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La blastomycose, c’est quoi ?

Image générique de poumons

La blastomycose s’attaque principalement aux poumons.

Photo : iStock

La blastomycose est de plus en plus observée en Ontario et dans l'Est du pays bien qu'elle demeure une maladie rare.

Il s'agit d'une infection causée par les spores des champignons Blastomyces dermatitidis et Blastomyces gilchristii.

Ce sont des micro-organismes que l’on retrouve dans les sols humides et dans la matière organique en décomposition. Ces minuscules champignons se trouvent principalement dans les régions des Grands Lacs et de la Voie maritime du fleuve Saint-Laurent.

Environ la moitié des infections sont asymptomatiques. Toux, fièvre, difficulté à respirer : la majorité des cas symptomatiques ressemblent à une pneumonie ou à une grippe. La maladie peut finir par se propager à d’autres organes et créer des lésions sur la peau et les os.

Selon Santé Canada (Nouvelle fenêtre), le taux de mortalité oscille entre 0 % et 2 % chez les patients traités alors qu’il est de 42 % chez les personnes non traitées.

L’incubation peut durer entre 2 semaines et 3 mois avant que la personne ne développe des symptômes.

C’est ce qui pousse les experts rejoints par Radio-Canada à affirmer que les résidents de la Première Nation de Constance Lake, aux prises avec une apparente éclosion de blastomycose, y ont été exposés pendant l’été.

La maladie se traite de différentes façons selon l’état du patient, expliquent-ils. La prise d’un antifongique parfois pendant plusieurs mois est le traitement le plus commun.

Le diagnostic se fait généralement grâce à des prélèvements de fluides comme des crachats, de la salive, du sang ou de l’urine. Une radiographie pulmonaire permet d’évaluer l’étendue de l’atteinte.

Mazen Saleh assis dans un buerau

Mazen Saleh, professeur à l'Université Laurentienne, est spécialiste des maladies infectieuses.

Photo : Capture d'écran

Le professeur agrégé au Département de biologie de l'Université Laurentienne, Mazen Saleh, insiste sur l’importance de détecter la maladie tôt.

Il suggère de porter un masque lorsqu’on soupçonne être près d'une source. La blastomycose se transmet très rarement d’une personne à l’autre.

Dans la majorité des cas, il n’y a pas de source d’exposition documentée, explique le microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, Alex Carignan.

Bien que ces champignons vivent dans le sol, leurs spores peuvent voyager sur de longue distance grâce au vent et s'infiltrer dans les eaux usées à partir du ruissellement des eaux de pluie. Cela rend l'identification de la source d'autant plus difficile.

Ces champignons dimorphes se manifestent surtout lors de températures estivales, explique Mazen Saleh. En revanche, ils sont résistants aux changements de température et peuvent survivre sur une longue période.

De plus en plus d'infections

L’incidence de la blastomycose est en hausse en Ontario, surtout dans la région du Nord-Ouest selon une publication du Relevé des maladies transmissibles au Canada (RMTC) datée du 5 octobre 2017 (Nouvelle fenêtre).

Le microbiologiste-infectiologue au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, Alex Carignan, estime que la situation de la Première Nation de Constance Lake est loin d’être unique. Il attribue la hausse de l’incidence aux changements climatiques.

« On en voit de plus en plus en raison des changements climatiques. On voit une incidence des cas qui augmente. On voit aussi la sévérité des cas qui a augmenté au cours des dernières années. »

— Une citation de  Alex Carignan, microbiologiste-infectiologue Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke
Le Dr Alex Carignan.

Le Dr Alex Carignan est microbiologiste-infectiologue et épidémiologiste au CIUSSS de l'Estrie-CHUS.

Photo : Radio-Canada / Crédit photo : Fondation du CHUS

Si vous êtes en présence d’un cas soupçonné ou d’un cas confirmé de blastomycose, il faut le rapporter aux autorités sanitaires. Depuis 2018, la blastomycose se trouve sur la liste des maladies à déclaration obligatoire de l’Ontario, après avoir été retirée préalablement en 1989.

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