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Le président du CIO, Thomas Bach, a parlé par vidéoconférence à Peng Shuai

Un homme est en discussion par vidéoconférence avec une femme.

Thomas Bach (de dos) en discussion avec la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai, dimanche, dans une photo diffusée par le Comité international olympique

Photo : CIO/Greg Martin

Agence France-Presse

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach, a parlé lors d'une vidéoconférence avec la joueuse de tennis chinoise Peng Shuai, a annoncé le CIO dans un communiqué, dimanche, alors que la pression internationale avait augmenté dans les derniers jours pour obtenir des informations sur son état de santé.

Le CIO a précisé qu'elle avait expliqué qu'elle était saine et sauve à son domicile à Pékin, mais qu'elle aimerait que sa vie privée soit respectée, lors de l'appel, qui réunissait aussi la présidente de la Commission des athlètes Emma Terho, et la Chinoise Li Lingwei, membre du CIO.

Il s'agit a priori du premier échange direct entre la joueuse et des responsables situés hors de Chine depuis que l'affaire a éclaté.

L'ancienne championne a indiqué au CIO qu'elle préférait passer du temps avec ses amis et sa famille actuellement, selon l'organisme olympique.

J'étais soulagée de voir que Peng Shuai va bien, ce qui était notre plus grande inquiétude, a déclaré Emma Terho dans le communiqué du CIO.

Dimanche matin, Peng Shuai, 35 ans, ancienne numéro un mondiale du double et vedette dans son pays, est d'abord apparue à un tournoi de tennis à Pékin. Elle n'avait pas été vue publiquement depuis qu'elle a accusé Zhang Gaoli, un puissant ex-responsable du Parti communiste de 40 ans son aîné, de l'avoir contrainte à un rapport sexuel au cours d'une relation discontinue de plusieurs années.

Peng Shuai, entourée de quelques personnes sur un court de tennis lors d'une séance photo.

Peng Shuai (à gauche) est apparue à un événement public dimanche.

Photo : Reuters / via Twitter / @HuXijin_GT

Vêtue d’une veste de sport bleu marine et d’un pantalon de survêtement blanc, Peng Shuai apparaît sur des photos des Fila Kids Junior Tennis Challenger Finals, publiées sur le compte officiel Weibo du China Open.

À la suite d’un tollé mondial, notamment de la part de vedettes du tennis et des Nations unies, les médias d’État chinois ont publié une série de séquences censées montrer que tout va bien pour l’athlète.

Une vidéo de l’événement, postée sur Twitter par Hu Xijin, influent rédacteur en chef du Global Times, montre Peng debout au milieu d’un groupe d’invités dont les noms sont annoncés au public qui applaudit.

Un journaliste du Global Times a tweeté une autre vidéo montrant Peng signant des autographes pour des enfants dans ce qui semble être le même stade avant de poser pour des photos avec eux.

M. Hu, qui revendique une certaine proximité avec le pouvoir, a également publié dans la soirée deux vidéos de la joueuse dînant avec son entraîneur et des amies dans un restaurant à Pékin et tournées le jour même, selon lui.

L’AFP n’était pas en mesure de confirmer le lieu ni les conditions dans lesquelles les images ont été tournées. Et Hu Xijin n’en faisait aucune référence sur son compte Weibo en chinois. Sur les images, Peng Shuai est entourée de deux femmes avec lesquelles elle partage un repas et du vin dans un lieu bruyant. Un homme est assis face à la joueuse et la conversation concerne des matches.

Demain, c’est le 20 novembre [samedi] , dit-il, avant de se voir interrompre par l’une des convives : C’est le 21 [dimanche]. L’échange, qui semble mis en scène, est filmé en soirée au téléphone portable par une personne non identifiée. Peng Shuai apparaît détendue.

Le mouvement chinois MeToo n’avait jamais encore touché les plus hautes sphères du Parti communiste au pouvoir avant la publication attribuée à Peng.

推特上忽然出现彭帅拿着大熊猫的自拍。

Des images de Peng Shuai sur Internet sèment le trouble

Photo : Radio-Canada

Des observateurs peu convaincus

Celles-ci ont été rapidement retirées de la plateforme Weibo et les inquiétudes concernant la sécurité de Zhang n’ont cessé de croître depuis. Dans un communiqué publié samedi, le président de la Women's Tennis Association (WTA), Steve Simon, a trouvé positif de voir l’athlète, mais la vidéo seule n’est pas suffisante pour montrer qu’elle est libre de ses décisions et de ses actions, a-t-il estimé.

La WTA a menacé de mettre fin à des contrats lucratifs avec la Chine si elle n’obtient pas de nouvelles de la sécurité de Peng. Mercredi, déjà, la télévision publique chinoise CGTN avait semé le trouble en dévoilant une capture d’écran d’un courriel attribué à Peng Shuai.

La chaîne destinée à un public étranger affirmait alors que la joueuse chinoise l’avait personnellement envoyé à la direction de la WTA, qui gère le circuit professionnel féminin de tennis. Sur CNN, Steve Simon a fait part jeudi de sa perplexité vis-à-vis du message, dans lequel la championne déclare fausses ses accusations contre Zhang Gaoli.

Je ne crois pas du tout que ce soit la vérité, indiquait M. Simon, qualifiant de mise en scène le courriel en question.

Quatre clichés prétendument récents de la championne de tennis avaient dans la foulée été publiés par le compte Twitter @shen--shiwei, libellé média affilié à l’État chinois par le réseau social.

L’AFP n’a pas été en mesure d’établir de manière indépendante à quel moment ces photos ont été prises, et les demandes d’explication auprès de l’auteur du compte sont restées sans réponse.

Le gouvernement chinois a refusé à plusieurs reprises de commenter l’affaire. Les discussions sur les accusations sont bloquées sur l’Internet chinois, qui est étroitement contrôlé. Un nombre croissant de voix dans le monde du sport et au-delà veulent savoir où et comment se trouve Peng. Le Royaume-Uni a exhorté samedi soir la Chine à fournir de toute urgence des preuves vérifiables de sa sécurité et de sa localisation.

L’ONU a aussi demandé des preuves qu’elle se porte bien, et plusieurs pays, dont les États-Unis et la France, se sont dits préoccupés , alors que le hashtag WhereisPengShuai (OùestPengShuai) s’est répandu comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux.

Certains des plus grands noms du tennis se sont exprimés sur cette affaire, notamment Serena Williams, Novak Djokovic et Naomi Osaka. Roger Federer s’est également exprimé samedi, déclarant sur Sky News : Elle est l’une de nos championnes de tennis, une ancienne numéro un mondiale. Il est clair que c’est inquiétant. J’espère qu’elle est en sécurité .

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