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Maladie mortelle à Constance Lake : la cause de l’infection toujours inconnue

Un panneau d'accueil affiche le nom de la communauté.

La Première Nation de Constance Lake est située à 40 kilomètres de Hearst, dans le Nord de l'Ontario.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

L’enquête sur l’origine de l’éclosion de blastomycose se poursuit à Constance Lake, une Première Nation du Nord de l’Ontario aux prises avec ce type d’infection fongique.

Au moins trois personnes ayant présenté des symptômes de blastomycose sont décédées et une dizaine d'autres sont hospitalisées.

La cheffe de Constance Lake, Ramona Sutherland a elle-même perdu un cousin. Je n'ai pas le temps de faire mon deuil maintenant, confie celle qui doit répondre aux questions des membres de la communauté et gérer la crise.

Dans une mise à jour mardi après-midi, elle a indiqué qu'une vigile de prière se déroulera en soirée aux quatre coins de la communauté.

Depuis lundi, le Bureau de santé publique de Porcupine, le Conseil tribal de Matawa et un épidémiologiste de l’Agence de la santé publique du Canada sont sur place pour prélever des échantillons de zones possiblement contaminées.

Les échantillons sont acheminés dans un laboratoire de Toronto spécialisé dans les moisissures et les champignons.

Selon les dernières informations de Ramona Sutherland, il y a 24 cas en observation, 9 cas « probables », et au moins 10 personnes hospitalisées à Sudbury, North Bay, Ottawa, Hearst et Timmins.

La blastomycose est une spore fongique trouvée dans l’environnement. Ce minuscule champignon peut causer une infection mortelle des poumons.

La maladie n’est pas transmise d’une personne à l’autre; elle est typiquement transmise lorsqu’un sol contaminé est remué et quand les spores fongiques sont inhalées.

Les patients atteints de la maladie présentent des symptômes similaires à une pneumonie, comme la fièvre, la toux et des difficultés à respirer.

Pour en apprendre davantage : La blastomycose, c'est quoi?

La communauté en attente de réponses

Pour l’instant, la source de blastomycose demeure un mystère et sème l’inquiétude parmi les résidents de la Première Nation.

Il y a beaucoup de variables inconnues et d’anxiété, confie la cheffe.

« C’est une situation très inhabituelle pour notre communauté. »

— Une citation de  Ramona Sutherland, cheffe de la Première Nation de Constance Lake

En conférence de presse lundi, les questions fusaient de toutes parts.

Certains résidents se demandaient s’ils devaient rester à l’intérieur ou être évacués; d’autres se questionnaient sur les mesures à prendre, comme le port d’un masque ou l’annulation de funérailles qui nécessitent le remuement de la terre.

Plusieurs membres de la communauté ont dénoncé une entreprise locale qui aurait brûlé plusieurs débris de bois la semaine dernière.

De son côté, l’entreprise en question estime qu’elle n’a aucun lien avec l’éclosion, et entend collaborer avec l’enquête pour le démontrer.

Deux drapeaux flottent sur un toit avec une couche de neige.

La Première Nation de Constance Lake est enneigée en ce mardi matin de la fin de novembre.

Photo : Radio-Canada / Zacharie Routhier

L'Hôpital Notre-Dame de la ville de Hearst a fermé son bloc opératoire pour la semaine et a mis en place une unité d'observation pour les cas probables de blastomycose ainsi que pour les cas qui font l'objet d'une enquête.

Selon un porte-parole de Services aux Autochtones Canada, l’établissement dispose d’une quantité importante d'antifongiques pour soigner les patients atteints de la maladie. Le ministère fédéral a également envoyé une représentante dans la communauté afin d’évaluer les besoins.

Des conseillers en santé mentale seront également dépêchés dans la communauté dans les prochains jours pour aider ceux qui vivent un deuil ou ressentent de la détresse.

La communauté de Hearst prête à aider

Des résidents de la ville de Hearst, situé à environ 40 km de Constance Lake, se tiennent prêts à accueillir les membres de la Première Nation de Constance Lake en cas d'évacuation.

Le maire de Hearst, Roger Sigouin, explique que sa communauté est très préoccupée par l'éclosion qui afflige la communauté voisine. On veut aider, on attend juste qu'ils nous appellent.

Les relations entre Constance Lake et Hearst ont été tendues par le passé, mais la relation s'est améliorée, note la cheffe Ramona Sutherland en entrevue avec Radio-Canada. Maintenant je suis très reconnaissante que cette tension soit laissée de côté. C'est merveilleux.

Le député néo-démocrate de Mushkegowuk—Baie James, Guy Bourgouin, demande par ailleurs au gouvernement Ford de fournir tout le soutien nécessaire pour aider Constance Lake à faire face à la crise.

Plusieurs théories et peu de réponses

Selon certains spécialistes, la haute concentration de cas au sein d’une même communauté indique qu’il y a un emplacement d’exposition élevée à proximité de la Première Nation.

Or, la période d’incubation de la maladie peut s'étendre de 1 à 3 mois, ce qui complique les efforts de compréhension du moment et de la manière dont les résidents de la communauté ont été exposés aux spores fongiques dangereuses.

Lors d'une séance d'information virtuelle destinée à la communauté lundi soir, un médecin de Services aux Autochtones Canada a supposé que l’exposition a probablement eu lieu lors d’un seul événement, possiblement au printemps dernier, lorsque les conditions météorologiques étaient favorables.

La source de blastomycose demeure inconnue, du moins pour encore quelques jours, le temps que les échantillons soient analysés à Toronto.

La Nation Nishnawbe Aski, une organisation régionale représentant les 49 communautés des Premières Nations des zones des traités 9 et 5 du Nord de l'Ontario, se dit particulièrement inquiète de la situation à Constance Lake.

Ne pas connaître la source des spores fongiques augmente considérablement le risque d'exposition, a fait savoir la NNA par communiqué de presse mardi matin. Ceux qui souffrent de problèmes de santé sont très vulnérables à ce type d’infection, ce qui pose un risque inacceptable pour la communauté.

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