors quand je vois les oppositions déclarer que c'est absurde, que c'est ridicule que ça ne se peut pas, pourtant, on le fait déjà au MTQ depuis quelques années déjà. Il n'y 'a rien de nouveau dans le cas du tunnel Québec-Lévis, c'est déjà identifié dans l'étude d'impact, a répliqué le ministre.

Plus tôt aujourd'hui, le cabinet du ministre avait précisé sa stratégie de compensation pour le tunnel Québec-Lévis.

La carboneutralité, ça s’accomplit en trois temps : on réduit les émissions, on les limite, puis on les compense en dernier lieu par le biais de la plantation d’arbres et l’achat de crédits carbone, notamment. C’est ce qu’on prévoit faire pour le tunnel, et d’ailleurs c’est déjà prévu au budget de contingence, a énuméré Claudia Loupret, attachée de presse du ministre Bonnardel.

Le cabinet n'a pour le moment fourni aucune donnée sur les estimations de GES produit par la construction du tunnel, référant Radio-Canada au MTQ.

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