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L’opposition déplore un discours du Trône sans substance

Yves-François Blanchet, qui porte des lunettes, fait la moue.

Au cours d'un point de presse donné dans le foyer de la Chambre des communes, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a critiqué un discours du Trône qui « ne contient pas grand-chose ».

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Un discours du Trône d'une « vacuité considérable » qui rate sa cible et ne répond pas aux besoins de la population : c'est le verdict des partis d'opposition à Ottawa devant les grandes orientations du gouvernement Trudeau exprimées mardi.

Deux mois après des élections générales qui ont donné un Parlement calqué presque à l’identique sur le précédent, l’issue du vote de confiance sur le discours du Trône ne donne cependant lieu à aucun suspense : le gouvernement minoritaire survivra, même si l'opposition dit rester sur sa faim.

L'allocution, qui a fait du contrôle de la pandémie de COVID-19 la grande priorité du gouvernement libéral, a été critiquée surtout pour ce qui ne s'y trouve pas.

En fait, je ne connais aucune raison de voter pour, mais je ne connais aucune raison de voter contre, a résumé le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, en entrevue à ICI RDI. On va laisser aller parce qu’on a appris, avec l’expérience, qu’on est capable d’apporter de bons changements en cours de route.

Pour l'heure, il dénonce un discours dénué d'intentions claires et d'une vacuité considérable, même si, en août dernier, le gouvernement a plongé le Canada en campagne électorale sous prétexte qu'il y avait une urgence de se donner les outils et un mandat pour gérer la sortie de pandémie et d'autres enjeux.

Ça contient des mots clés, des "buzz words" – Autochtones, armes à feu, relance économique, changements climatiques, a énuméré M. Blanchet. Les enjeux sont nommés, mais il n'y a absolument aucune mesure.

« Le discours du Trône ne contient rien et, même lu lentement, il est très court. »

— Une citation de  Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois

Même si le Parti conservateur du Canada (PCC) et le Nouveau Parti démocratique (NPD) s'opposaient au discours du Trône, l'appui des 32 députés bloquistes, alliés pour l'occasion aux 159 libéraux, suffira pour le faire adopter.

Le chef de l'opposition officielle, Erin O'Toole, a déjà indiqué que les troupes conservatrices s'y opposeraient probablement. Il n'y a pas un plan pour l'économie, a-t-il expliqué sur les ondes d'ICI RDI, réclamant une relance économique dans chaque secteur, y compris dans le secteur des ressources naturelles.

Devant un drapeau du Canada, Erin O'Toole, les lèvres pincées, regarde devant lui.

« Les Canadiens méritent un "break" avec notre économie », a soutenu le chef conservateur, Erin O'Toole, après la lecture du discours du Trône.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

Le leader conservateur critique aussi le manque d'actions concrètes pour régler des enjeux comme la crise du coût de la vie, la pénurie de main-d'œuvre ou le taux de chômage très élevé en comparaison avec les pays du G7.

Ce discours du Trône échoue à montrer une vraie vision pour l'avenir, a pour sa part affirmé le chef du NPD, Jagmeet Singh, au cours d'un point de presse donné dans le foyer de la Chambre des communes.

Le gouvernement libéral ne prend pas les moyens pour répondre aux besoins des gens, a-t-il soutenu. Le discours parle de santé, sans toutefois annoncer d'investissements ni d'augmentation du financement des provinces dans ce domaine, a-t-il illustré.

On n'a pas pris une décision [sur] comment on va voter, mais je dis que ce n'est pas un discours du Trône qui montre une volonté de travailler ensemble, a-t-il déclaré, regrettant notamment l'abandon du projet d'assurance-médicaments.

Plaidoyer pour l'environnement

Jagmeet Singh, devant un drapeau du Canada, dans le foyer de la Chambre des communes.

Le chef du NPD, Jagmeet Singh, réagissant au discours du Trône.

Photo : La Presse canadienne / Fred Chartrand

On ne voit pas d'actions urgentes pour faire face à la crise climatique ou un plan pour les travailleurs, a aussi soutenu M. Singh.

On doit éliminer les subventions aux entreprises pétrolières et, dans ce discours du Trône, ils ont complètement oublié de parler de ça, a-t-il ajouté, une préoccupation partagée par le chef bloquiste.

