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Deux molécules bien connues offrent un nouvel espoir contre l’alzheimer

Illustration montrant des neurones présentant des plaques amyloïdes et des neurones sains (à gauche).

Des neurones présentant des plaques amyloïdes (à droite) comparés à des neurones sains (à gauche). Les plaques amyloïdes s'accumulent à l'extérieur des neurones et entraînent leur dégénérescence.

Photo : iStock

La Presse canadienne

Deux molécules connues et disponibles depuis longtemps offrent un nouvel espoir pour combattre la maladie d'Alzheimer, notamment en ce qui concerne la destruction des enchevêtrements de protéines qui caractérisent la maladie.

Le gemfibrosil était auparavant utilisé contre l'hypercholestérolémie, mais il a perdu de la popularité au profit des statines. L'autre substance, l'acide rétinoïque, est un dérivé de la vitamine A qui peut combattre certains problèmes de peau. Chaque produit avait précédemment été étudié séparément face à l'alzheimer.

Des chercheurs de l'Université de Chicago ont constaté que les deux molécules semblent avoir un effet sur les astrocytes, des cellules qui pourraient être responsables des plaques de protéines qui s'accumulent dans le cerveau des patients atteints de la maladie d'Alzheimer.

Utilisés conjointement, le gemfibrosil et l'acide rétinoïque pourraient plutôt inverser le rôle des astrocytes en les incitant à nettoyer ces enchevêtrements de protéines, ce qui pourrait prévenir certains des pires ravages de la maladie.

La même équipe avait montré [...] que le gemfibrosil réduisait les plaques amyloïdes dans le cerveau et même que ça améliorait la mémoire spatiale chez la souris, dit le professeur Charles Ramassamy, un spécialiste de la maladie d'Alzheimer à l'Institut national de la recherche scientifique.

Cette fois, poursuit-il, en combinant les deux molécules, les chercheurs ont observé une diminution des plaques amyloïdes dans le cerveau des animaux et une réduction de la prolifération de certaines cellules qui sont impliquées dans la neuro-inflammation.

On ne sait pas à quel moment des essais cliniques avec le gemfibrosil et l'acide rétinoïque pourraient commencer.

Le Pr Ramassamy souligne toutefois que la dose de gemfibrosil utilisée chez les souris correspondrait à 400 ou 600 milligrammes chez l'humain.

Cette dose est déjà utilisée, mais elle s'accompagne d'effets secondaires importants, comme des nausées et des vomissements. Il y a aussi des contre-indications pour les patients qui présentent d'autres problèmes de santé, notamment une insuffisance rénale ou hépatique.

Quand on sait que les personnes qui sont atteintes de la maladie d'Alzheimer ont souvent plusieurs maladies chroniques [...], il y a quand même des limitations, indique-t-il.

Des études suggèrent même de ne pas utiliser le gemfibrosil chez les patients de plus de 70 ans en raison de ces complications, ce qui pourrait être problématique pour combattre l'alzheimer, explique le Pr Ramassamy.

À tout le moins, les travaux des chercheurs de Chicago permettraient de lancer les scientifiques sur de nouvelles pistes qui pourraient mener à l'identification de nouveaux composés moins toxiques, mais ayant les mêmes effets.

Par exemple, on sait déjà que l'hypercholestérolémie est un facteur de risque important pour la maladie d'Alzheimer, et plusieurs médicaments contre le cholestérol ont été mis à l'essai pour la combattre. Le fait de lutter contre le cholestérol pour améliorer ou réduire le déficit cognitif est donc une piste intéressante, note le Pr Ramassamy.

« La maladie d'Alzheimer est multifactorielle, il y a plusieurs mécanismes. Le fait de combiner deux composés permettrait peut-être d'en arriver à un traitement intéressant. »

— Une citation de  Charles Ramassamy, spécialiste de la maladie d'Alzheimer à l'Institut national de la recherche scientifique

Il y aurait cinq fois plus d'astrocytes dans le cerveau qu'il n'y a de neurones.

Environ 55 millions de personnes souffriraient de la maladie d'Alzheimer à travers le monde. Ce chiffre pourrait bondir à 152 millions d'ici 2050 si aucun traitement n'est trouvé.

Les conclusions de cette étude ont été publiées par la revue Science Signaling.

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