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Le fédéral suspend les exportations de patates de l’Î.-P.-É. vers les États-Unis

Le premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard, Dennis King, dénonce vivement cette décision.

Un champ de pommes de terre.

Un champ de pommes de terre à l'Île-du-Prince-Édouard (archives)

Photo : CBC/John Robertson

Le gouvernement fédéral a suspendu lundi l’exportation des pommes de terre fraîches de l’Île-du-Prince-Édouard – notamment celles pour la consommation directe et celles pour la transformation – vers les États-Unis, pour une durée indéterminée.

La découverte de cas de gale verruqueuse dans deux champs de l’île en octobre en est la cause.

La galle verruqueuse est un champignon qui défigure les pommes de terre et réduit leur rendement. Cette maladie ne constitue toutefois pas une menace pour la santé humaine.

Une pomme de terre avec une excroissance.

Une pomme de terre infectée par la gale verruqueuse.

Photo : Radio-Canada / Contribution : ACIA

Regagner la confiance des États-Unis

L’Agence canadienne d’inspection des aliments explique que la mesure était nécessaire, étant donné les préoccupations exprimées par le Service d’inspection de la santé animale et végétale des États-Unis concernant la qualité des produits.

L’exportation des pommes de terre de semence de l’île vers les États-Unis était déjà interrompue depuis le 2 novembre à cause de cette maladie.

« Cette action nous est imposée par les Américains qui exigent que les analyses soient approfondies. »

— Une citation de  Marie-Claude Bibeau, ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire

Lors d’une conférence de presse lundi, la ministre fédérale de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, a souligné que les contrôles phytosanitaires mis en place par le Canada sont rigoureux et que la maladie est maîtrisée dans la province.

Nous croyons dans la science, qui nous dit que l’intention des États-Unis de suspendre le commerce des pommes de terre fraîches de l’île va au-delà de ce qui est nécessaire pour atténuer le risque, explique-t-elle.

Marie-Claude Bibeau, en conférence de presse.

La ministre canadienne de l'Agriculture, Marie-Claude Bibeau, souhaite que les exportations reprennent le plus rapidement possible (archives).

Photo : La Presse canadienne / Adrian Wyld

Afin de regagner la confiance des États-Unis, le ministère fédéral a décidé de limiter le déplacement des pommes de terre de semence de l’île à l’intérieur du pays, car la maladie a été repérée dans d'autres champs.

D’autres mesures pour contrôler la propagation de la gale verruqueuse ont aussi été prises, notamment le lavage approfondi des produits.

J’ai confiance que nous pourrons convaincre les Américains que les pommes de terre de l'Île-du-Prince-Édouard sont toujours d’aussi grande qualité qu’elles ne représentent pas des risques pour leurs terres, ajoute la ministre Bibeau.

Les pommes de terre continueront néanmoins à être vendues aux autres provinces, selon la ministre.

L'industrie en bref

L’industrie de la pomme de terre de l'Île-du-Prince-Édouard génère environ 1,3 milliard de dollars par année.

Chaque année la province exporte pour plus de 125 millions de dollars de pommes de terre aux États-Unis.

Environ 9 millions d'Américains consomment des pommes de terre insulaires chaque année.

Dennis King dénonce la décision d'Ottawa

Le premier ministre Dennis King, le ministre de Bloyce Thompson et des membres du Conseil de la pomme de terre de l’île en conférence de presse.

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard et le Conseil de la pomme de terre de l’île veulent éviter qu'une grande partie de la récolte de pommes de terre de l'année soit détruite.

Photo : Radio-Canada / Julien Lecacheur

Dans un point de presse, le premier ministre de l’Île-du-Prince-Édouard Dennis King a déploré la décision fédérale de suspendre les exportations, car la province suit des protocoles stricts depuis les années 2000 afin d'assurer des récoltes saines, a-t-il souligné.

C'était très décevant d'entendre la ministre de l’Agriculture aujourd'hui. [...] Sa décision va potentiellement endommager notre industrie et notre réputation partout dans le monde, et sa décision a été prise sans s'appuyer sur les protocoles scientifiques, dit le premier ministre.

« Dire que c'est une nouvelle difficile pour nous est un euphémisme et dire que nous sommes déçus, désabusés et incrédules le serait également. »

— Une citation de  Dennis King, premier ministre de l'Île-du-Prince-Édouard

Le ministre de l’Agriculture de l’île, Bloyce Thompson, a annoncé un programme d’aide provincial de 10 millions de dollars pour les fermiers de la province.

Le Conseil de la pomme de terre de l’île a attribué la suspension des exportations à des pressions politiques de certains groupes de l’industrie américaine de la pomme de terre.

Dans un communiqué de presse, l’organisation a qualifié la situation de perturbation commerciale à caractère politique.

Le Conseil de la pomme de terre de l’île a aussi demandé la reprise immédiate des exportations.

Des centaines de millions de livres de pommes de terre fraîches de l’île risquent d’être périmées et devront être détruites, selon le conseil.

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