La volonté affichée de mettre un plafond sur les émissions de gaz à effet (GES) des secteurs pétrolier et gazier ne garantit pas un plafond sur la production, a martelé M. Blanchet. Ultimement, ça ne réduit pas les émissions de gaz à effet de serre, ça reste une entourloupette pour continuer à soutenir l'industrie pétrolière par le biais des subventions à la réduction des GES, a-t-il dit.

Ils ne sont pas les seuls à appeler le gouvernement à faire plus.

Si elle a salué les engagements du gouvernement sur les GES et les investissements en transports en commun, Greenpeace souligne cependant l'urgence de la lutte contre les changements climatiques, que le gouvernement sous-estime, selon elle.

« Face à la crise climatique, le gouvernement ne reconnaît toujours pas clairement l'urgence d'éliminer rapidement les combustibles fossiles. »

— Une citation de  Patrick Bonin, porte-parole de la campagne Climat-Énergie de Greenpeace

Dans un communiqué, le responsable de la campagne Climat-Énergie de l'organisation, Patrick Bonin, demande au gouvernement de concrétiser ses engagements climatiques et de déployer des mesures supplémentaires pour relever son ambition et parvenir à une relance juste et verte en réponse à la crise de la COVID-19.

« La Colombie-Britannique est encore sous le choc d'inondations catastrophiques liées aux changements climatiques, et la situation ne fera qu'empirer tant que les émissions ne seront pas réduites à zéro », soutient-il.

Une femme et des enfants naviguent dans une barque lors d'inondations en C.-B.

La Colombie-Britannique a été touchée par des phénomènes de chaleur et de précipitations extrêmes. Sur la photo, une femme et des enfants naviguent dans une barque alors que la ville d'Abbotsford est inondée.

Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

Un appel auquel le Bureau d'assurance du Canada (BAC) a fait écho. La première Stratégie nationale d'adaptation pour prévenir les conditions météorologiques extrêmes comme les inondations, les feux de forêt et les sécheresses, mentionnée dans le discours du Trône, est extrêmement opportune et essentielle.

Le Canada doit accélérer les travaux sur la défense climatique, a réagi le vice-président du BAC, Craig Stewart.

En août dernier, le BAC évaluait que le coût annuel moyen des réclamations pour dommages matériels ou pertes dues aux intempéries avait plus que quadruplé au cours de la dernière décennie, pour atteindre environ 2 milliards de dollars.

Si le discours du Trône reconnaît les menaces convergentes auxquelles le Canada fait face dans les domaines de la santé, du climat, de l’économie et des relations avec les peuples autochtones, il n’a pas présenté de réponse d’urgence cohérente à ces crises interconnectées, a de son côté déploré le Réseau action climat.

Le français peu présent, l'inuktitut utilisé pour la première fois

Le premier ministre Justin Trudeau est assis près de la gouverneure générale Mary Simon, qui prononce le discours du Trône.

La gouverneure générale Mary Simon a prononcé le premier discours du Trône depuis sa nomination, en juillet dernier.

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Dans un communiqué repris sur son compte Facebook, le sénateur conservateur Claude Carignan a par ailleurs critiqué le français très laborieux de la gouverneure générale Mary Simon. Lors de sa nomination, en juillet, plusieurs avaient regretté que Justin Trudeau porte son choix sur quelqu'un qui ne parlait pas français, l'une des deux langues officielles du pays.

Le sénateur estime que moins de 10 % du contenu du discours du Trône était en français.

« Le chef d’État du Canada s’est donc à peine adressé à plus de huit millions de ses concitoyens. Ce discours est une gifle à tous les francophones du Canada. »

— Une citation de  Claude Carignan, sénateur conservateur

L'Association des femmes autochtones du Canada (AFAC) s'est de son côté réjouie de voir Mme Simon, première Autochtone à représenter la monarchie britannique au Canada depuis la création de la fédération canadienne, il y a 154 ans, s'exprimer par moments dans sa langue maternelle, l'inuktitut.

« Le discours du Trône d'aujourd'hui était historique et inspirant pour les femmes autochtones. »

— Une citation de  L'Association des femmes autochtones du Canada, sur Twitter
Avec les informations de La Presse canadienne

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