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Batman et d’autres superhéros veulent convaincre les enfants de se faire vacciner

Un enfant sur le point de recevoir une dose d'un vaccin.

Selon des experts, la communication doit être adaptée pour étouffer la désinformation des médias sociaux (archives).

Photo : getty images/istockphoto

La Presse canadienne

Que ce soit en utilisant une vidéo de Batman qui accompagne un professionnel de la santé ou une image d'un personnage de dessin animé qui joue au hockey, les agences de santé publique et les groupes de communication scientifique tentent de trouver des moyens de convaincre les jeunes de se faire vacciner contre la COVID-19, quelques jours avant que le pays amorce la prochaine phase de sa campagne de vaccination.

Vendredi, Santé Canada a approuvé l'utilisation du vaccin de Pfizer-BioNTech pour les enfants âgés de 5 à 11 ans après avoir examiné les données d'innocuité et d'efficacité de l'entreprise. Les doses devraient arriver dans les provinces et les territoires au cours des prochains jours.

En attendant, certains préparent leurs stratégies de communication sur les vaccins en recourant à des thèmes liés à la jeunesse dans leurs messages.

Étouffer la désinformation

Selon des experts, la communication autour du déploiement du vaccin pédiatrique doit être adaptée aux enfants, claire et concise pour étouffer la désinformation des médias sociaux.

Il y a beaucoup de désinformation, qui peut s'amplifier en ce qui concerne les enfants, a déclaré Shana MacDonald, experte en communication à l'Université de Waterloo. On craint que cela produise une hésitation qui n'a pas lieu d'être. Les agences de santé publique font un excellent travail dans leur communication, la rendant plus forte et facilement partageable.

La professeure MacDonald a déclaré être impressionnée par certains des messages qu'elle a vus, provenant de diverses agences de santé et de ceux qu'elle appelle les influenceurs scientifiques – des experts qui se sont chargés de produire et de partager du contenu concernant le vaccin sur leurs propres plateformes sociales.

L'Université de Waterloo à l'avant-garde

Des établissements comme l'École de pharmacie de l'Université de Waterloo ont été à l'avant-garde de la création d'infographies liées à la COVID-19 pour les jeunes. En partenariat avec un certain nombre de médecins et d'experts en communication, la Faculté de pharmacie a créé et partagé largement des informations sur la pandémie.

L'un de ces groupes de collaboration, le Focused COVID Communication, a publié vendredi un graphique sur Instagram représentant un personnage de dessin animé violet qui joue au hockey. Le personnage célèbre un anniversaire en famille et s'amuse avec des amis en présentant les avantages de vacciner les enfants contre la COVID-19.

Le thème du superhéros était également présent dans les messages provenant d'autres juridictions, comme les services de santé de l'Alberta, qui ont partagé un jeu interactif où les enfants choisissent un personnage et construisent une protection grâce à des actions importantes telles que la vaccination, le lavage assidu des mains, le port du masque et la distanciation sociale pour vaincre COVID-zilla.

Vers la clinique en Batmobile

La région de Peel, en Ontario, a publié vendredi une vidéo sur son compte Twitter mettant en vedette Brampton Batman et le médecin-hygiéniste Lawrence Loh se rendant à une clinique de vaccination à bord de la Batmobile. Le légendaire héros de la bande dessinée dit d'une voix grave que les enfants sont les vrais héros de la lutte contre la pandémie.

La vidéo, qui avait été retweetée plus de 300 fois samedi après-midi, a recueilli des réponses majoritairement positives. Certains commentateurs, cependant, se sont opposés à l'utilisation de Batman pour promouvoir les vaccins.

Shana MacDonald a déclaré que l'ajout d'un superhéros à la vidéo la rendait plus accessible aux enfants.

Cela génère une certaine excitation pour eux et c'est un moyen de contrer l'incertitude, l'hésitation et la peur, a-t-elle déclaré. Cela n'est peut-être pas bien reçu par tout le monde sur Internet, mais ces gens ne sont pas le groupe démographique cible.

Rencontrer le public là où il se trouve

Sabina Vohra-Miller, experte en pharmacologie et fondatrice du site web de communication sur la santé Unambiguous Science, a déclaré que les créateurs de messages sur les vaccins devraient s'efforcer de rencontrer le public là où il se trouve.

Mme Vohra-Miller, qui travaille avec Focused COVID Communication depuis le lancement de l'initiative au printemps, a indiqué que l'utilisation de superhéros et de jeux interactifs était une bonne stratégie.

Les enfants sont si ouverts et réceptifs. C'est une excellente occasion pour nous de développer leur culture scientifique et de le faire d'une manière qui les engage et les inclut, a-t-elle déclaré, ajoutant que son fils de quatre ans et demi en connaît beaucoup sur les vaccins parce que nous en parlons et rendons cette discussion amusante.

La Dre Samira Jeimy, immunologiste et professeure adjointe à l'Université Western, à London, en Ontario, apprécie les messages de superhéros, mais elle est d'avis que les communicateurs ne devraient pas trop se fier à ce thème, car ils risquent de s'aliéner les enfants qui ne s'intéressent pas aux héros masqués.

Une approche simple qui adapte les messages à ce qui intéresse les enfants peut faire des merveilles, a-t-elle déclaré.

Certains de mes patients ne se soucient pas des superhéros, ils préfèrent les licornes, a déclaré la Dre Jeimy, qui est impliquée dans Focused COVID Communication.

« Honnêtement, les enfants sont beaucoup plus intelligents que nous le pensons. En leur donnant les faits, en leur disant que le vaccin les protégera et permettra à tout le monde de retrouver la vie d'avant, nous leur envoyons des messages qui ont une signification concrète pour eux. »

— Une citation de  La Dre Samira Jeimy, immunologiste et professeure adjointe à l'Université Western, en Ontario

Alors que les maladies graves sont rares chez les enfants, certains d'entre eux subissent des effets persistants, notamment de longs symptômes de COVID-19 et un syndrome inflammatoire multisystémique (MIS-C). Ils peuvent également transmettre le virus.

Nous avons construit l'idée qu'avoir une infection à la COVID-19 n'était pas un gros problème pour les enfants et je pense que nous devons, avec des preuves, leur montrer maintenant que c'est faux, a déclaré la Dre Jeimy. Les enfants ont assez souffert. Il est temps de les ramener à des activités sociales qui les aideront à grandir.

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