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Les retards en lecture ne sont pas nouveaux à Cap-Pelé, selon un directeur d’école

Des jeunes du primaire écoutent l'enseignant faire la lecture d'un roman.

Le manque de personnel a un impact sur l'apprentissage des élèves.

Photo : Radio-Canada

À l’École Donat-Robichaud de Cap-Pelé, dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, les élèves maitrisent de moins en moins bien la lecture en français. Le directeur de l'école remarque une diminution flagrante de leurs capacités, mais précise que ces défis existaient bien avant la pandémie.

L’enseignante en francisation à l’école, Vanessa Ringuette, s’inquiète du retard observé chez les élèves. En ce moment en deuxième année, c’est là qu’on est en train de réaliser qu’on est à des niveaux de lecture qu’on n’a jamais vu en deuxième année, explique-t-elle.

Les enseignants doivent donc mettre les bouchées doubles. Ils doivent rattraper la matière de l’année précédente tout en essayant d’enseigner aux élèves ce qui est prévu au programme.

Les statistiques rendues publiques par le District scolaire francophone Sud – qui montrent qu'environ la moitié des élèves entre la 1ère et la 4e année n'atteignent pas les niveaux attendus – n’ont pas surpris le directeur Jolyn Thériault.

« Ce n’est pas pour trouver des excuses, mais ça ne date pas de la pandémie ou de la grève qu’on a des résultats un peu médiocres. »

— Une citation de  Jolyn Thériault, directeur de l'École Donat-Robichaud
Le directeur de l'École Donat-Robichaud, Jolyn Thériault.

Le directeur de l'école, Jolyn Thériault, croit que la situation existait bien avant la pandémie.

Photo : Radio-Canada

Sur 298 élèves, 48 d’entre eux sont issus de familles immigrantes et n'ont pas le français comme langue maternelle. Selon Christine Cormier, agente de liaison famille-école pour le District scolaire francophone Sud, la pandémie a eu un impact important sur l’apprentissage de ces jeunes.

Dans plusieurs cas, l’école était le seul endroit où les enfants pouvaient parler le français.

« C’est sûr que la pandémie n’a pas aidé parce que les familles se sont retrouvées dans des situations avec l’apprentissage en ligne. [...] Certaines familles ne pouvaient tout simplement pas comprendre les consignes données en français, ou n’avaient pas en leur possession les outils technologiques. »

— Une citation de  Christine Cormier, agente de liaison famille-école au District scolaire francophone Sud

Mais le directeur de l’école croit que la problématique date de bien avant la pandémie et ne touche pas que les nouveaux arrivants­.

Il a observé que dans bien des cas, ces nouveaux élèves arrivent à rattraper le niveau des élèves originaires de Cap-Pelé en quelques mois.

« On est dans une province minoritaire. On sait, c’est anglodominant. Nos jeunes, au niveau des médias sociaux, la musique… c’est presque tout en anglais. [...] D’année en année, on ne réussit pas à combler l’écart ou le vide qui existe. »

— Une citation de  Jolyn Thériault, directeur de l'École Donat-Robichaud

Un manque criant de personnel

L’enseignante en francisation Vanessa Ringuette croit que pour arriver à pallier le retard en lecture chez les jeunes, il n'est pas suffisant de miser sur le développement de programmes. Le gros défi est le manque de ressources humaines. Avec les ressources humaines aux bonnes places, on pourrait remédier aux problèmes, mais on n’a pas ces gens-là, déplore-t-elle.

Des élèves qui entrent dans l'École Donat-Robichaud.

Le manque de personnel a un impact le rattrapage de la matière chez les élèves de l'École Donat-Robichaud.

Photo : Radio-Canada

En raison d’un manque de personnel à l’école, des employés qui ont été embauchés dans des postes spécialisés doivent plutôt remplacer des enseignants manquants dans des classes.

Au-delà du rattrapage, le directeur Jolyn Thériault tient avant tout à ce que le niveau en lecture de chaque élève s’améliore dans les prochains mois. Il espère avoir les ressources adéquates pour y parvenir.

L’opposition demande un investissement en éducation

Les partis d’opposition à Fredericton disent s’inquiéter de l’état de la littératie chez les jeunes francophones du sud de la province.

Le chef de l’opposition officielle, le libéral Roger Melanson, estime que les enseignants font de leur mieux, mais que les écoles devraient avoir plus de ressources. Si les ressources ne sont pas permanentes, du moins, qu’elles soient temporaires pour rattraper le retard chez ces élèves, propose-t-il.

Selon le député vert Kevin Arseneau une diminution de la maîtrise de la lecture chez les enfants peut avoir des implications à long terme. Il faut des ressources additionnelles, des livres et des gens à temps plein qui se dévouent à la littératie, a-t-il plaidé.

Un porte-parole du ministère de l’Éducation et du Développement de la petite enfance a laissé savoir que des programmes et des outils ont été élaborés afin d’aider les familles et les jeunes à combler les lacunes attribuables à la situation causée par la COVID-19 .

Des discussions ont lieu avec les directeurs des districts scolaires francophones de la province, mais il n’a pas été question d’investissement supplémentaire ou d’efforts de recrutement de personnel.

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