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Un syndicat de CPE obtient un mandat de grève illimitée

Des travailleuses de CPE réunies dans une salle du Centre des congrès de Québec.

La FIPEQ a tenu mercredi des assemblées générales simultanées à Québec (photo), Montréal, Laval, Boucherville, Rouyn-Noranda et Sherbrooke.

Photo : Radio-Canada

La Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) a obtenu mercredi le mandat de grève générale illimitée qu’elle sollicitait auprès de ses membres. Le syndicat entend utiliser cet outil pour amener le gouvernement Legault à offrir de meilleurs salaires à l’ensemble des travailleuses des centres de la petite enfance (CPE).

Les membres de la FIPEQ ont voté à 91,2 % en faveur d’un mandat de grève générale illimitée lors d’une assemblée générale nationale. Environ 3200 syndiquées avaient été appelées à se prononcer sur la mesure.

Le vote des membres de la FIPEQ survient au moment où les négociations avec le gouvernement Legault visant à renouveler leur convention collective, échue depuis 18 mois, font du surplace.

Les discussions achoppent principalement sur la question des salaires. Québec propose des augmentations allant de 20 à 24 % pour les éducatrices, mais des hausses maximales de 9,3 % pour le personnel de soutien responsable de l’administration, des cuisines et de l’entretien.

Envoyer un message fort

Avant l’ouverture du vote, la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon, avait invité ses membres à envoyer un message fort au gouvernement. Selon elle, l’obtention d’un mandat de grève générale illimitée à utiliser au moment jugé opportun est le seul moyen d’amener Québec à bonifier ses offres.

Sans un mandat de grève générale illimitée, le gouvernement ne bronchera pas. Nous sommes face à un mur à la table de négociations, a dénoncé Mme Grenon.

Valérie Grenon en conférence de presse.

Valérie Grenon affirme que les demandes de la FIPEQ visent à assurer l’avenir du réseau des CPE.

Photo : Radio-Canada

Les discussions entre la FIPEQ et le gouvernement doivent reprendre jeudi. Avant de déclencher une grève générale illimitée, Valérie Grenon affirme que son organisation est prête à donner une chance aux négociations, mais que sa patience n’est pas illimitée. Le dossier devra être réglé avant Noël, prévient-elle.

Mon équipe de négociation a le mandat de régler [le dossier]. Il va falloir, par contre, être deux pour danser. Donc, il va falloir que le gouvernement arrive avec autre chose que [ce qu’il a proposé] vendredi passé pour qu'on puisse régler [ça] demain [jeudi], a insisté la présidente du syndicat.

Reconnaissance

La FIPEQ estime que toutes les travailleuses de CPE, qu’elles soient éducatrices spécialisées ou employées de soutien, doivent être reconnues à leur juste valeur, d'autant que leurs tâches se complexifient avec les années.

C’est entre autres le cas des responsables de l’alimentation, pour qui la gestion des allergies alimentaires et autres intolérances représente un casse-tête qui ne cesse de se complexifier.

Des travailleuses de CPE manifestent devant des bureaux du gouvernement à Montréal.

Les travailleuses affiliées à la CSQ, à la CSN et à la FTQ observent des journées de grève dans plusieurs CPE du Québec tout au long de la semaine.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

J'appelle [ça] mon mur des célébrités. J'ai à peu près 20 feuilles sur mon mur, des spécificités d'aliments, d'intolérance à suivre tous les jours, confie en entrevue à Radio-Canada Annie Santerre, responsable de l’alimentation au CPE La Libellule, à Lévis.

On fait la différence

Elle affirme que les employées de soutien font partie de la famille des CPE, au même titre que les éducatrices spécialisées, et qu’elles méritent d’être reconnues à part entière en recevant les mêmes hausses salariales.

« On fait la différence, puis les parents sont très conscients, quand ils apportent leur enfant au CPE, qu'ils sont entre de bonnes mains avec nous, les responsables à l'alimentation. »

— Une citation de  Anne Santerre, responsable de l’alimentation au CPE La Libellule

Si l’on en croit la présidente du Conseil du Trésor, Sonia LeBel, le gouvernement Legault ne semble pas disposé à acquiescer aux demandes de la FIPEQ liées aux conditions de travail du personnel de soutien.

On ne pourra pas être en mesure d'offrir la même hauteur, la même capacité d'augmentation pour tous les secteurs du CPE, a prévenu la ministre responsable de l’Administration gouvernementale.

Sonia LeBel lors d’une mêlée de presse dans les couloirs de l’Assemblée nationale.

Sonia LeBel a rappelé que son gouvernement n’avait pas l’intention d’offrir les mêmes augmentations de salaire à l’ensemble du personnel des CPE.

Photo : Radio-Canada

En plus d’obtenir des hausses salariales supérieures à l’augmentation du coût de la vie pour l’ensemble de ses membres, la FIPEQ réclame une augmentation du salaire d’entrée des éducatrices afin d’attirer la relève.

Le syndicat demande également une diminution de la surcharge de travail immense des intervenantes en petite enfance. Selon lui, cela passe notamment par du soutien dans l’accueil et l’intégration des enfants ayant des besoins particuliers.

Jeudi, ce sera au tour des 11 000 travailleuses de CPE affiliées à la CSN de se prononcer sur l’octroi d’un mandat de grève générale illimitée.

Avec la collaboration de Colin Côté-Paulette et Sébastien Tanguay

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