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Immobilier en Ontario : les premiers acheteurs en déroute

Point de vue sur le centre-ville de Toronto avec des constructions au premier plan

Les propriétés de la grande région de Toronto seraient de plus en plus la cible des investisseurs. (Archives)

Photo : La Presse canadienne / Cole Burston

Radio-Canada

Les investisseurs professionnels représentent maintenant plus de 25 % des acheteurs de maisons en Ontario. Ce scénario fait inévitablement grimper les prix et rend la propriété inaccessible aux premiers acheteurs, préviennent des experts.

Il s’agit d’une situation affolante pour bien des gens qui habitent la grande région de Toronto.

Il y a cinq ans, lorsque le mari de Tehmeema Safdar a obtenu un poste de chercheur médical à Toronto, elle s’est mise à rêver de la possibilité de s’installer dans la Ville Reine.

Un portrait de Tehmeena Safdar.

Tehmeena Safdar affirme que sa famille et elle pourraient quitter la région.

Photo : Radio-Canada / Farrah Merali/CBC News

La mère de trois enfants âgée de 43 ans affirme que bien des gens l’ont encouragée à s’installer à Toronto. Allez à Toronto, c'est un endroit sympa, disaient-ils.

Ces rêves se sont lentement évanouis : depuis leur déménagement d'Edmonton, ils sont locataires. La famille a dû déménager trois fois. Ils louent actuellement une maison à Oshawa. Et ils considèrent quitter la région.

Mme Safdar affirme que sa famille et elle se serrent la ceinture sans cesse, mais qu’ils sont incapables d’acheter un logement. Depuis leur arrivée, disent-ils, les prix montent en flèche.

Chaque fois que nous recevons de l'argent - suffisamment pour acheter une maison - les prix augmentent à nouveau, a déclaré Mme Safdar en entrevue à CBC News.

Une moyenne de 1 155 345 $

L'histoire de Mme Safdar n'est pas unique. Selon le Toronto Regional Real Estate Board [TRREB, Chambre immobilière de la région de Toronto, traduction libre], le prix de vente moyen de tous les logements combinés a augmenté de 19,3 % depuis novembre 2020 pour atteindre 1 155 345 $.

Et alors que les prix montent en flèche, des données récentes indiquent que les personnes qui possèdent plus d'une propriété en Ontario représentent plus de 25 % des acheteurs de la province.

C'est une réalité que Jermaine L. Murray, 31 ans, connaît bien.

Il ne cherche pas une propriété pour lui-même, mais plutôt pour sa mère. Elle prendra sa retraite prochainement et elle doit s'occuper de sa sœur, qui a des besoins spéciaux. Elle a dû vendre sa maison à la suite d'un divorce il y a quelques années.

La question n'est donc pas de savoir si elle peut se permettre d'acheter une maison : elle ne le peut tout simplement pas, explique-t-il.

Un portrait de Jermaine L. Murray au centre-ville de Toronto.

Jermaine L. Murray explique que sa mère ne pourra pas se permettre d'acheter son propre logement.

Photo : Radio-Canada / Farrah Merali/CBC News

M. Murray a deux emplois : un comme recruteur technique et un comme coach de carrière. Mais même avec ses deux revenus, il explique être incapable d’acheter sa propre propriété.

[Le marché] est impitoyable. C'est déchirant. J'en perds le sommeil.

Des données récentes publiées par Teranet dans son rapport trimestriel montrent que, entre janvier et août 2021, plus de 25 % des transactions immobilières ont été complétées par des personnes out des entreprises qui ont déjà plus d’une propriété.

C'est inhabituel dans le sens où les investisseurs constituent désormais le plus grand segment d'acheteurs en Ontario. Ils dépassent donc les premiers acheteurs, ils dépassent le nombre de personnes qui déménagent. Ils constituent donc le segment le plus important , a déclaré John Pasalis, président de Realosophy Realty.

Selon M. Pasalis, la tendance n'est pas surprenante, étant donné la rapidité avec laquelle le marché s'est accéléré.

Ils poussent les prix des maisons plus haut qu'ils ne devraient l'être, a-t-il déclaré.

La tendance est également préoccupante pour Ron Butler, l'un des fondateurs de Butler Mortgage.

Je pense que nous approchons des moments de désespoir chez certaines familles qui cherchent à acheter une maison en Ontario.

M. Butler dit qu'il aimerait que les trois niveaux de gouvernement interviennent pour endiguer le comportement des investisseurs avant qu'il ne soit trop tard.

[La situation qui prévaut] va soit entraîner un changement générationnel de personnes quittant la province, soit entraîner éventuellement une sorte de détérioration des prix qui va prendre beaucoup de gens au dépourvu.

Quant à Mme Safdar, elle affirme être prête à quitter la ville - pour de bon cette fois. Elle affirme espérer trouver une communauté qu'elle puisse considérer comme son foyer et de créer une certaine stabilité pour ses enfants.

Il ne s'agit pas seulement d'acheter une maison. Il y a des émotions, aussi.

Avec les informations de CBC News

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