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Transport aérien régional : le gouvernement Couillard avait envisagé des prix planchers

Un agent de piste fait circuler un avion sur la piste de l'aéroport de Gaspé.

Un agent de piste fait circuler un avion sur la piste de l'aéroport de Gaspé.

Photo : Radio-Canada

Alors que le gouvernement Legault tarde à présenter son plan de relance du transport aérien régional, un document confidentiel obtenu par Radio-Canada montre que les libéraux de Philippe Couillard se sont intéressés à l'instauration de prix planchers pour favoriser une plus grande concurrence dans le secteur.

Le document en question est une ébauche de ce qui aurait pu devenir le programme de soutien aux transporteurs aériens québécois. Il a été préparé par des fonctionnaires du ministère de l'Économie en 2018, année durant laquelle s'est tenu le Sommet sur le transport aérien régional.

Les transporteurs aériens offrant des vols réguliers entre deux aéroports de la province auraient pu s'y inscrire. Québec voulait établir des prix planchers sur un total 15 liaisons, dont celles reliant l'Abitibi-Témiscamingue, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et le Bas-Saint-Laurent à Montréal ainsi qu'à Québec.

Le document ne présente pas les prix qui auraient été fixés pour chacune des liaisons, mais précise qu'ils auraient été calqués sur ceux en vigueur en Ontario et dans l'Ouest canadien, puisque les prix en vigueur sur le territoire québécois à l'époque étaient trop élevés aux yeux du gouvernement.

L'objectif était d'assurer aux transporteurs un revenu suffisant leur permettant d'assurer leur rentabilité afin de maintenir une saine concurrence.

En effet, des prix planchers empêchent par exemple un joueur dominant sur le marché de réduire ses tarifs momentanément sous le seuil de rentabilité afin d'éliminer de plus petits joueurs qui n'ont pas les reins assez solides pour faire la même chose.

Le projet prévoyait notamment un mécanisme de compensation pour les transporteurs qui auraient vu un concurrent abaisser ses prix sous la limite permise. L'objectif du programme était de dissuader un transporteur de se lancer dans une guerre de prix, puisqu'elle se serait révélée sans effet au bout du compte.

Le gouvernement Legault sur une autre piste

Les maires de plusieurs régions de la province attendent avec impatience le plan de relance du transport aérien qui devait initialement être présenté en juin.

Le premier ministre François Legault en a cependant donné un avant-goût en août dernier, lors d'une annonce à Chibougamau. Selon le compte rendu du journal La Sentinelle, il a laissé entendre que Québec subventionnerait le transporteur qui ferait la meilleure proposition de service pour une liaison donnée, en échange d'engagements quant à une fréquence minimale et un prix maximal.

À première vue, cette approche ne semble pas susceptible de favoriser une plus grande concurrence. Avec ses subventions, le gouvernement n'aiderait qu'un seul joueur par liaison, ce qui lui procurerait un avantage sur des rivaux potentiels.

Ça va encore une fois permettre aux puissants de maximiser leur puissance en cassant les prix sur une ligne et de casser la concurrence. Et en prime, ils vont toucher une subvention publique, dénonce le directeur général de l'Institut de recherche en économie contemporaine (IREC), Robert Laplante.

Si l'instauration de prix planchers peut en effet permettre de maintenir une certaine concurrence, selon lui, Robert Laplante estime que c'est un cataplasme sur une jambe de bois.

Alors qu'Air Canada exerce un quasi-monopole dans le transport aérien régional, le directeur général de l'IREC croit que le gouvernement doit avoir comme principal objectif de favoriser l'arrivée de nouveaux joueurs sur le marché, ce qui exercerait une pression à la baisse sur les prix.

La coopérative de transport régional du Québec, qui souhaite offrir des vols régionaux abordables, attend toujours une réponse du gouvernement quant à sa demande de prêt de 4 millions de dollars. Elle compte démarrer ses activités au cours des prochains mois, avec ou sans l'aide de Québec.

Le cabinet du ministre des Transports François Bonnardel a refusé notre demande d'entrevue, préférant réagir une fois le plan du gouvernement déposé.

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