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Des retards en lecture « extrêmement inquiétants » chez les élèves du N.-B.

Environ la moitié des élèves de la 1re à la 4e année n'atteignent pas les niveaux attendus en lecture.

Gros plan sur un enfant qui regarde un livre ouvert.

De nombreux enfants ont de la difficulté à lire et à comprendre ce qu'ils lisent (archives).

Photo : iStock

Radio-Canada

La pandémie de COVID-19 a eu un impact négatif sur l’apprentissage de la lecture chez les élèves du Nouveau-Brunswick. La professeure Sylvie Blain, spécialiste de l’enseignement de la lecture au primaire, affirme que ces résultats sont « extrêmement inquiétants », même s’ils ne sont « pas surprenants ».

Surtout lorsqu’il est question d’élèves qui viennent de famille exogame et qui sont très peu en contact avec la littératie en français, avec le parler, ainsi que les élèves immigrants, explique Sylvie Blain, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation à l’Université de Moncton.

De nombreux élèves du District scolaire francophone Sud (DSFS) ont d’importantes difficultés en lecture cette année. Des examens menés par le District scolaire montrent qu’environ la moitié des élèves n’atteignent pas le niveau attendu.

Ces résultats sont alarmants et ils se sont aggravés en 2021-2021 par rapport aux niveaux de 2018-2019 (avant la pandémie).

En 2020-2021, 7 % moins d'élèves de première année atteignent le niveau attendu, en deuxième année c’est 5 % de moins. En troisième et en quatrième année, la chute est encore plus importante, avec des baisses de 16 % et 12 %.

Les autres districts scolaires n’ont pas été en mesure lundi de fournir des données sur les capacités en littératie de leurs élèves. Toutefois, Sylvie Blain croit que les résultats seront similaires un peu partout au Nouveau-Brunswick.

L’ajout des ressources est essentiel, selon la professeure

La DSFS dit avoir une stratégie pour effectuer du rattrapage auprès des élèves en difficulté. Ce travail se fera en collaboration avec le ministère de l’Éducation.

Aucune ressource supplémentaire ne sera cependant accordée au rattrapage en lecture.

C’est impossible [d’y arriver]. Impossible. Il faut plus de ressources. Il faut acheter des livres. Il faut qu’il y ait des gens à temps plein qui se dévouent à la littératie, croit Sylvie Blain.

Le ministre provincial de l'Éducation, Dominic Cardy, n'était pas disponible pour une entrevue sur la question lundi.

La lecture, un pilier de l’apprentissage

Une femme accorde une entrevue à la caméra le 22 novembre 2021.

Sylvie Blain est professeure en éducation à l'Université de Moncton.

Photo : Radio-Canada

Selon elle, ces piètres résultats pourraient avoir un impact sur l’apprentissage des autres matières. On dit que les difficultés en lecture dans les premières années du primaire sont un des prédicteurs du décrochage scolaire.

Je ne suis pas en train de dire que tous les élèves en difficulté vont nécessairement décrocher, mais un des prédicteurs est la difficulté en lecture, parce que la lecture donne accès à tous les autres savoirs. Parfois les élèves éprouvent des problèmes non pas en mathématiques, mais en lecture, et donc ils ne comprennent pas le problème, dit-elle.

J’aimerais envoyer un message au gouvernement qu’investir en Éducation, ce n’est pas une dépense, c’est un investissement. Je pense aux coûts sociaux à long terme de ces jeunes-là, qui ont des retards, et qui vont, pour certains, être difficilement rattrapables, ajoute la professeure.

Elle rappelle que les personnes qui ont des difficultés en lecture ont souvent plus de difficultés à poursuivre leurs études, ont des emplois de bas niveau et sont souvent moins en santé.

D’après une entrevue de Michèle Brideau au Téléjournal Acadie

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