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Voici comment des physiothérapeutes peuvent aider à réduire l’attente en orthopédie

Gros plan d'une radiographie du genou.

La pandémie a allongé les listes d'attente en orthopédie au Québec.

Photo : Radio-Canada

L’embauche de quelques physiothérapeutes dans une clinique en consultation externe de l’Hôpital Jean-Talon, à Montréal, a permis d’améliorer l’accès aux chirurgiens orthopédistes. Un modèle que certains rêvent d’étendre ailleurs au Québec.

Lorsque Léo Bureau-Blouin s’est présenté en consultation externe pour un suivi médical, à la suite d’une chirurgie du genou, ce n’est pas l’orthopédiste l’ayant opéré qui l’a rencontré, mais plutôt une physiothérapeute.

Pour moi, je pense que l'important, c'était surtout d'avoir accès à un spécialiste qui connaît le genou, qui connaît ma situation, explique l’ex-politicien et leader étudiant.

Ce qui me rassure aussi, c'est que je sais que le médecin n'est pas loin, si jamais il y a des complications, dit-il.

La physiothérapeute Manon Pilon est l’une des cinq professionnelles de la clinique interdisciplinaire d’orthopédie de l’Hôpital Jean-Talon. Elle travaille en pratique avancée, ce qui veut dire qu’elle partage le travail de suivi et de traitement en compagnie des chirurgiens orthopédistes.

On se rend compte que bien des patients n’ont pas besoin de voir un chirurgien orthopédique, mais plutôt d’obtenir des soins pour des blessures musculo-squelettiques, précise Mme Pilon.

Manon Pilon, assise, tient des instruments dans ses mains tandis que Léo Bureau-Blouin l'observe, assis sur la table d'examen.

La physiothérapeute Manon Pilon en compagnie d'un patient, Léo Bureau-Blouin

Photo : Radio-Canada / Davide Gentile

Le Québec compte environ 5700 physiothérapeutes et moins de 400 chirurgiens orthopédistes.

Au cours de notre passage à la clinique, le chirurgien orthopédiste Julio Fernandes n’hésite pas à dire qu’il apprécie ce type de fonctionnement avec sa collègue physiothérapeute.

Ça fait plaisir, parce que ça me libère pour les cas plus complexes. Ça me libère une journée où je peux, par exemple, aller en salle d'opération, explique celui qui est à l’origine de cette clinique unique au Québec.

Professeur titulaire au Département de chirurgie de l’Université de Montréal, le Dr Fernandes y voit un modèle pour améliorer l’accès à l’un des 379 chirurgiens orthopédistes du Québec.

Le Dr Fernandes en entrevue dans un corridor d'hôpital.

Le Dr Julio Fernandes, chirurgien orthopédiste

Photo : Radio-Canada

Il faut dire que, depuis un an, le délai moyen avant d’obtenir un premier rendez-vous s’est allongé de deux mois à 328 jours, la majorité hors délai. Plus de 32 000 requêtes sont en attente. Imaginez [...] si on avait 180 physios : à 2000 patients par année, on verrait 360 000 patients, on pourrait absorber toute la demande de l'année, soutient le Dr Fernandes.

Selon lui, trois patients sur quatre peuvent être traités directement par un physiothérapeute.

Un physiothérapeute masse la jambe de quelqu'un.

Une clinique citée en exemple

Pour François Desmeules, professeur à l’École de réadaptation de l’Université de Montréal et responsable du programme de pratique avancée en physiothérapie, l’exemple de la clinique interdisciplinaire d’orthopédie de l’Hôpital Jean-Talon en est un à suivre.

C'est le premier modèle de pratique avancée qui est implanté dans un hôpital au Québec, avec des physiothérapeutes en pratique avancée qui remplacent des médecins, un peu comme on voit ici avec les infirmières praticiennes spécialisées, explique-t-il.

Il précise qu’en Irlande et en Australie, ces modèles de pratique sont très développés. L’Irlande, qui compte moins de 5 millions d’habitants, a élargi la place des physiothérapeutes, avec beaucoup de succès.

En implantant 25 physiothérapeutes en pratique avancée en Irlande, on a réussi à diminuer les temps d'attente de 50 %, souligne M. Desmeules.

Selon le professeur, on est capables de réduire les coûts de santé pour la prise en charge de ces patients.

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