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Réanimé sept fois plutôt qu’une, il n’en conserve aucune séquelle

Un homme âgé joue de la guitare aux côtés de sa femme qui sourit.

Jean-Paul Roy et son épouse Marguerite Fréchette

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Le voir chanter et gratter sa guitare de façon si énergique est presque invraisemblable lorsqu’on apprend que Jean-Paul Roy vient à peine de quitter l’hôpital où il a passé 35 jours. L’homme de 68 ans raconte qu’il a dû être réanimé à sept reprises avant de subir une intervention cardiaque qui lui a sauvé la vie. Il s’en tire sans séquelle.

Ma femme aime bien me présenter en disant : c’est mon nouveau mari version 2.0, il est mort sept fois ! [rires] Dans ce temps-là, les gens se redressent et écoutent, sourit l’homme qui s’émeut chaque fois qu’il prend un moment pour réfléchir à la chance qu’il a d’être toujours en vie.

Sans l’intervention rapide d’une femme qui lui a prodigué les premiers soins, il n’aurait manifestement jamais raconté son histoire. Le 13 octobre, lors de son habituelle promenade à vélo, sa route a bien failli prendre fin de façon définitive sur le chemin de la Vallée-du-Parc.

J’ai téléphoné à Marguerite [son épouse] parce que là, ça ne feelait pas. Je me suis assis dans la cour de la madame où ça s’est passé. J’ai un souvenir que je vois arriver le Subaru et après ça, blackout total. Je ne sais pas ce qui s’est passé, tout ce que je sais, c’est ce qu’elle m’a raconté, explique l’homme.

Jean-Paul Roy souriant à la caméra.

L’homme de 68 ans a dû être réanimé à sept reprises avant de subir une intervention cardiaque qui lui a sauvé la vie.

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Jean-Paul Roy était visiblement mal en point. Marguerite Fréchette venait de mettre sa bicyclette en sécurité et revenir à sa voiture lorsque son conjoint s’est écroulé, victime d’un arrêt cardiaque.

Il a crié durant au moins 10, 15 secondes, les deux poings fermés, très, très serrés, comme pour se battre. J’arrête l’auto et je fais le tour, je vais sur son côté. Je lui dis Jean-Paul, reste avec moi. C’est un stress terrible. Je l’ai vu. Il a perdu connaissance et quelques secondes après, il avait les yeux entrouverts… c’était terminé. J’ai dit à Cristelle : vite, appelle les secours et viens m’aider.

Une formation qui lui a sauvé la vie

Cristelle, c’est celle qui lui a sauvé la vie. Elle préparait le repas pour ses trois enfants lorsque Marguerite Fréchette, qui était pour elle une parfaite inconnue jusqu’à ce moment, a frappé à sa porte pour demander de l’aide.

Il fallait le sortir de sa voiture. Mon fils a demandé au voisin de venir m’aider. On l’a tiré en dehors du véhicule. Il n’y avait plus de pouls, plus de respiration. J’ai commencé les compressions. Une chance que j’avais mon cours!, explique Cristelle Sénécal-Ayotte.

Dans ce secteur reculé, les ambulanciers ont mis une dizaine de minutes à arriver.

Avec le temps qui s’est écoulé, je savais que si les compressions n’avaient pas été efficaces, il aurait des séquelles. Maintenant que je sais qu’il va bien et qu’il n’a aucune séquelle au cerveau, ce qui est un miracle, là, je me donne une méchante tape dans le dos. Je suis fière de moi, lance avec beaucoup d’émotions celle qui s’est depuis inscrite à une formation de révision des acquis en premiers soins et réanimation cardiaque.

Se battre grâce aux enfants

Lorsqu’on lui parle d'Aleck, Tobias et Éthan Sénécal-Lamarre, les larmes coulent sur le visage de Jean-Paul Roy. Les trois frères de 2, 5 et 7 ans, témoins de la scène, lui ont fabriqué des cartes et des dessins qui ont été livrés à la chambre d’hôpital de l’homme de 68 ans.

On a aussi fait un vidéo. On a envoyé plein d’amour pour lui, explique l’enfant de sept ans.

Une femme souriante accompagnée de trois enfants.

Cristelle Sénécal-Ayotte et ses enfants Tobias, Aleck et Éthan Sénécal-Lamarre

Photo : Radio-Canada / Josée Ducharme

Jean-Paul Roy a été profondément touché et dit que ce petit geste a été très significatif à ses yeux. Il y puisait l’énergie dont il avait besoin pour retrouver sa santé.

« La vie ne tient pas sur du solide. Il faut prendre le temps d’apprécier les choses. Quand les ambulanciers ont réussi à me stabiliser, l’un d’entre eux a dit à ma femme : ce monsieur-là veut vivre… »

— Une citation de  Jean-Paul Roy

Et il avait raison.

Jean-Paul Roy, qui croit fortement en Dieu, s’estime miraculé.

Il n’a conservé aucune séquelle. La seule chose qu’il a perdue, c’est sa moustache. C’est une grosse séquelle, mais il paraît que ça peut se réparer, a rigolé sa conjointe pour qui les célébrations de Noël auront une saveur bien différente cette année.

Cristelle, son conjoint et leurs trois enfants ont d’ailleurs promis d’aller les visiter lors de cette journée spéciale pour chanter quelques cantiques, dit Éthan, mais aussi prendre des nouvelles de son état de santé.

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