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Edmonton lance la première unité d’enquête sur la cruauté animale au Canada

Des chiots dans une cage.

Les usines à chiots font partie des enquêtes de l'unité policière. Ces 72 chiens bichon havanais ont été retrouvés dans une usine à chiots alléguée de la capitale albertaine.

Photo : Alberta Animal Rescue Crew Society

Radio-Canada

Le Service de police d'Edmonton a lancé la première unité au Canada consacrée à l'enquête de comportements violents envers les animaux de compagnie et les animaux domestiques.

Des recherches démontrent un lien sans équivoque entre la cruauté animale, la violence domestique et la maltraitance d’enfants ou de personnes âgées, affirme la sergente d'état-major Anna Sinclair dans un communiqué.

Les délinquants qui font preuve de cruauté envers les animaux sont plus susceptibles de commettre d’autres crimes contre des personnes et la société en général, ajoute-t-elle.

Ilka Cunningham, une policière qui fait partie de la nouvelle unité, travaille avec son collègue Ted Dyck. Elle s’est intéressée initialement aux enquêtes sur la cruauté animale par amour des animaux et des défis de ce type d’enquête, mais elle s'est vite rendu compte que cela ne s'arrêtait pas là.

Nous avons réalisé que cela englobait une perspective plus large. Nous avons rapidement vu qu'il y avait un lien entre la maltraitance des enfants et la violence domestique, indique-t-elle.

Les deux policiers de l'Unité d’enquête sur la cruauté animale ont des années d’expérience dans le domaine. Ils ont aussi formé des collègues de l'EPS à propos de ce type d’enquête et de son lien avec des comportements criminels plus larges.

L’Unité travaillera aux côtés du Centre de soins et de contrôle des animaux d'Edmonton, ainsi qu'avec des vétérinaires et des procureurs de la Couronne.

L'EPS a enquêté sur plus de 400 signalements de cruauté animale l’année dernière. Les crimes allaient de négligence grave et de privation de nourriture à l'exploitation d’usines à chiots en passant par la bestialité. 

Il y a eu 270 enquêtes de violence envers les animaux en 2017.

« Le Canada rattrape enfin son retard »

Selon le policier Ted Dyck, cette initiative attire l’attention des municipalités à travers le pays.

La population d’Edmonton serait consternée d’apprendre les [détails des] cas sur lesquels nous avons enquêté, dit-il. Les personnes font des choses sinistres et odieuses aux animaux.

Les agents de contrôle des animaux peuvent faire respecter les règlements municipaux, mais il faut faire appel à la police pour faire appliquer la loi provinciale sur la protection des animaux et des autres infractions du Code criminel, précise Ilka Cunningham. 

Nous menons beaucoup d'enquêtes conjointes avec eux [...] Dès que le seuil du comportement criminel est atteint, nous devenons les enquêteurs principaux de l’affaire, précise-t-elle. 

Ce procédé unique en son genre au Canada est utilisé depuis longtemps aux États-Unis et en Europe, selon Ilka Cunningham.

Le Canada rattrape enfin son retard, se réjouit-elle. Nous reconnaissons qu'il y a un lien entre la cruauté animale et les autres types de violence, et c'est la raison principale de cette initiative.

Parmi les autres crimes liés à la cruauté animale figurent des meurtres, des agressions sexuelles ou des incendies volontaires, peut-on lire sur le site Internet de l’EPS. (Nouvelle fenêtre)

Le gouvernement albertain a obligé les vétérinaires à faire un signalement s'ils ont des soupçons en matière de violence envers les animaux en 2019. L’Association vétérinaire des petits animaux d’Edmonton a alors lancé une pétition pour demander à la police de créer une unité spéciale pour ce type de crime en réaction à cette nouvelle exigence.

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