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Des obstacles pour les personnes trans et non binaires dans le réseau de la santé

Un drapeau aux bandes horizontales bleues, roses et blanches.

Le sondage communautaire pancanadien Trans PULSE Canada conclut que plus de 40 % des personnes trans et non binaires n’ont pas pu satisfaire leurs besoins en matière de santé en 2019.

Photo : Radio-Canada / Darrin Di Carlo

La Semaine de sensibilisation aux réalités trans a lieu chaque année au mois de novembre. Une occasion de se rappeler que, malgré des avancées, les personnes transgenres et non binaires font souvent face à des situations difficiles, notamment dans le réseau de la santé. Plusieurs d’entre elles déplorent le manque de ressources mises à la disposition de leur communauté et estiment être souvent incomprises par le personnel soignant.

Le vice-président de l’organisation franco-ontarienne FrancoQueer, Zakary-Georges Gagné, est une personne non binaire.

L’an dernier, il a ressenti le besoin d’aller consulter une thérapeute, mais il s’est buté à son incompréhension.

Par moment, je sentais que c’était moi qui éduquais ma thérapeute. Elle manquait de compréhension et de vocabulaire. Chaque fois que j’essayais de raconter ce qui se passe au sein de mon quotidien, il fallait que j’explique où je voulais en venir, raconte celui qui a affirmé son identité sexuelle pendant la pandémie.

Une personne aux cheveux bruns, avec des lunettes, des boucles d'oreilles, un col roulé avec une robe soleil.

Zakary-Georges Gagné est vice-président de FrancoQueer, une association de la communauté LGBTQIA+ et de sympathisants en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Stella Dupuy

Malgré une expérience difficile, Zakary-Georges Gagné a vu une thérapeute. De nombreuses personnes trans et non binaires n’ont pas cette chance et peinent à obtenir l’aide médicale dont elles ont besoin.

Le sondage communautaire pancanadien Trans PULSE Canada rapporte que plus de 40 % d'entre elles n’ont pas pu satisfaire leurs besoins en matière de santé en 2019.

Leon Tsai, qui est une personne trans, a de la difficulté à voir un médecin depuis la fin de ses études. Elle aimerait avoir un meilleur accès à des professionnels qui comprennent les réalités de sa communauté.

Le manque de médecins trans et racisés, à la fois sur le campus et à l'extérieur du campus, ça a été difficile pour moi, confie-t-elle.

Devant l’ampleur des besoins, les personnes trans et non binaires choisissent souvent de s’entraider. Samson Bonkeabantu Brown a amorcé sa transition en 2009. Encore aujourd’hui, il conseille des personnes dans le besoin, mais il rêve d’un système où l’aide des professionnels pourrait suffire. D'ici là, dans son entourage, il est souvent la personne qui finit par transmettre l’information.

Vivre dans la précarité

Mais, selon Justice Hyer, qui dirige le Centre pour les femmes et les personnes trans de l’Université de Toronto, il peut être difficile d’aller chercher de l’aide médicale lorsqu’on est soi-même en situation de précarité.

D’après le centre, de nombreuses personnes trans et non binaires sont à la recherche tout d’abord d’un logement ou d’un emploi. Elles sont également souvent victimes de harcèlement. Elles n’ont donc pas forcément le temps ni l’énergie d’aller chercher de l’aide.

Une personne parle à la caméra. La personne porte un chapeau noir, des lunettes rouges et un chandail noir.

Justice Huyer dirige le Centre pour les femmes et les personnes trans de l'Université de Toronto. Le centre s'engage à fournir un espace d'accueil sûr et sans harcèlement pour toutes les femmes et les personnes trans au campus.

Photo : Radio-Canada / Stella Dupuy

Un médecin souhaite faire changer les choses

Le médecin de famille Eric Fifield estime que la communauté médicale devrait être davantage sensibilisée aux enjeux de la communauté trans.

Au quotidien, le médecin de Hamilton cherche à démystifier son travail auprès de ses collègues.

« Il s’agit simplement d'avoir une conversation avec les patients et d'apprendre à les connaître. »

— Une citation de  Eric Fifield, médecin de famille

Selon Eric Fifield, les médecins devraient tous chercher à améliorer leur niveau de confort avec les personnes trans, en plus de développer leur vocabulaire. De cette façon, ils pourraient être en mesure de mieux accompagner leurs patients dans leur transition ou encore de leur offrir un meilleur soutien psychologique.

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