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Un Gaspésien greffé du rein remercie la famille de son donneur

Serge Dion, dans un lit d'hôpital, lève un pouce en l'air.

Serge Dion, qui a reçu un nouveau rein au cours des derniers jours, a accepté de raconter son histoire à Radio-Canada. Grâce aux réseaux sociaux, la famille du donneur est finalement entrée en contact avec lui.

Photo : Gracieuseté de Serge Dion

Roxanne Langlois

Serge Dion a reçu, le week-end dernier, un immense cadeau de Noël avec quelques semaines d’avance : un nouveau rein droit. Il attendait impatiemment cette opération depuis cinq ans. Grâce aux réseaux sociaux, le Gaspésien a pu remercier la famille du défunt à l’origine de cet inestimable présent.

Le père de famille de 54 ans a publié un message sur sa page Facebook dimanche, au lendemain de l’opération.

Chère famille, j’aimerais vous dire toute la gratitude que j’ai pour vous et pour votre être cher disparu. Cela n’enlèvera pas votre peine, mais peut mettre un baume sur votre perte, peut-on y lire. J’espère qu’un jour ce message se rendra à vous, écrit également M. Dion.

Cette publication avait déjà été partagée par près de 600 internautes lundi en début d'après-midi.

Contacté par Radio-Canada alors qu'il tentait toujours de joindre des proches du défunt, Serge Dion a expliqué qu'il était important pour lui de tenter de remercier ces inconnus qui jouent un rôle de premier plan dans son histoire.

« On dirait que je ne trouve pas les mots pour dire combien je suis reconnaissant. J’aimerais qu’ils sachent que ça me comble [et m’apporte] un bonheur immense dans mon cœur et dans mon corps. »

— Une citation de  Serge Dion, greffé du rein

Le principal intéressé a été informé que son nouvel organe provenait d’un homme qui était, jusqu’à vendredi soir, tenu artificiellement en vie dans un centre hospitalier du Saguenay. Il espérait que sa publication se fraie un chemin jusqu'à la famille du quinquagénaire.

Une réponse rapide

C'est finalement lundi midi que Serge Dion a reçu un message de sa part via Facebook. M. Dion a ainsi eu l'occasion d'échanger avec les proches du donneur et de partager des photos avec eux. J'en reviens pas comment ça a été rapide, confie-t-il.

Ça fait bizarre de mettre un visage sur mon héros, explique le Gaspésien. Il croit que pour eux, cet échange pourra être l'occasion de saisir la différence concrète qu'a pu faire leur décision d'acquiescer au prélèvement des organes du défunt.

Lorsque des receveurs ou des familles de donneur souhaitent par exemple correspondre ensemble, Transplant Québec joue généralement le rôle d'intermédiaire afin de s'assurer du consentement des deux parties. Une politique sur l'anonymat est d'ailleurs en vigueur.

Sur son site Web, l'organisation rappelle l'importance de faire preuve de délicatesse dans le dévoilement d'informations personnelles et recommande par ailleurs d'user de prudence dans l'utilisation des médias sociaux.

Une nouvelle vie

M. Dion, atteint de la maladie polykystique des reins, a subi sa greffe samedi matin à l’Hôtel-Dieu de Québec. L’intervention chirurgicale, qui s’est déroulée à merveille, faisait suite à un appel reçu deux jours auparavant. J'ai braillé!, relate le greffé, qui n’oubliera pas le moment où on lui a annoncé qu’un rein compatible lui était enfin destiné.

Deux professionnels de la santé photographiés durant une greffe de rein

M. Dion a attendu cinq ans avant de pouvoir recevoir une greffe en provenance d'un donneur compatible.

Photo : Radio-Canada / ICI Radio-Canada

Infirmier à l’hôpital de Maria, Serge Dion devait subir, depuis cinq ans, quatre séances hebdomadaires d’hémodialyse à domicile. Ces séances, qui avaient lieu durant son sommeil, duraient huit heures chacune.

Pour lui, le nouvel organe reçu signifie un retour à la vie normale avec sa conjointe et son fils de 15 ans. Cette greffe est également synonyme de liberté, puisque la famille de la Baie-des-Chaleurs ne pouvait voyager ailleurs qu’à Québec, où se situe le centre d’hémodialyse de M. Dion.

En entrevue avec Radio-Canada, le s’est dit optimiste pour la suite. S'ils demeurent conscients qu'un rejet est possible, ses proches et lui sont littéralement aux anges. Les premiers temps [suivant une greffe] sont critiques, mais pour l’instant, tout va bien. On est très heureux. On dirait qu’on n’y croit pas encore! On redescend tranquillement, pas vite, de notre nuage, lance-t-il.

Un geste qui compte

Le Gaspésien tient à sensibiliser ses concitoyens à l’importance de signer leur carte de don d’organes et de faire part de leur volonté à leurs proches, qui auront le dernier mot leur de leur décès. Ça change des vies, c’est incroyable! Moi, j’ai juste eu un rein et ça a changé ma vie. Je me dis que pour quelqu’un qui reçoit un cœur ou un poumon, ça doit être inimaginable!

Selon Transplant Québec, 802 personnes étaient, en date du 31 décembre 2020, en attente d'un nouvel organe.

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