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Les journalistes détenus dans le nord de la C.-B. libérés sous conditions

Un agent tient un fusil d'assaut.

Des équipes tactiques ont été déployées sur le territoire traditionnel des Wet'suwet'en depuis 2019.

Photo : Chantelle Bellrichard / CBC

La photojournaliste pour le média indépendant The Narwhal, Amber Bracken, et le documentariste indépendant Michael Toledano ont été libérés sous conditions, après avoir tous deux comparu en Cour lundi, à Prince George, dans le nord de la Colombie-Britannique.

Les deux journalistes se trouvaient dans le campement de Gidimt'en, sur le territoire ancestral Wet'suwet'en, vendredi, lorsque la GRC a procédé à de nouvelles arrestations.

Au total, 29 personnes ont été arrêtées en lien avec une injonction de la Cour suprême de la Colombie-Britannique interdisant d'entraver les travaux menés le long du gazoduc Coastal GasLink, dont des figures importantes de la communauté autochtone, notamment Jocelyn Alex, fille du chef héréditaire Dini’ze Woos.

La juge de la Cour suprême de la Colombie-Britannique, Marguerite Church, a accepté de libérer Amber Bracken et Michael Toledano, à condition qu’ils se conforment aux termes de l’injonction. Ils devront revenir en Cour le 14 février 2022.

Nombreux appels à la liberté de presse

L’Association canadienne des journalistes réclamait la libération immédiate des deux journalistes depuis samedi.

Dans une lettre ouverte publiée dans La Presse+ (Nouvelle fenêtre), plus de 40 organisations médiatiques ont demandé au ministre de la Sécurité publique fédéral, Marco Mendicino, d’intervenir, afin de désamorcer immédiatement les actions agressives de la GRC contre ces journalistes et de parvenir à une résolution rapide respectant les droits fondamentaux des journalistes .

Cinq personnes tiennent des pancartes sur les marches d'un palais de justice.

Des manifestants se sont rassemblés devant le palais de justice de Prince George, en Colombie-Britannique, lundi.

Photo : Radio-Canada / Andrew Kurjata

L’Association canadienne des libertés civiles (ACLC), de son côté, est profondément troublée par les événements. La GRC semble avoir recours à des tactiques sévères de type militaire, avec peu d’égards pour les droits, protégés par la Charte, des manifestants et des personnes présentes pour relater les événements, a-t-elle écrit dans un communiqué.

The Narwhal a proposé à ses lecteurs d’envoyer un courriel au ministre Marco Mendicino, disant que ces arrestations ne sont que la dernière d'une longue série d'actions illégales de la GRC contre des journalistes qui jouent un rôle essentiel de témoins dans une démocratie et qui ont le droit de couvrir les événements depuis les zones d'injonction .

Lundi après-midi, plus de 5200 personnes avaient envoyé ce courriel au ministre, selon un compteur sur le site web du média d'information à but non lucratif.

Ottawa « préoccupé »

Dans une série de gazouillis publiés dimanche, Marco Mendicino s’est dit préoccupé.

Les journalistes jouent un rôle essentiel et fondamental pour notre démocratie. Afin de remplir ce rôle, les journalistes doivent pouvoir travailler à l'abri des menaces, de l'intimidation ou des actions arbitraires de l'État.

Les journalistes ont le droit de couvrir les actualités au Canada, écrit pour sa part Marc Miller, ministre des Relations Couronne-Autochtones.

Ils ne doivent pas être détenus plus longtemps qu'il n'est nécessaire pour vérifier qu'ils sont journalistes.

Lors d’un point de presse à l’occasion de la rentrée parlementaire à Ottawa, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a dit appuyer fortement le droit d’une liberté journalistique et l’importance d’avoir un journalisme libre. Les journalistes ne devraient pas être arrêtés comme ça.

L'exemple de Fairy Creek

Récemment, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a prononcé un jugement en faveur de l’Association canadienne des journalistes (CAJ) contre l’établissement de zones d'exclusion pour les médias lors des arrestations de masse dans le secteur de Fairy Creek, sur l’île de Vancouver.

Je ne suis pas convaincu que les zones d'exclusion et les points de contrôle d'accès soient justifiés comme étant raisonnablement nécessaires afin de donner à la police l'espace dont elle a besoin, avait alors indiqué le juge Douglas Thompson.

Des manifestants  font face à un policier à Fairy Creek.

La GRC a été vivement critiquée pour ses tactiques lors d'arrestations de manifestants à Fairy Creek, sur l'île de Vancouver.

Photo : Radio-Canada / Ken Mizokoshi

Tensions en territoire Wet'suwet'en

Le 25 septembre, des membres de la Première Nation Wet'suwet'en ont établi un campement de résistance appelé Coyote Camp, sur un chantier du projet de gazoduc Coastal GasLink, ce qui freine le forage d'un tunnel sous la rivière Morice.

Le grand chef Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, dénonce avec véhémence l’arrestation des manifestants. L’industrie compte sur l’arme légale raciste et oppressive que sont les injonctions comme un moyen de poursuivre la dépossession et la criminalisation des peuples autochtones.

Des chefs héréditaires des Wet'suwet'en et une partie des membres de la communauté s'opposent au projet de gazoduc en construction entre Dawson Creek et Kitimat, en Colombie-Britannique. Ceux-ci affirment qu'ils sont les seuls à pouvoir consentir à un projet qui traverse leur territoire ancestral, qui n'a jamais été cédé par traité.

De leur côté, 20 conseils de bande de Premières Nations situées le long du tracé du gazoduc, dont les 5 conseils de bande élus wet'suwet'en, ont approuvé le projet.

Les chefs héréditaires arguent que les conseils élus n'ont de compétence que sur les Premières Nations et non sur les territoires traditionnels.

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