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La sonde DART de « défense planétaire » lancée cette nuit

Sur un fond noir et étoilé, un engin spatial de forme cubique, muni de deux panneaux solaires, s'approche d'un astéroïde aux formes inégales.

Illustration de la sonde DART, de la NASA, s'approchant de l'astéroïde binaire Didymos-Dimorphos.

Photo : NASA/Johns Hopkins APL/Steve Gribben

Radio-Canada

La mission DART, qui testera la technologie qui pourrait un jour être nécessaire pour dévier un dangereux astéroïde de sa trajectoire, décollera à 1 h 21 (HE) mercredi depuis la Californie à bord d'une fusée Falcon 9 de SpaceX.

DART (fléchette, en anglais, et acronyme de Double Asteroid Redirection Test) doit permettre à l'humanité d'être prête en cas de menace d'impact à l'avenir, même si aucun astéroïde connu n'est actuellement sur une trajectoire de collision.

Nous ne voulons pas nous retrouver dans une position où un astéroïde se dirigerait vers la Terre, et où nous devrions tester cette technique pour la première fois, a expliqué lors d'une conférence de presse Lindley Johnson, du Département de défense planétaire de la NASA.

La rencontre doit se dérouler dans dix mois. DART frappera alors sa cible située à 11 millions de kilomètres de la Terre, au moment où elle sera le plus près de la Terre.

Un petit coup

En réalité, la cible est double : d'abord un gros astéroïde, Didymos, qui mesure 780 mètres de diamètre, soit deux fois plus que la hauteur de la tour Eiffel.

Et, en orbite autour de lui, une lune, Dimorphos, de 160 mètres de diamètre – plus haut que la statue de la Liberté.

C'est sur cette lune que le vaisseau, environ cent fois plus petit qu'elle, viendra finir sa course, projeté à une vitesse de 24 000 km/h.

L'impact projettera des tonnes et des tonnes de matière.

Mais cela ne va pas détruire l'astéroïde, cela va juste lui donner un petit coup, a expliqué Nancy Chabot, du Laboratoire de physique appliquée de l'Université Johns Hopkins, qui conduit la mission en partenariat avec la NASA.

Ainsi, l'orbite du petit astéroïde autour du gros sera réduite de seulement environ 1 %, a-t-elle affirmé.

Grâce aux observations réalisées par des télescopes sur la Terre depuis des décennies, on sait que Dimorphos fait actuellement le tour de Didymos en 11 heures et 55 minutes exactement.

À l'aide de ces mêmes télescopes, cette période sera de nouveau mesurée après la collision. Elle sera alors peut-être de 11 heures et 45 minutes, ou quelque chose comme ça, a dit la chercheuse.

De combien exactement? Les scientifiques ne le savent pas, et c'est justement ce qu'ils veulent découvrir. De nombreux facteurs entrent en jeu, dont l'angle d'impact, l'aspect de la surface de l'astéroïde, sa composition ou encore sa masse exacte, inconnus jusqu'ici.

De cette façon, si un jour un astéroïde est découvert sur une trajectoire de collision avec la Terre [...] nous aurons une idée de la force dont nous aurons besoin pour que cet astéroïde manque la Terre, a expliqué Andy Cheng, de l'Université Johns Hopkins.

L'orbite autour du Soleil de Didymos, le gros astéroïde, sera également légèrement modifiée, du fait de la relation gravitationnelle avec sa lune, a précisé M. Cheng. Mais ce changement est trop petit pour être mesuré. Donc c'est une expérience très sûre, a-t-il affirmé.

Boîte à outils

Un petit satellite fera également le voyage. Il sera lâché par le vaisseau principal dix jours avant l'impact, et utilisera son système de propulsion pour dévier légèrement sa propre trajectoire.

Trois minutes après la collision, il survolera Dimorphos, afin d'observer l'effet du choc, et possiblement le cratère à la surface.

Le coût total de la mission est de 330 millions de dollars.

Si le test est concluant, nous pensons que cette technique pourra faire partie d'une boîte à outils, que nous commençons à remplir, de manière à dévier un astéroïde, a expliqué Lindley Johnson. Il a, par exemple, cité des méthodes qui pourraient utiliser la force gravitationnelle d'un vaisseau volant proche d'un astéroïde durant une longue période, ou bien l'utilisation de laser.

Mais il a rappelé que la clé était d'abord d'identifier les menaces potentielles. La stratégie est de trouver ces objets non seulement des années, mais des décennies avant tout danger de collision avec la Terre, a-t-il souligné.

Environ 27 000 astéroïdes proches de la planète bleue sont connus à l'heure actuelle.

L'astéroïde Bennu, qui mesure 500 mètres de diamètre, est l'un des deux astéroïdes identifiés de notre système solaire posant le plus de risque pour la Terre, selon la NASA.

Mais d'ici 2300, le risque d'une collision n'est que de 0,057 %.

Avec les informations de Agence France-Presse

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