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Pédagogie et réconfort : la stratégie de Québec pour vacciner les 5 à 11 ans

La salle d'attente décorée de papillons et de parasols.

Publicités gouvernementales et décors ludiques; tout a été pensé pour convaincre un maximum de familles au port de Québec.

Photo : Radio-Canada

Les centres de vaccination du Québec seront spécialement aménagés pour recevoir les enfants de 5 à 11 ans. Le gouvernement prévoit que le tiers seulement recevra la dose à l’école, puisque plusieurs parents préféreront probablement accompagner leurs plus petits. Publicités gouvernementales et décors ludiques; tout a été pensé pour convaincre un maximum de familles de prendre rendez-vous sur Clic Santé.

La fin de semaine dernière, au centre de vaccination du port de Québec, des équipes s’affairaient à compléter le décor; des papillons géants, d’immenses libellules et beaucoup de plantes tropicales, comme si on se retrouvait en pleine jungle.

On a décidé de faire faire un voyage aux enfants. Ils vont suivre un parcours comme à l’aéroport, nous explique Patricia McKinnon, la directrice de la vaccination du CIUSSS de la Capitale-Nationale. Le vaccin les mènera vers une destination réconfortante où ils pourront s'amuser tout en recevant leur dose.

Dans la salle d’attente, des écrans diffusent des images de forêts. Les jeunes recevront aussi la visite de véritables animaux antiallergènes. Ils pourront immortaliser ce moment grâce à des appareils Polaroïd offerts sur place. D’autres sites de la Capitale-Nationale leur donneront l’impression de se retrouver dans les Alpes ou dans les Rocheuses.

Durant la vaccination, des paravents séparent les jeunes pour éviter de voir les autres se faire piquer, de manière à réduire le plus possible leur anxiété et de préserver l'intimité de la bulle familiale. Plusieurs enfants d’une même famille pourront d'ailleurs recevoir leur dose en même temps, afin de faciliter la gestion des parents.

Des détails dès demain

Le premier ministre François Legault et le ministre de la Santé, Christian Dubé, annonceront mardi les modalités et le calendrier de vaccination des enfants de 5 à 11 ans.

Moins de vaccins à l’heure

On a demandé aux établissements de s’adapter, confirme Daniel Paré, le directeur national de la campagne de vaccination. Adapter le langage aux plus petits, jusqu’à la température du centre, pour que ce soit plus confortable quand ils vont relever leur manche.

Il veut que ce soit festif, avec l’embauche de clowns, par exemple. Québec a demandé aux responsables de la vaccination de chaque région de choisir l'ambiance désirée, pourvu que ce soit le plus créatif possible.

Un papillon géant en décoration.

Des papillons géants, d’immenses libellules et beaucoup de plantes tropicales décorent le centre de vaccination pour enfants du port de Québec.

Photo : Radio-Canada

En termes de productivité, vous savez comment on aime donner le nombre de vaccins à l’heure. On a prévu qu’il y ait beaucoup moins de vaccination par heure pour ce groupe d’âge là, ajoute-t-il. Des vaccinateurs vont donc réduire de moitié leur cadence.

Dans la Capitale-Nationale, par exemple, ils vaccineront 10 patients par heure au lieu de 20. On a modifié nos cibles pour diminuer la pression. Les parents vont avoir des questions. Notre personnel a été formé pour ça, ajoute Mme McKinnon.

Les sondages indiquent que seulement 60 % d’entre eux veulent faire vacciner leurs enfants, même s’ils sont eux-mêmes doublement vaccinés. Environ 20 % se disent totalement en désaccord.

Selon l’anthropologue et conseillère scientifique de l’INSPQ Ève Dubé, des parents craignent les effets secondaires. L’autre grand facteur, c’est la perception de l’utilité. Les gens se questionnent si c’est vraiment nécessaire puisque les risques de maladies graves sont quand même faibles pour eux. L’avantage ou la raison de cette vaccination-là n’est pas toujours clair pour les parents.

Campagne non culpabilisante

Le ton va être très important dans cette campagne-là, reconnaît Michel Léveillé, le secrétaire à la Communication gouvernementale. Depuis plusieurs semaines, son équipe conçoit des publicités s’adressant aux parents hésitants.

On veut éviter de les culpabiliser. On ne veut pas avoir une approche trop insistante. Au contraire, on veut bien camper les choses et expliquer les bénéfices. Dans un premier temps, il mise principalement sur la pédagogie pour répondre à leurs questions.

La première publicité qui sera lancée cette semaine est très sobre. Le vulgarisateur scientifique Martin Carli y fait notamment un parallèle avec la vaccination contre la poliomyélite, le tétanos, la rubéole et l’hépatite B, une maladie qui a pratiquement disparu chez les plus jeunes vaccinés en bas âge.

Il y aura dans un deuxième temps un volet [de publicités] axé un peu plus sur la motivation parce que, dans ces campagnes-là, on essaye d’avoir différents tons.

Dans les centres de vaccination, la campagne de promotion de Québec inclut également des personnages ludiques, imaginés pour rassurer les tout-petits. Ne t’en fais pas, compte jusqu’à cinq et c’est fini! peut-on lire sur une affiche. En attendant les quinze minutes réglementaires à la fin, ils pourront colorier ou rechercher les personnages suivant le concept des livres-jeux Où est Charlie?

Un dessin représentant deux chambres dans une maison.

Dessin à colorier par l'enfant après avoir reçu son vaccin.

Photo : Radio-Canada

Taux de vaccination de 60 % satisfaisant

Les responsables de la vaccination s’attendent tout de même à un taux de vaccination un peu moins élevé pour ce groupe d’âge. Questionné à savoir si un taux de 60 % de parents convaincus serait satisfaisant pour atteindre les objectifs du Québec, Daniel Paré répond que ce serait bien.

Le premier ministre François Legault, lui, mise plus haut. En mêlée de presse la semaine dernière, il a affirmé qu’un taux de 80 % permettrait d’espérer la disparition de la plupart des consignes sanitaires en 2022.

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