•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La sonde DART de « défense planétaire » est partie chasser un astéroïde

Lancement d'une fusée

La mission DART (fléchette, en anglais, et acronyme de Double Asteroid Redirection Test) a décollé depuis la base californienne de Vandenberg, dans la nuit de mardi à mercredi, à bord d’une fusée Falcon 9 de Space X.

Photo : Associated Press / Bill Ingalls

Agence France-Presse

C'est un scénario digne d'Hollywood, et pourtant bien réel. La NASA a fait décoller dans la nuit de mardi à mercredi une mission inédite. En projetant un vaisseau à 24 000 km/h contre un astéroïde, elle espère en modifier sa trajectoire et ainsi aider l'humanité à se protéger d'une potentielle collision à l'avenir.

La mission, baptisée DART (fléchette, en anglais, et acronyme de Double Asteroid Redirection Test), a décollé depuis la base californienne de Vandenberg à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX, à 1 h 21, dans la nuit de mardi à mercredi.

Astéroïde Dimorphos, nous venons vous chercher, a tweeté la NASA après le lancement.

Quelques heures avant le décollage, les conditions météo restaient favorables pour un lancement à l'heure prévue, avait signalé SpaceX.

Ce test sera historique, a déclaré lors d'une conférence de presse Tom Statler, scientifique de la NASA participant à cette mission.

« Pour la première fois, l'humanité va changer le mouvement d'un corps céleste naturel dans l'espace. »

— Une citation de  Tom Statler, scientifique de la NASA qui participe à la mission DART

Il ne s'agit que d'une répétition générale, l'astéroïde visé ne représentant en rien une menace pour la Terre. Mais l'objectif est pris très au sérieux par l'agence spatiale américaine.

Elle répertorie actuellement un peu plus de 27 500 astéroïdes de toutes tailles proches de la Terre et aucun d'entre eux ne représente une menace dans la centaine d'années à venir, a rassuré Thomas Zurbuchen, directeur pour les missions scientifiques à la NASA.

Les experts estiment qu'ils n'ont connaissance que de 40 % des astéroïdes mesurant 140 mètres et plus – ceux capables de dévaster une région entière –, la majorité restant encore à découvrir. L'idée est donc de développer une technique pour s'en protéger en cas de menace future.

Le vaisseau de la mission est plus petit qu'une voiture et flanqué de deux longs panneaux solaires. Il doit frapper à l'automne prochain, dans environ 10 mois, un astéroïde de la taille d'un terrain de football (environ 160 mètres de diamètre), qui sera alors situé à 11 millions de kilomètres de la Terre.

L'astéroïde s'appelle Dimorphos et est en fait une lune, en orbite autour d'un astéroïde plus grand, nommé lui Didymos (780 mètres de diamètre).

Pour faire le tour du gros astéroïde, Dimorphos met actuellement 11 heures et 55 minutes. Les scientifiques s'attendent à réduire son orbite d'environ 10 minutes.

Sur un fond noir et étoilé, un engin spatial de forme cubique, muni de deux panneaux solaires, s'approche d'un astéroïde aux formes inégales.

Illustration de la sonde DART, de la NASA, s'approchant de l'astéroïde binaire Didymos-Dimorphos.

Photo : NASA/Johns Hopkins APL/Steve Gribben

C'est un très petit changement, mais cela pourrait être tout ce dont nous avons besoin pour dévier un astéroïde ayant une trajectoire de collision avec la Terre, si nous avions un jour à le faire, à condition que nous découvrions cet astéroïde assez tôt, a expliqué Tom Statler.

L'effet exact qu'aura l'impact n'est pas connu pour le moment, car il dépend notamment de la composition de l'astéroïde.

C'est ce changement de trajectoire précis, qui sera ensuite mesuré avec des télescopes depuis la Terre, que les scientifiques veulent déterminer. Les résultats serviront aux calculs pour aider à définir, à l'avenir, quelle masse doit être projetée contre un type d'astéroïde donné pour provoquer une déviation suffisante.

Dimorphos est-il fait de roches solides ou plus poreuses? Les scientifiques n'en savent rien, et l'astéroïde n'apparaîtra sur les images transmises par le vaisseau qu'une heure seulement avant la collision. Sa forme, ronde ou oblongue, ne sera claire que deux minutes avant.

Puis l'explosion, et le silence radio.

Les images suivantes viendront d'un petit satellite développé par l'Agence spatiale italienne. Il sera lâché par le vaisseau principal 10 jours avant l'impact.

Trois minutes après la collision, il survolera Dimorphos, afin d'observer l'effet du choc et, avec un peu de chance, le cratère à la surface.

L'orbite du gros astéroïde Didymos autour du Soleil pourrait aussi être légèrement modifiée, du fait de la relation gravitationnelle avec sa lune. Mais tellement peu que le changement ne pourra pas être mesuré. Aucune chance donc que l'astéroïde soit placé sur une nouvelle trajectoire possiblement dangereuse pour la planète bleue.

Le coût total de la mission – la première interplanétaire lancée par la société d'Elon Musk pour la NASA – est de 330 millions de dollars.

D'autres techniques sont envisagées pour dévier un astéroïde. Par exemple en procédant à une explosion nucléaire près de l'un d'eux, non pour le détruire, mais pour en dévier par ricochet la trajectoire. La force gravitationnelle d'un vaisseau, volant proche d'un astéroïde durant une longue période, pourrait aussi être utilisée.

La technique testée ici, dite à impact cinétique, est de loin la plus mature. À condition qu'elle fasse ses preuves lors de cet essai.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !